QUI ETAIT ANNE CATHERINE EMMERICH ?

La plus grande visionnaire de tous les temps

 

Ses stigmates

 

"Ensuite [Jésus] dit à Thomas: 'Avance ton doigt ici et vois mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté; et ne te montre plus incrédule, mais croyant'." (Jean 20:27 Osty)

"Désormais que personne ne me cause d'ennuis; car je porte dans mon corps les marques de Jésus" (Galates 6:17 Osty)

 

"Les stigmates

"Elle se compose de cinq points classiques où les blessures apparaissent : le côté, les deux mains et les deux pieds. Traditionnellement ceux-ci sont connus comme les cinq blessures ou les blessures sacrées de Jésus-Christ, parce qu'elles sont les marques qui se sont produites au moment de la Crucifixion. On dit que certains souffrent de la passion du Christ qui inclut : l'agonie chez Gethsemane (larmes y compris de sang ou transpiration de sang), châtié, couronné d'une couronne d'épines, fouetté, l'épaule morcelées par le port la croix et les cinq blessures infligées pendant le Crucifixion elle-même." extrait du site: http://pagesperso-orange.fr/scream38/stigmata.htm

 

 

Les stigmates sont les marques miraculeuses des blessures du Christ qui ne s'infectent ni ne cicatrisent. Ils sont apparus sur le corps d'Anne Catherine Emmerich à partir du 20 décembre 1812 lors d'une extase.

 

Karl Erhard Schmöger (1819-1883)

Le père K. E. Schmoeger a compilé toute une série de témoignage sur Anne Catherine Emmerich (1774-1824). La vie de cette mystique stigmatisée est ainsi dévoilée par ses contemporains. Voici ce que l'on peut lire dans : Vie d'Anne Catherine Emmerich - Tome1.

"J'étais chargé, dit Overberg, à la date du 8 avril [1813], de m'enquérir auprès d'Anne Catherine si elle s'était fait elle-même les plaies, ou si elle les avait laissé faire par d'autres. Je lui représentai aussi fortement qu'il me fut possible qu'elle devait obéissance à l'autorité ecclésiastique et que par conséquent elle était obligée de dire la vérité, quand même elle aurait promis le secret avec serment à celui qui lui aurait fait la marque des stigmates ; qu'un serment contraire à son devoir d'obéissance envers l'Église n'avait aucune valeur, et qu'elle ne pourrait se présenter avec confiance devant le tribunal de Dieu si elle cachait la vérité, contrairement à l'obéissance. Elle m'assura que tout cela était indubitable pour elle ; et alors je lui fis les questions suivantes :

1."Auriez-vous (ce qui aurait pu se faire avec une bonne intention) donné quelquefois des coups de canif dans vos mains, ou bien y auriez-vous enfoncé un clou ou quelque chose de semblable, afin de ressentir plus vivement les douleurs de Notre Seigneur Jésus-Christ ?

Réponse. - Non ! jamais !"

2."N'auriez-vous pas appliqué à ces endroits de l'eau forte ou la pierre infernale ?"

R. - "Je ne sais pas ce que sont ces choses dont vous parlez."

3, "Quelque personne portant intérêt au progrès de votre âme dans la vertu et connaissant votre culte pour la Passion de Jésus-Christ, vous aurait-elle fait ces blessures au moyen d'une forte pression ou de piqûres, ou de toute autre manière ?"

R. -"Non certainement !"

Lorsque j'entrai ainsi en matière et que je lui posai ces questions, son visage resta d'une sérénité inaltérable. Puis elle me raconta ce qui suit :

"Quand les plaies sont survenues, je n’en ai rien su c'est une autre personne qui les a d'abord remarquées (je crois qu'elle nomma l'abbé Lambert) et qui m'y fit faire attention, tout en me disant : "N’allez pas vous croire maintenant une sainte Catherine de Sienne ; vous êtes encore bien loin de là."

"Comme je lui objectais qu'il ne me paraissait pas possible qu'une autre personne eut remarqué les plaies avant elle, car, quand on reçoit une blessure, ordinairement on s'en aperçoit, elle répondit ; "Cela est vrai ; mais la douleur existait trois ou quatre ans avant les plaies, et c'est pourquoi je ne soupçonnais pas qu'il se fût opéré quelque changement."

"Lorsque je reçus les signes extérieurs, je n'avais pour me servir qu'une petite fille qui ne pensait pas à laver le sang desséché. Moi-même je ne l'ai pas remarqué et je ne l'ai pas lavé non plus. Voilà comment il est arrivé que l'abbé Lambert a remarqué avant moi-même les plaies des mains. La douleur ne pouvait pas m'y faire regarder, car elle existait déjà longtemps auparavant et les signes extérieurs n'y apportèrent aucun changement. (C'est pourquoi Anne Catherine avait coutume d'appeler marques la douleur ressentie depuis plusieurs années déjà aux endroits où se formèrent plus tard les plaies ; quant aux plaies visibles, elle les appelait les signes extérieurs. ) En ce qui touche les douleurs à la tête, je les avais déjà environ quatre ans avant d'entrer au couvent. C'est comme si ma tête était tout entourée d'épines, ou plutôt comme si tous mes cheveux étaient des épines, en sorte que je ne pose jamais sans une vive souffrance la tête sur l'oreiller. Les souffrances causées par les autres plaies ne sont pas comme d'autres souffrances ; elles pénètrent jusqu'au cœur. Un attouchement ou une légère pression sur les croix de la poitrine ne me fait pas très-grand mal à l'extérieur, mais bien à l'intérieur. C'est comme si toute la poitrine était enflammée. Quant au signe qui est au-dessus de l'estomac, j'y ai éprouvé la même douleur que si du feu était tombé dessus."

4. "Quand les signes se sont-ils montrés sur votre corps ?"

R. -"Celui qui est sur l'estomac s'est montré le jour de saint Augustin ; la croix inférieure de la poitrine, environ six semaines après ; la croix supérieure de la poitrine, le jour de la fête de sainte Catherine ; les plaies des mains et des pieds à la dernière fête de Noël ; la plaie du coté, entre Noël et la nouvelle année." (VACE tome 1 pages 356 à 358 ou sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume1/Chapitre28.htm)

 

Détail des stigmates des mains d'Anne Catherine dessiné de son vivant.

 

TROISIEME VISITE DU VICAIRE GÉNÉRAL ET D'OVERBERG

(D'après le rapport officiel du vicaire général Droste. )

« Le 20 avril 1813, M. Overberg et moi, nous partîmes de nouveau pour Dulmen où nous arrivâmes vers deux heures de l'après-midi.

« Nous n'avions pas encore fini de dîner qu'un médecin de Stadtlohn, dont le nom m'est inconnu, vint nous trouver et me pria de lui permettre d'examiner l'état de la sœur Emmerich. Je crois que jusque-là le doyen n'avait pas voulu l'y autoriser. Comme je juge utile que des médecins examinent les phénomènes singuliers qui se produisent sur le corps de la sœur Emmerich et que, d'ailleurs, j'avais le dessein de me faire encore montrer toutes les plaies, je promis à ce médecin de le prendre avec moi. Comme nous allions sortir, on m'annonça qu'il y avait là un chirurgien très habile de Gescher, (j'ai également oublié son nom), qui, lui aussi, désirait vivement examiner ces mêmes phénomènes. Je me dis qu'il importait peu qu'il y en eût un de plus ou un de moins, puisque tout devait être vu. Le doyen et M. Krauthausen étaient venus aussi : mais je priai ceux-ci de prévenir la malade de cette visite, parce que je savais bien que la visite de ces étrangers lui serait très désagréable. M. Krauthausen alla d'avance la trouver ; les deux médecins, M. Overberg et moi, nous le suivîmes bientôt et nous arrivâmes vers quatre heures chez la sœur Emmerich. Elle était couchée dans son lit, comme de coutume.

« Alors eut lieu l'examen. Sur la tête, on ne voyait pas de sang, mais seulement quelques piqûres. Les plaies des mains et des pieds, aussi bien à la partie supérieure que dans l'intérieur des mains et sous la plante des pieds, étaient dans leur état ordinaire ; je crois pourtant que la croûte de la main droite avait été traversée par le sang qui avait jailli. Comme, pendant ce séjour que je fis à Dulmen, je visitai souvent la sœur Emmerich, je ne puis me rappeler bien exactement si je trouvai les choses ainsi lors de ma première visite, ou lors d'une visite ultérieure. J'examinai la croûte du sang de la main gauche avec un verre grossissant et je la trouvai très mince et semblable à un épiderme rugueux ou un peu plissé vu ainsi à la loupe. Pendant ce séjour à Dulmen, j'ai aussi examiné une fois avec la loupe la plaie qui se trouve, si je ne me trompe, au-dedans de la main gauche et, dans le sang desséché, j'ai pu apercevoir une cavité ronde, un trou ayant à peu près cette forme. (Voir la planche, à la fin du volume, fig. 1. )

« Cette fois, les croix de la poitrine ne saignaient pas, mais semblaient colorées d'un rouge pâle par le sang qui était apparent à travers l'épiderme. J'examinai de même avec la loupe l'endroit où sont les lignes qui forment les croix, ainsi que la peau environnante, et je pus voir distinctement qu'il n'y avait aucune lésion à la peau : l'épiderme sur les lignes des croix, aussi bien que la peau environnante, à une assez grande distance, était identique à lui-même et paraissait s'écailler un peu quand on le voyait à travers le verre grossissant.

J'examinai avec la loupe la place grisâtre au-dessous de la croix : mais je n'y distinguai pas une forme assez arrêtée pour que je pusse la décrire. Plus en haut, la couleur pâlissait et à peu de distance du centre elle semblait disparaître tout à fait : la partie inférieure était la plus allongée et la plus large ; c'était à peu près comme ceci, si ma mémoire ne me trompe pas. (Voir la planche, fig. 2. )

La marque du coté droit ne saignait pas, mais, dans la partie supérieure, elle était couverte en partie de sang desséché ; on voyait, dans cette direction, une nuance plus foncée, comme pourrait la donner du sang extravasé qui ne serait pas immédiatement sous l'épiderme : l'ensemble peut être à peu près figuré ainsi. (Voir la planche, fig. 3)

« J'examinai avec la loupe la place où il n'y avait pas de sang, mais je ne trouvai nulle part la peau entamée ; toutefois, il se peut que la peau, à cet endroit, eût une coloration un peu rougeâtre ; je ne m'en souviens pas distinctement.

La sœur Emmerich y ayant donné son consentement (note), M. Krauthausen posa sur la plaie de la main gauche un emplâtre composé d'althéa et d'autres ingrédients, qu'il avait étendu sur de la charpie et par là-dessus un emplâtre collant ; il pouvait être environ six heures du soir. Si je ne me trompe, elle se plaignait déjà le soir, quand je la visitai de nouveau, que cette plaie la faisait souffrir plus que les autres.

(note) Overberg s'exprime ainsi dans ses notes : « Après l'examen des plaies par les médecins, on lui demanda si elle trouverait bon qu'on fit un essai pour guérir une des plaies. Elle y consentit très volontiers. Un emplâtre fut aussitôt appliqué sur la main gauche.

« Le 21 avril, M. Krauthausen vint me trouver vers huit heures du matin, et nous allâmes ensemble chez la sœur Emmerich. M Krauthausen enleva l'emplâtre posé sur la plaie de la main afin d'examiner l'état de cette plaie, car la malade se plaignait d'y ressentir des douleurs plus vives et d'avoir passé la nuit sans dormir. La croûte qui s'était formée vint naturellement avec l'emplâtre. Je crois cependant qu'il resta encore tout autour un peu de sang desséché. Mais la plaie était nette et il n'y avait pas trace de suppuration ; on ne voyait que du sang et, à ce qu'il semblait, un liquide aqueux. Nous engageâmes la malade à supporter encore un peu de temps l'emplâtre sur cette même plaie, en lui promettant que, le soir, on l'enlèverait tout à fait, dans le cas où elle en souffrirait comme précédemment.

« Je priai Krauthausen de tourner un peu la malade sur le côté gauche, pour que je pusse voir le stigmate du côté droit à un meilleur jour qu'hier. Je l'examinai encore à la loupe et je ne vis pas de différence notable avec ce que j'avais déjà observé : seulement cet endroit où une nuance plus foncée semblait annoncer la présence du sang extravasé, était moins rouge. Je remarquai aussi avec la loupe, à droite de la partie supérieure du stigmate, quelques égratignures séparées les unes des autres et ressemblant, je ne dirai pas à des déchirures faites avec une aiguille, mais plutôt à des gerçures spontanées de la peau.

« Les croix de la poitrine étaient toutes rouges de sang. Je fis laver le sang à la partie supérieure et je regardai de nouveau avec la loupe : s'il y avait eu une lésion de la peau, je l'aurais certainement remarqué et je m'en souviendrais bien à présent ; mais près de la croix, je trouvai, je crois, une raie à peu près de cette longueur (Voir la planche, fig. 4. ) qui avait l'air d'une dépression remplie de sang. A droite, au-dessus du bras gauche de la croix supérieure, je trouvai des égratignures semblables à celles que j'avais observées au-dessus du stigmate du côté (note). Je demandai si par hasard l'épingle qui attachait le mouchoir du cou n'aurait pas pu faire ces égratignures : mais la malade répondit qu'elle mettait toujours cette épingle de manière à ce que la pointe fût tournée en dehors (ce qu'elle fit encore en ma présence).

Maintenant, l'emplâtre dont il a été question plus haut fut remis sur la même plaie. Ce jour-là, je fis plusieurs visites à la malade, mais je trouvai toujours le même état. Pendant le séjour que je fis cette fois à Dulmen, toutes les fois que j'examinai une ou plusieurs des plaies des mains et des pieds, je les trouvai toujours, notamment celles de la partie extérieure, entourées d'une faible rougeur d'inflammation, à ce qu'il me sembla. M. Krauthausen me dit qu'il en était toujours ainsi. Vers midi, je conduisis chez elle M. Schwelling de Munster lequel m'en avait instamment prié : elle y avait consenti, sur ce que je lui avais dit que c'était un très brave homme qui ne demandait pas à voir la marque du côté, ni les croix de la poitrine, ni même, je crois, les plaies des pieds.

(note) « Je dois faire observer ici que souvent les choses se représentent aussi vivement à ma mémoire que si je les voyais réellement : alors je puis dire : « Cela était ainsi.» Souvent aussi elles se présentent moins vivement et je sens que c'est une pure réminiscence : alors je blesserais le respect que j'ai pour la vérité en disant : « Cela était ainsi.» J'étais ici dans ce dernier cas c'est pourquoi je me suis exprimé comme je l'ai fait.» signé Clém. DROSTE.

Vers six heures du soir, nous retournâmes chez elle, M. Krauthausen et moi : elle avait, si je ne me trompe, un peu dormi dans l'après-midi. Le sang paraissait à travers l'emplâtre de la main gauche qu'il avait traversé : on retira cet emplâtre qui était tout imbibé de sang. La plaie avait donc saigné, car, en supposant que, le matin, la croûte assez mince et le sang desséché qui était autour n'eussent pas été enlevés entièrement avec l'emplâtre ; lorsqu'on l'avait retiré, une si petite quantité de sang desséché n'aurait pas suffi pour altérer l'emplâtre à ce degré. Je crois que la plaie supérieure de la main droite a aussi saigné. Il n'y avait dans la plaie de la main gauche aucune trace de suppuration. Comme la malade se plaignait de souffrir beaucoup, nous ne remîmes pas l'emplâtre, comme nous le lui avions promis. Nous eûmes ces ménagements pour elle parce que nous ne croyions pas avoir le droit de torturer une personne à laquelle il n'y a rien à reprocher sous aucun rapport.

Si je le lui avais ordonné, elle aurait sans aucun doute tout supporté ; mais elle craignait de tomber dans l'impatience, et je ne crois pas avoir, en pareil cas, le droit de donner un tel ordre. La malade se plaignit le soir de douleurs de tête ; elle pensait que la tête rendrait du sang.

Le 22, vers huit heures du matin, M. Krauthausem vint chez moi, comme je l'en avais prié ; il avait déjà visité la sœur Emmerich et elle lui avait dit qu'elle croyait que sa tête avait déjà saigné ou saignerait bientôt. M. Krauthausen n'avait pourtant pas vérifié le fait en retirant le linge que la patiente porte autour de la tête. Nous allâmes ensemble chez elle. Elle avait un peu dormi pendant la nuit, si je ne me trompe. Nous trouvâmes que le sang avait coulé du front par-dessous le linge jusqu'au-dessus du nez, mais il s'était desséché. On ôta sa coiffe et le linge qui entourait sa tête ; on vit dans le bonnet, sur la partie postérieure, d'assez larges taches de sang : il y avait spécialement au côté droit de la tête, dans le voisinage de la tempe, une forte tache de sang dans le bonnet et dans les cheveux.

« Il avait été impossible jusqu'à présent, à cause de l'épaisseur plus qu'ordinaire de la chevelure, d'examiner les points par lesquels le sang coule sous les cheveux : Maintenant, elle a consenti à ce qu'on lui coupe les cheveux aussi courts que possible ; cependant on laissera tout autour assez de cheveux pour que le sang qui coulera ne puisse traverser immédiatement ses coiffes et les draps du lit. Elle l’a demandé expressément par des raisons de propreté.

« Le sang qui était sur le nez et sur le front a été lavé par M. Krauthausen, après quoi on a pu voir à l'oeil nu une quantité de petits points saignants, descendant jusqu'à la moitié du front et remontant jusqu'au milieu des cheveux de devant. Les points sont à peu près de cette dimension (voir la planche, fig. [5]), les uns plus petits, quelques-uns peut-être plus grands : ils semblent semés irrégulièrement. Je les ai examinés à la loupe et j'ai pu voir spécialement dans un de ces points (qui, si je ne me trompe, sont de petits trous et ne paraissent pas avoir la forme qu'ils auraient s'ils étaient faits avec un corps très pointu) du sang encore liquide :, j'ai cru voir aussi très distinctement que c'était bien un petit trou.

Avant mon départ, la malade me dit qu'une personne de Munster était venue la visiter, disant avoir la permission du doyen, mais qu'elle ne savait pas si cela était vrai. Comme je lui répondis, d'après la connaissance que j'en avais, que le doyen avait permis cette visite, elle se montra satisfaite, me remercia cordialement de la diminution du nombre des visites et me pria de les interdire rigoureusement. Je lui parlai à ce propos de la défense que j'avais faite de faire voir les plaies du côté, de la poitrine et des pieds, et je voulus ensuite la préparer à laisser voir ses plaies aux médecins de Stadtlohn et de Gescher mentionnés plus haut, lesquels voulaient revenir dans quinze jours : mais elle dit très nettement : « Non ! ils ne les reverront pas.»

« J'ai été obligé cette fois d'examiner très minutieusement les plaies et le reste, parce que M. Krauthausen ne pouvait rien voir à travers la loupe.» En prenant congé d'elle, je lui dis en plaisantant» Quand vous voudrez mourir, vous me le ferez dire d'avance, « à quoi elle répondit qu'elle n'y manquerait pas.»

Tel est le rapport du vicaire général." (VACE tome 1 pages 309 à 316 ou sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume1/Chapitre23.htm)

 

Dessin des stigmates et des marques présents sur le corps d'Anne Catherine:

1- forme des plaies sur les mains et les pieds (plus ronde sur le dessous que sur le dessus)

2- sueurs en forme de croix localisées sur l'estomac

3- plaie de la lance sur le côté

4- croix de sang sur la poitrine

5- plaies de la couronne d'épines

 

A propos de la plaie de l'épaule

19. « Je lui demandai une fois, écrit encore Rensing, si elle n'avait pas aussi une plaie sur l'épaule : car je crois que le Sauveur aura certainement eu sa sainte épaule blessée par sa pesante croix.» Oui, sans doute, répondit-elle. Notre divin Sauveur a eu à l'épaule une blessure très douloureuse mais je n'ai pas cette blessure, quoique j’en ai depuis longtemps ressenti la douleur à mon épaule. Déjà, dans ma jeunesse, je vénérais la sainte plaie de l'épaule, parce que cette vénération plaît particulièrement au Sauveur. Lorsque j'étais encore au couvent, il m'a révélé un jour que cette blessure, à laquelle on pense si peu, lui a causé des douleurs excessives, et que la vénération qu'on a pour elle lui plaît autant que lui aurait plu l'acte de celui qui, touché de compassion, lui aurait pris sa croix pendant qu'il en était chargé et l'aurait portée à sa place jusqu'au Calvaire. A l'âge de six ou sept ans, il m'est arrivé, lorsque j'étais seule et que je pensais à la Passion du Seigneur, de charger sur mes épaules une lourde pièce de bois ou quelque autre fardeau que je pouvais à peine traîner.» (VACE tome 1 pages 367à 367 ou sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume1/Chapitre28.htm)

 

Saint François d'Assise (1182- 1226)

L'origine des stigmates d'Anne Catherine

8. Nous n'aurions pas la connaissance précise de l'origine des signes extérieurs si Anne Catherine, dans les dernières années de sa vie, n'avait pas eu, à diverses reprises, des visions sur sa stigmatisation et ne les avait pas racontées par ordre de son confesseur. Ainsi elle eut la vision suivante le 4 octobre 1820, fête de saint François d'Assise.

« Je vis le saint sur une montagne, dans un lieu désert, parmi des buissons. Il y avait là des grottes ressemblant à de petites cellules. François avait ouvert l'Evangile à plusieurs reprises, et il était toujours tombé sur le récit de la Passion. Alors il demanda à Dieu la grâce de ressentir ses souffrances. Ordinairement, il faisait là un jeûne très-rigoureux et ne mangeait que ce qu'il fallait de pain ou de racines pour ne pas mourir de faim. Il s'agenouilla, les genoux nus, sur deux pierres très-raboteuses et se mit deux autres pierres fort lourdes sur les épaules. Je le vis après minuit, accroupi sur ses genoux, le dos appuyé à la montagne ; il priait, les bras étendus. Je vis près de lui son ange gardien qui lui tenait les mains. Son visage était enflammé du feu de l'amour divin. C'était un homme maigre : il avait un manteau brun, ouvert par devant, avec un capuchon comme le portaient alors les pauvres bergers du pays. Il avait une corde autour des reins. Je le vis comme paralysé. Une splendeur indescriptible partit du ciel, venant à lui perpendiculairement, et je vis dans cette gloire un ange avec six ailes, deux au-dessus de la tète, deux avec lesquelles il semblait voler et deux qui lui couvraient les pieds. Cet ange tenait dans la main droite une croix de demi-grandeur naturelle, sur laquelle était un corps vivant, tout pénétré de lumière. Les deux pieds étaient croisés, les cinq plaies étaient resplendissantes et rayonnantes comme des soleils. Il partit de chaque plaie trois rayons d'une lumière rouge qui se terminaient en pointe ; ils partirent d'abord des mains, se dirigeant vers la paume des mains du saint ; puis de la blessure du côté droit, vers son côté droit, (ceux-ci plus larges avec une pointe plus large) ; puis enfin des pieds vers la face inférieure de ses pieds. L’ange tenait de la main gauche une tulipe d'un rouge de sang au milieu de laquelle était un coeur d'or. Je me souviens confusément qu'il la lui donna. Le saint ne pouvait pas se tenir sur ses pieds lorsqu'il revint à lui. Je le vis retourner au couvent, souffrant cruellement, mais aidé par son ange gardien. Je le vis cacher ses plaies du mieux qu'il put. Il ne voulut les laisser voir à personne. Il avait de grosses croûtes de sang de couleur brune sur le dos des mains. Ses mains ne saignaient pas régulièrement tous les vendredis. Son côté saignait souvent si fort que le sang coulait jusqu'à terre. Je le vis en prières, le sang ruisselant le long de ses bras. J'ai vu beaucoup d'autres choses de lui, notamment comment le Pape, avant qu'il vînt le trouver, le vit dans une vision soutenant sur ses épaules le Latran qui allait tomber.

« J'eus ensuite une vision touchant moi-même et la manière dont j'avais reçu les plaies. Je ne savais pas auparavant comment cela s'était fait. Je me vis seule dans la chambre de la maison Roters. C'était trois jours avant la nouvelle année, vers trois heures de l’après-midi. J'eus une contemplation de la Passion de Jésus-Christ, je le priai de me faire ressentir les souffrances qu'il avait éprouvées et je dis cinq Pater, en l’honneur des cinq plaies. J'étais couchée dans mon lit, les bras étendus. J'eus des impressions d'une grande douceur avec une soif infinie des douleurs de Jésus. Alors je vis descendre sur moi une lumière qui venait obliquement d'en haut. C'était un corps crucifié, vivant et transparent, avec les bras étendus, mais sans croix. Les plaies resplendissaient plus que le corps : c'étaient cinq gloires distinctes de la gloire céleste où elles étaient comprises. J'en fus toute transportée et mon coeur ressentit avec une grande douleur, mêlée pourtant de douceur ; le désir de partager les souffrances de mon Sauveur. Et comme mon désir croissait de plus en plus à la vue de ses plaies et, s'élançant, pour ainsi dire, de ma poitrine, à travers mes mains, mes pieds et mon coté, allait comme suppliant, vers ses saintes blessures, de triples rayons d'une lumière rouge finissant en pointe se précipitèrent, d'abord des mains, puis du côté, puis des pieds du crucifié vers mes mains, mon côté et mes pieds. Je restai longtemps ainsi sans rien percevoir de ce qui m'entourait, jusqu'au moment où un enfant, fils de la maîtresse de la maison ; me fit baisser les mains. Cet enfant passa par la salle et dit à ceux qui étaient là que je m'étais heurté les mains quelque part jusqu'à les faire saigner. Je priai ces gens de n'en pas parler.

« J'avais depuis plus longtemps déjà la croix sur la poitrine : je l’avais reçue vers la Saint-Augustin. J'étais agenouillée, les bras étendus, et mon fiancé m'en avait marquée. Après la réception des plaies il survint dans mon corps un grand changement. Je sentis que mon sang prenait un autre cours et se précipitait vers ces points avec un tiraillement douloureux.

« Saint François s'est entretenu avec moi cette nuit et il m'a consolée. Il a parlé de la violence des douleurs intérieures.» (VACE tome 1 pages 420 à 422 ou sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume1/Chapitre31.htm)

 

LE TEMPS DE LA CAPTIVITÉ

"1. Anne Catherine fut transportée chez le conseiller Hoffmann (note), dans une salle du second étage où l'on ne pouvait entrer que par une seule porte donnant sur l’antichambre. Le lit dans lequel elle fut placée se trouvait au milieu : il était dégagé de tous les côtés : on pouvait le voir de l’antichambre et faire de là les observations les plus exactes. C'était là que, suivant les prescriptions du président supérieur, deux membres de la commission devaient toujours se tenir pour ne jamais perdre de vue la malade. Au bout de six heures, ces deux membres étaient remplacés par deux autres. Le lit avec sa garniture et aussi le linge de corps nécessaire à Anne Catherine étaient visités par la commission avec un soin minutieux, afin qu'on n'y cachât ni les instruments tranchants ni les préparations chimiques à l’aide desquels, suivant eux, la malade provoquait les effusions de sang. On visita aussi avec soin les ongles de ses doigts pour voir s'ils n'étaient pas assez longs pour déchirer la peau.

Le président supérieur envoya de Munster une infirmière nommée Mme Wiltner, choisie exprès, sur la pro position du professeur Bodde, comme ayant toutes les qualités voulues [...]

Le mardi 10 [août 1819], dans la matinée, les interrogatoires et les inspections recommencèrent [...]

C'était bien sur les mêmes points qu'on l'interrogeait, mais les questions étaient autrement posées et de façon à mettre la malade en contradiction avec ses réponses antérieures. Comme Rave, au mois de février, avait dit partout qu'elle avait des callosités aux pieds, ce qui prouvait qu'elle marchait en cachette, elle lui dit après une inspection réitérée de ses pieds : « Que vous en semble, monsieur le docteur : puis-je marcher avec mes pieds ? » A quoi il fut obligé de répondre en présence des assistants : « Il ne peut pas être question de cela ; vous êtes trop faible et trop souffrante. »

Quand l'interrogatoire eut duré deux heures, tous les membres de la commission furent convoqués par Borgés pour entendre la lecture des procès-verbaux. Cela prit quatre grandes heures sans interruption, depuis dix heures du matin,jusqu'à deux heures de l’après-midi : car chacun des commissaires semblait se croire obligé de s’assurer par son propre examen si les allégations étaient exactes et la description des marques conforme à la réalité. Le corps martyrisé de la patiente fut traité par ces hommes avec aussi peu de ménagement que si ç'eût été un morceau de bois : dans leur sauvage brutalité, ils ne souffrirent même pas que la timide vierge consacrée à Dieu se voilât la poitrine : chaque fois qu'elle se recouvrait en tremblant, ils arrachaient brutalement le linge et répondaient à ses supplications plaintives par des railleries cyniques. Vers deux heures, on se décida enfin à l’épargner un peu et à lui laisser quelque repos : mais, au bout d'une heure, tous revinrent et le supplice recommença. Cependant Dieu l'appela à la contemplation et elle n'eut plus conscience de ce qui se passait autour d'elle à l'extérieur [...]

VŒUX ET SACRIFICES ("Das Gelübde") réalisé par Dominik Graf

13 août. Ce jour, qui était le premier vendredi de sa captivité, était impatiemment attendu par la commission. Y aurait-il une effusion de sang ou n'y en aurait-il pas ? Dans l'un comme dans l'auge cas, on était décidé à n'y voir que de la fourberie [...]

Pendant toute la nuit du jeudi au vendredi, elle fut en état de contemplation, en sorte qu'au point du jour elle se sentit fortifiée. « Je priai la garde, raconta-t-elle, de me donner de l'eau parce que je voulais me laver. Celle-ci m'en donna et me dit : « Que Dieu et sa Sainte Mère fassent grâce que votre tête saigne : alors ces messieurs seront convaincus de votre innocence. » Je lui reprochai ce désir qui m'affligea et je lui dis : « J'espère qu'il n'y aura pas d'effusion de sang, à quoi cela servirait-il ? Ces messieurs ne se laisseraient pas persuader par là, mais il faut nous en remettre à la volonté de Dieu. » Je me lavai et je dis en badinant que je voulais surtout me bien laver le front. Là-dessus j'ôtai ma coiffe et la garde m'attacha un linge blanc très-propre autour de la tête. Bientôt après vint le Dr Busch répétant toujours les mêmes questions ; il me dit : « Vous devez laisser saigner. » Plus tard, au bout d'un quart d'heure, il me fit ôter mon serre-tête et voilà qu'on y vit de petites taches de sang. Ce fut pour moi un grand déplaisir : j'avais espéré qu'il n'y aurait pas d'effusion de sang. Je ne voulus plus me couvrir la tète et tous les commissaires furent appelés. Ils examinèrent le linge et la tête et aussitôt ils me lavèrent le front, d'abord avec un liquide chaud, puis avec un liquide froid, ce qui me causa de vives souffrances. D'après le dire de la garde, le front fut lavé d'abord avec de la salive, puis avec du vinaigre concentré et enfin frotté avec de l'huile de vitriol (sur quoi la malade s'écria : « Cela brûle comme du feu ! » ; alors, à ce que m'a dit la garde, on vit paraître des raies rouges.

« On continua toute la matinée à examiner, à laver et à frictionner le front ; en sorte que la douleur me fit perdre entièrement connaissance. Messieurs les commissaires se montrèrent très-embarrassés. La garde fut soumise à un interrogatoire et eut à subir des questions pressantes pour savoir comment le sang s'était montré sur la coiffe. Elle raconta tout, comment cela s'était passé et ce que nous nous étions dit, mais ces messieurs déclarèrent que je m'étais blessée moi-même. La garde bouleversée vint près de moi, se tordit les mains et s'écria : « Soeur Emmerich, vous êtes trahie et vendue ! On dit que c'est vous-même qui avez fait venir le sang sur le linge. Malheureuse créature que je suis de me trouver parmi de pareilles gens ! Mais pourtant je me réjouis d'avoir appris à vous connaître et de pouvoir vous assister. » Je la consolai : je l'assurai que j'avais bien pensé qu'ils agiraient ainsi et je l'engageai à avoir confiance en Dieu. » [...]

5. Mais comme en outre on aperçut sur la chemise de la malade des taches de sang provenant de la plaie du côté qui avait saigné, il fallut aussi trouver à cela une explication. Boenninghausen y voulut voir simplement des taches faites par du café qu'elle avait vomi ; mais Mme Wiltner déclara dès lors, et plus tard encore par l'intermédiaire du Dr Lutterbeck, prête à affirmer par serment que ce café, très-faible et de couleur très-claire, rejeté par la malade aussitôt qu'elle l'avait pris, avait été reçu par elle dans un linge bleu qui se trouvait toujours sous sa main, en sorte l'aucune goutte de ce liquide n'avait pu atteindre la chemise, protégée d'ailleurs par une quadruple couverture. Il lui fallut alors ôter la chemise à la malade, et quoique les commissaires se fussent assurés de la couleur rouge de sang des taches qui s'y trouvaient, quoique plus tard Mme Wiltner eut montré l'eau avec laquelle elle avait lavé les taches de la chemise et qui était rougie par le sang, Boenninghausen néanmoins se refusa obstinément à abandonner son idée des taches de café, et il défendit sévèrement à Mme Wiltner de faire voir la chemise et l'eau qui avait servi à la laver au Dr Zumbrink qui arriva de Munster le jour suivant. Elle fit pourtant à celui-ci sa déposition sur tout ce qui s'était passé, avec l'addition expresse qu'elle pouvait et voulait attester par serment ce qu'elle avait dit (note) [...]

10. Il nous sera plus aisé de juger cet homme [Le landrath] avec les contradictions si nombreuses et si frappantes qui se montrent dans ses actes et dans ses paroles, si nous considérons la ferme conviction qu'il s'était faite avant toute enquête et qu'il avouait lui-même en ces termes : « Les phénomènes manifestés chez Catherine Emmerich étant diamétralement contraires aux lois les plus connues de la nature, ne peuvent être naturels ; il y a là ou un miracle ou une fraude. » Mais ses idées sur la religion ne lui laissaient pas admettre l'existence d'un miracle ou d'une action immédiate de Dieu, car c'était pour lui une chose incontestable que Dieu n'opère rien de semblable ; aussi déclara-t-il sans réserve devant la malade : « Je ne veux pas d'un Dieu qui ferait de telles choses ! » Il ne restait donc que l'hypothèse d'une fraude, et la seule question qui lui parût mériter une enquête était celle de savoir jusqu'à quel point Anne Catherine était complice active ou passive de la perpétration de cette fraude. " (VACE tome 2 pages 69 à 125 ou sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume2/Chapitre4.htm)

La Médecine et les autorités de l'époque n'ont pas hésité à humilier, maltraiter et calomnier Anne Catherine Emmerich lors de l'enquête menée du 6 au 28 août 1819. Voici dans quel état sera la soeur lorsque la liberté lui sera rendue.

"15. Nous devons maintenant nous rendre compte de l'état où la malade se trouva après sa délivrance. Wesener, qui la visita le 29 août, immédiatement après le départ du landrath, s'exprime ainsi à ce sujet :

« La vue de la malade me fit peur. Elle n'était vraiment qu'un squelette : ses yeux étaient éteints, son visage décharné et d'une pâleur mortelle ; cependant son esprit n'était pas troublé. Son langage était vif et énergique. Elle nous raconta à propos des souffrances qu'elle avait endurées des choses qui nous remplirent d'étonnement, de tristesse et de douleur. »

« 2 septembre. Jusqu'à présent la malade, à notre grande surprise, a conservé sa vivacité d'esprit et sa force d'âme : mais son pouls est petit : les mains et les pieds sont d'une froideur cadavérique et elle sent une grande prostration. Le soir elle fut trés-faible et trés-abattue. »

« 3 septembre. Cette nuit encore j'ai été appelé auprès de la malade et je l'ai trouvée à l’extrémité : je regardais la mort comme imminente, quoique le P. Limberg, qui était venu un quart d'heure avant moi, me dit qu'elle s'était un peu remise : car à son arrivée il l’avait crue déjà morte. Elle était tout à fait moribonde. Elle vomissait de temps en temps un liquide de mauvaise odeur. Je fis verser du vin sur des fleurs de camomille dont on fit des compresses qu'on plaça sur son estomac, ce qui parut lui apporter du soulagement. Je lui demandai, avant de me retirer, si elle pardonnait à tout le monde et si elle n'avait rien dans le coeur contre personne. Elle répondit par un sourire aimable. Je pris congé d'elle, la laissant persuadée qu'elle ne tarderait pas à mourir. Le P. Limberg resta près d'elle pour lui administrer l’extrême-onction.

« 4 septembre. La malade s'est un peu remise, mais elle est dans un état de faiblesse mortelle. Les vomissements ont cessé.

« 5 septembre. Elle a communié aujourd'hui, je l'ai trouvée étonnamment fortifiée. Je commence aujourd'hui à écrire le récit de ses souffrances pendant la dernière enquête. »

L'expulsion du liquide de mauvaise odeur n'était que rejet involontaire (note) des décoctions que la malade, en dépit du vomissement qui s'ensuivait chaque fois, avait avalées pour contenter les commissaires. Comme son impossibilité de manger était traitée de fourberie et de feinte, elle n'avait jamais refusé de goûter des aliments liquides qui lui étaient présenté quoique la plupart du temps elle fût forcée de les rejeter aussitôt." (VACE tome 2 pages 69 à 125 ou sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume2/Chapitre4.htm)

 

Saint Padre Pio (Italie, 1887-1968) stigmatisé. Photo officielle.

Rosalie Put de Lummen (Belgique, 1868-1919)

 

Thérèse Neumann (1898-1962)

Teresa Musco (Italie, 1943-1976)

Natuzza Evolo de Paravati (1924- ...)

Marie-Julie Jahenny (1850-1941)

 

 

Emplacement des stigmates

Il est intéressant de noter la forme et la position des stigmates sur les différentes photos comme sur le dessin fait à l'époque d'Anne Catherine: elles sont identiques.

Contrairement aux avis scientifiques les plus modernes, inspirants le film "Stigmata" de Rupert Wainwright (1999), les stigmates ne sont pas placés dans les poignets mais dans les paumes des mains.

 

Ces stigmates qui reproduisent les blessures du Christ lors de Sa Passion sont-ils donc scientifiquement fiables? Les paumes des mains ne sont-elles pas trop fragiles pour résister lors de la crucifixion? Faut-il donc dénoncer des supercheries?

C'est peu probable! Ces stigmatisés n'ont pas vécu aux mêmes époques. Ils n'ont pas pu "se mettre d'accord" sur la taille et la position des stigmates. Le fait miraculeux des stigmates va de soit. Même au 20e siècle, les stigmatisés ont défié les lois de la Médecine moderne (absence de cicatrisation, saignement les vendredis...) Il faut donc faire confiance à Dieu!

Rappelons, par un extrait, la description que donne Anne Catherine de la crucifixion de Jésus-Christ:

"Alors les bourreaux étendirent sur la croix Jésus, la douleur fait homme. Ayant levé son bras droit, ils appliquèrent sa main sur le trou pratiqué dans le bras de la croix, et l'y attachèrent fortement. L'un deux mit ensuite le genou sur sa poitrine sacrée, et maintint ouverte sa main, qui se fermait naturellement, tandis qu'un autre enfonça dans la paume de cette main, qui avait si souvent béni les hommes, un gros et long clou, à la pointe acérée, en frappant à coups redoublés avec un marteau de fer. Un cri plaintif, doux et clair, sortit de la bouche du Seigneur; son sang jaillit sur les bras des archers. j'ai compté les coups de marteau, mais mes souffrances me les ont fait oublier. Les clous étaient très longs; leur tête était plate et avait la largeur d'un écu. Ils étaient triangulaires et gros comme le pouce à leur partie supérieure; leur pointe dépassait un peu la croix par derrière."

On remarquera qu'ils étaient gros comme le pouce, ce que l'on constate sur les photos des stigmatisés.

Rosalie Put de Lummen (Détail)

Pour expliquer la véracité de la position de ces stigmates, il est nécessaire de lire la description de la crucifixion faite par Anne Catherine. Les clous étaient gros avec une tête plate, les membres de Jésus étaient disloqués et attachés alors que les bourreaux le clouaient puis élevaient la croix, la croix était creusée au niveau du bassin et les pieds reposaient sur un support.

Avec ces données, la position des stigmates devient toute à fait crédible!

 

 

Voici un témoignage "neutre" de l'époque décrivant Anne Catherine et ses stigmates.

Visite du comte Frédéric-Léopold de Stolberg.

L'illustre comte de Stolberg arriva à Dulmen avec sa femme, en compagnie d'Overberg, le 22 juillet [1813] (tout juste un mois après la visite du professeur B. : . ) ; il y resta deux jours. Voici comment il raconte sa visite :

« Overberg nous annonça à Anne Catherine. A neuf heures du matin, il nous conduisit chez elle. Sa petite chambre n'a qu'une entrée et elle est sur la rue, en sorte que les passants peuvent voir dans l'intérieur et qu'on ne peut rien y faire qui ne puisse être vu de la rue. Elle est extrêmement propre : on ne sent pas la moindre mauvaise odeur dans cette petite pièce. C'est pour Anne Catherine une grande souffrance que de se montrer. Elle nous reçut de la manière la plus amicale. Overberg la pria en notre nom de retirer ses mains du linge sous lequel elle a coutume de les tenir cachées. C'était un vendredi. Les plaies de la couronne d'épines avaient saigné abondamment. Elle ôta sa coiffe. Le front et la tête étaient comme percés de grosses épines : on voyait distinctement les plaies vives, remplies encore en partie de sang frais, et tout le tour de la tête était ensanglanté. Jamais peintre n'a ainsi rendu au naturel les plaies faites au Sauveur par la couronne d'épines. Les plaies qui se trouvent au dos des mains et des pieds sont beaucoup plus grandes que celles de la surface intérieure ; les plaies des pieds sont plus larges que celles des mains. Toutes saignaient en même temps.

Les médecins ont signalé ce qu'il y a là de merveilleux plus tôt et plus ouvertement que les ecclésiastiques, parce qu'ils ont des données certaines pour juger, d'après les règles de la science, le phénomène qui est sous leurs yeux. Ils disent qu'il est impossible de maintenir artificiellement de telles plaies dans le même état, de façon à ce qu'il n'y ait ni suppuration, ni inflammation, ni guérison. Ils disent aussi qu'on ne peut pas expliquer naturellement comment la malade, avec ces plaies incompréhensibles de leur nature et avec la cruelle douleur qui ne lui laisse aucun moment de relâche, ne tombe pas dans un dépérissement complet, comment elle ne pâlit même pas et comment son regard reste plein de vie, d'intelligence et d'amour.

« Depuis quelque temps, il dépend d'elle d'admettre ou de refuser les visites : elles lui sont très-pénibles et sont déclinées le plus souvent, même quand il s'agit de gens qui viennent de loin. Ce n'est que sur les représentations de quelques ecclésiastiques ou du médecin, auxquels les étrangers s'adressent, qu'elle consent à faire des exceptions. Elle a assez à faire, dit-elle, de prier Dieu, afin qu'il lui conserve la patience dans ses souffrances continuelles ; c'est le tenter que de mettre cette patience à l'épreuve pour des personnes qui la plupart du temps viennent uniquement par curiosité."Ceux qui ne croient pas à Jésus-Christ, dit-elle encore, ne deviendront pas croyants à cause de mes stigmates.» Cela ne doit pas étonner quand on pense combien il doit en coûter à une pauvre religieuse timide et délicate d'avoir à supporter l'invasion de curieux souvent peu discrets.

Anne Catherine, qui a gardé les troupeaux pendant son enfance et qui s'est livrée à des travaux de toute espèce, parle d'une voix très-douce ; elle s'exprime sur les choses de la religion dans un langage élevé qu'elle n'a pas pu apprendre au couvent, et elle le fait, non-seulement avec convenance et discernement, mais avec un esprit éclairé de lumières supérieures. Son regard est plein d'intelligence ; son aimable affabilité, sa sagesse lumineuse et sa charité respirent dans tout ce qu'elle dit. Elle parle bas et sa voix est claire et limpide. Il n'y a rien d'exagéré dans ses manières ni dans ses paroles parce que l'amour n'est pas où l’on sent l’effort. Elle donne le spectacle de ce qu'il y a de plus sublime, l'amour de Dieu inspirant toutes les actions, les paroles et les sentiments, le support de tous, la charité envers le prochain quel qu'il soit.

« Combien nous sommes heureux de connaître Jésus-Christ, a-t-elle dit à Sophie ! Combien il était difficile aux païens, nos ancêtres, d'arriver à Dieu !» Bien loin de s'enorgueillir des signes extérieurs de la faveur divine, elle s'en sent tout à fait indigne et porte avec une humble sollicitude le trésor du ciel dans un vase de terre fragile.» (VACE 1 pages 390 à 392 ou sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume1/Chapitre29.htm)

 

VOICI UN EXAMEN SCIENTIFIQUE DU LINCEUL DE TURIN

(A partir du site de http://pagesperso-orange.fr/gira.cadouarn/france/etude_des_images/etude_detaillee/membres_sup.htm)

"Sur l’avant-bras droit :

La main n’a que 4 doigts visibles, le pouce n’apparaît pas ; il est caché dans la paume de la main; cette position inhabituelle est la conséquence de la contracture de l'opposant du pouce, elle même pouvant faire suite à une irritation du nerf médian.
Les autres doigts sont en extension complète et fortement serrés entre eux.

Sur l’avant-bras gauche :

La main ne montre aussi que 4 doigts, le pouce étant invisible. Les doigts sont demi-fléchis, on distingue nettement leur première phalange et un peu le début de la deuxième.

Il y a une plaie d’environ 8 mm de diamètre au niveau du carpe gauche.

Les avant-bras montrent un écoulement de sang prenant naissance, à gauche, dans cette plaie du carpe (le poignet droit est caché par la main gauche) ; cet écoulement va en direction du coude et du bord cubital de l’avant-bras, en suivant, bien sûr, la ligne de plus grande pente. Les mains étaient donc plus haut que les coudes, pouce en haut. En regardant attentivement, on voit que l’écoulement se fait selon 2 directions, faisant entre elles un angle d’environ 20 à 25 degrés. L’angle de ces directions avec la verticale indique que les avant-bras étaient orientés vers le haut et qu’ils oscillaient entre 2 positions, l’une avec une pente de 55° environ, l’autre de 75° environ.

Le pouce gauche n'est pas visible, mais il n'est pas possible de dire s'il est caché dans la paume de la main gauche ou s'il est disposé sous le poignet gauche. Il faut toutefois noter qu'il n'y a aucune image visible du poignet droit ce qui, compte tenu de ce que nous avons vu au sujet de la tridimensionnalité, nous incite à penser que l'espace entre le Suaire et le poignet était assez grand et il est donc possible que le pouce en adduction forcée relève le bord radial de la main.
La double orientation des coulées sanguines à 55 et 70° associée à cette plaie perforante du carpe indique que le corps a été pendu par les poignets, au moyen d’un instrument les perforant, et que le corps pouvait se relever de plusieurs centimètres. Si on fait le rapprochement entre la plaie du carpe gauche et l’adduction forcée du pouce droit, on peut conclure à une perforation des carpes au niveau de l’espace de Destot." (François Giraud)

 

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Thomas Jessen (2004)

" Et moi je suis morte, je ne suis qu'un esprit; autrement je ne pourrais voir ces choses, car elles n'existent pas maintenant, et cependant maintenant elles existent. Mais cela n'existe pas dans le temps; en Dieu il n'y a pas de temps, en Dieu tout est présent ; je suis morte, je suis un esprit. " (Anne Catherine Emmerich)