QUI ETAIT ANNE CATHERINE EMMERICH ?

La plus grande visionnaire de tous les temps

 

Quel jour a eu lieu la Cène du Seigneur ?

 

Quel jour a eu lieu la Cène du Seigneur ?

Cette question amène une réponse spontanée évidente pour tout chrétien : le jour de la Pâque juive, un jeudi soir.

Ceux qui avaient regardé, comme moi, voilà quelques années, sur la chaîne ARTE, l'émission "Corpus Christi" de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, avaient dû être effaré de voir que la réponse n'était pas si évidente !

Voilà un extrait de l'émission :

"Il y a deux chronologies des récits de la Passion. La chronologie " Johannique " (Evangile de Jean) d'une part ; la chronologie " synoptique " (Evangiles de Matthieu, Marc et Luc) de l'autre.
Selon le récit du quatrième Evangile, donc le récit " Johannique " Jésus meurt le 14 Nisan, à l'heure où les agneaux qui allaient être mangés au cours de la nuit Pascale étaient immolés au Temple.
Selon les Evangiles " synoptiques ", Jésus meurt un jour plus tard, c'est à dire le 15 Nisan, en pleine fête de la Pâque.
Il y a là un décalage extrêmement important ; un décalage d'une journée qui pose un problème historique considérable, un problème historique incontournable dans la mesure où on a deux données qui se contredisent."
(Corpus Christi - Arte - Christian Grappe, Université de Strasbourg)


Christian Grappe

"Il y a là un décalage extrêmement important ; un décalage d'une journée qui pose un problème historique considérable, un problème historique incontournable dans la mesure où on a deux données qui se contredisent."

Ce commentaire, fait par un érudit, soulève un problème inattendu. Il devient nécessaire de vérifier les Evangiles.

 

 

MARC 14 :12-25 (Osty)
Les préparatifs du repas pascal


12 Et le premier jour des Azymes, lorsqu'on immolait la pâque, ses disciples lui disent: " Où veux-tu que nous [te] préparions de quoi manger la pâque? " 13 Et il envoie deux de ses disciples et leur dit: " Allez à la ville, et un homme portant une cruche d'eau viendra au-devant de vous. Suivez-le, 14 et où qu'il entre, dites au maître de maison: Le Maître dit: Où est ma salle, où je pourrai manger la pâque avec mes disciples? Et lui vous montrera, à l'étage, une grande pièce, aménagée, toute prête; faites-y nos préparatifs. " 16 Et les disciples partirent, et ils vinrent à la ville, et ils trouvèrent les choses selon ce qu'il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque.

Le repas - Annonce de la trahison
17 Et, le soir venu, il vient avec les Douze. 18 Et tandis qu'ils étaient à table et mangeaient, Jésus dit: " En vérité, je vous dis que l'un d'entre vous me livrera, un qui mange avec moi. " 19 Ils se mirent à s'attrister et à lui dire, l'un après l'autre: " Serait-ce moi? " 20 Il leur dit: " C'est un des Douze, celui qui trempe [la main] avec moi dans le plat. 21 Le Fils de l'homme, certes, s'en va selon qu'il est écrit de lui; mais malheur à cet homme par qui le Fils de l'homme est livré! Mieux eût valu pour lui qu'il ne fût pas né, cet homme-là! "

Le repas - Institution de l'Eucharistie.
22 Et tandis qu'ils mangeaient, ayant pris du pain, dit la bénédiction, il [le] rompit, et [le] leur donna et dit: " Prenez; ceci est mon corps. " 23 Et, ayant pris une coupe, rendu grâce, il [la] leur donna, et ils en burent tous. 24 Et il leur dit: " Ceci est mon sang, [celui] de l'Alliance, qui est répandu en faveur de beaucoup. 25 En vérité, je vous dis que jamais plus je ne boirai du produit de la vigne, jusqu'à ce jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. "
JEAN 13 :1-5 et 18-30 (Osty)
Le lavement des pieds
13
Avant la fête de la Pâque, sachant qu'était venue son heure de passer de ce monde vers le Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin. 2 Et pendant un dîner, alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, [fils] de Simon, le dessein de le livrer, 3 [Jésus], sachant que le Père lui a tout remis dans les mains, et qu'il est venu de Dieu et qu'il s'en va vers Dieu, 4 se lève de table, dépose ses vêtements et, prenant un linge, il le noue à sa ceinture. 5 Ensuite il verse de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge noué à sa ceinture (…)

Annonce de la trahison et désignation du traître
18 " Ce n'est pas de vous tous que je parle; moi, je connais ceux que j'ai choisis. Mais c'est pour que l'Écriture s'accomplisse: Celui qui consommait mon pain a levé contre moi son talon. 19 Dès à présent je vous le dis, avant que cela n'arrive, pour que vous croyiez, une fois la chose arrivée, que Moi Je Suis. 20 En vérité, en vérité je vous le dis: Qui reçoit quelqu'un que j'aurai envoyé, c'est moi qu'il reçoit, et qui me reçoit, reçoit Celui qui m'a envoyé. "

21 Ayant dit cela, Jésus fut troublé dans son esprit, et il attesta et dit: " En vérité, en vérité je vous dis que l'un d'entre vous me livrera. " 22 Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. 23 A table, tout contre le sein de Jésus, se trouvait un de ses disciples, celui que Jésus préférait. 24 Simon-Pierre lui fait donc signe et lui dit: " Demande qui est celui dont il parle? " 25 Celui-ci, se renversant à même la poitrine de Jésus, lui dit: " Seigneur, qui est-ce? "
26 Jésus donc répond: " C'est celui pour qui moi je tremperai la bouchée et à qui je la donnerai. "
Trempant alors la bouchée, il la prend et la donne à Judas, [fils] de Simon l'Iscariote. 27 Et après la bouchée, alors le Satan entra en lui. Jésus lui dit donc: " Ce que tu fais, fais-le bien vite. " 28 Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. 29 Comme Judas tenait la bourse, quelques-uns pensaient que Jésus lui disait: " Achète ce dont nous avons besoin pour la fête ", ou bien: " Donne quelque chose aux pauvres. " 30 Ayant donc pris la bouchée, il sortit aussitôt. C'était la nuit!

 

Première constatation : Il y a effectivement une différence notable entre les deux Evangiles. Marc insiste et parle de "préparer la pâque" et de "manger la pâque". Jean parle d'un simple "dîner" "avant la fête de la Pâque". Il n'évoque même pas l'Eucharistie.

Jean n'en reste pas là. Il précise au cours du procès ou de la crucifixion :

JEAN 18 :28-29 (Osty)
Jésus devant Pilate
28 On amène donc Jésus de chez Caïphe au prétoire. C'était le matin. Mais eux n'entrèrent pas dans le prétoire, pour ne pas se souiller et [pouvoir] manger la pâque. 29 Pilate sortit donc dehors vers eux, et il dit : " Quelle accusation portez-vous contre cet homme? "

JEAN 19 :13-16 (Osty)
13 Pilate donc, entendant ces paroles, fit amener Jésus dehors et le fit asseoir au tribunal, en un lieu appelé Lithostrotos (en hébreu Gabbatha). 14 C'était la Préparation de la Pâque; c'était environ la sixième heure. [Pilate] dit aux Juifs: " Voilà votre roi. " 15 Ils vociférèrent donc: " A mort! A mort! crucifie-le! " Pilate leur dit: " Crucifierai-je votre roi? " Les grands prêtres répondirent: " Nous n'avons de roi que César. "16 Alors donc, il le leur livra pour être crucifié.

JEAN 19 :31 (Osty)
Après la mort de Jésus
31 Les Juifs donc, comme c'était la Préparation, pour que les corps ne restent pas sur la croix pendant le sabbat - car c'était un grand jour que ce sabbat! - les Juifs demandèrent à Pilate qu'on leur rompît les jambes et qu'on les enlevât.

Pour Jean, il est évident que Jésus a été crucifié au moment de la "Préparation de la Pâque", la veille de la Pâque juive.
Pour Marc (comme Luc et Matthieu), Jésus a mangé la pâque.

Il y a bien, semble-t-il, une contradiction. Cherchons une réponse à la question : Quel jour a lieu la Pâque juive ?


 

Quel jour a lieu la Pâque juive ?

Aidons-nous des arguments des Témoins de Jéhovah sur ce thème. Ils sont très documentés :

"[A quelle date le] Mémorial doit-il être célébré?
Pour les Juifs, le jour va d'un coucher du soleil au coucher suivant. Ainsi, d'après leur calendrier Jésus est mort le jour même où il a institué le Mémorial. Le mois de Nisan commençait avec le coucher du soleil qui suivait le moment où la nouvelle lune la plus proche de l'équinoxe de printemps était devenue visible à Jérusalem. Le Mémorial a lieu le 14e jour à compter du 1er Nisan. [...] Par ailleurs, la plupart des Juifs célèbrent maintenant la Pâque le 15 Nisan, et non pas le 14 comme Jésus l'a fait conformément à la loi mosaïque.
"
( Page 244-245 "Comment raisonner à partir des Ecritures" Watchtower Bible and Tract Society of Pennsylvania, Inc. 1985)

Y-aurait-il une incertitude sur la date de la célébration de la Pâque juive ? Les Témoins de Jéhovah contestent la date célébrée par les Juifs : le 15 Nisan ! Est-il possible que les Juifs aient pu oublier la date de leur grande fête de la Pâque ?

Etudions pourquoi les Témoins de Jéhovah lancent une affirmation si surprenante ! Dans l'Ancien Testament, Moïse écrit les indications données par Dieu pour la première Pâque :

EXODE 12 : 5-12 (Osty) :
" 5 Ce sera pour vous une tête de menu bétail sans défaut, un mâle, âgé d'un an; vous le prendrez parmi les agneaux ou parmi les chevreaux. 6 Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois, et l'assemblée entière de la communauté d'Israël l'immolera entre les deux soirs. 7 On prendra du sang et on en mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons dans lesquelles on la mangera. 8 On mangera la chair cette nuit-là; on la mangera rôtie au feu, avec des azymes et des herbes amères. 9 Vous n'en mangerez rien qui soit cru ou simplement bouilli dans l'eau, mais seulement rôti au feu, la tête avec les jambes et avec les entrailles. 10 Vous ferez qu'il n'en reste rien jusqu'au matin, et ce qui en resterait au matin, vous le brûlerez par le feu. 11 Et voici comment vous le mangerez: ceinture aux reins, sandales aux pieds et bâton à la main, et vous le mangerez à la hâte: c'est une Pâque pour Yahvé.
12" Je passerai, cette nuit-là, dans le pays d'Égypte; je frapperai tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis les hommes jusqu'aux bêtes, et de tous les dieux d'Égypte je ferai justice, moi, Yahvé! "

La description peut se résumer ainsi : l'agneau est conservé jusqu'au "quatorzième jour de ce mois" (Nisan), il est immolé "entre les deux soirs", il est rôti et mangé complètement avant le matin.

"Entre les deux soirs"

L'expression "entre les deux soirs" est bien vague ! Quel en est le sens ?

"Entre les deux soirs"
Les Israélites comptaient les jours du coucher du soleil au coucher de soleil suivant. Le jour de la Pâque commençait donc au coucher du soleil qui marquait la fin du treizième jour d'Abib (Nisan). L'animal devait être égorgé "entre les deux soirs". (Ex. 12:6.) Les opinions divergent quant au moment exact désigné ici. Pour certains spécialistes, ainsi que pour les Juifs caraïtes et les Samaritains, il s'agit de la période située entre le coucher du soleil et l'obscurité totale. Les Pharisiens et les rabbins le voyaient autrement: ils pensaient que le premier soir correspondait au moment où le soleil commence à décliner et que le deuxième soir était le coucher du soleil proprement dit. Par conséquent, les rabbins soutiennent que l'animal était égorgé non pas au début, mais à la fin du quatorzième jour et que le repas était en réalité consommé le 15 Nisan […]
Dans un cas comme dans l'autre, le repas pascal ne pouvait être mangé avant l'heure correspondant pour nous à 18 heures (heure solaire vraie); en effet, le temps d'égorger l'animal, de l'écorcher, de le nettoyer, de le faire rôtir correctement et de faire tous les autres préparatifs, la Pâque ne pouvait être célébrée que bien
après 18 heures, donc le 14 Nisan qui avait commencé au coucher du soleil."
(pages 1130-1131 Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible, Watchtower Bible and Tract Society of Pennsylvania, Inc.1971)


Deux hypothèses sont présentées sur les avis de "spécialistes", "rabbins", "Samaritains" ou "Pharisiens". Les Israélites comptaient les jours du coucher du soleil au coucher de soleil suivant. La Pâque doit être mangée "la nuit" alors que le mouton est égorgé "entre les deux soirs" du 14 Nisan. Si on résume:

1- Soit "entre les deux soirs" correspond à une période entre 18h et 19h20 dès le début du 14 Nisan, le repas étant consommé au tout début du 14 Nisan (comme le pensent les Juifs caraïtes, les Samaritains et les Témoins de Jéhovah).
2- Soit "entre les deux soirs" correspond à une période entre 15h et 18h en fin de journée du 14 Nisan, le repas étant consommé au tout début du 15 Nisan (comme le pensent les Pharisiens et les rabbins).


Entre 18h et 19h20 dès le début du 14 Nisan:

Cette hypothèse n'est pas réaliste. Il était matériellement impossible de mener dans un délai si court les sacrifices au Temple de Jérusalem et la préparation du repas.

Voici un commentaire de l'émission Corpus Christi: "La Pâque est une fête de pèlerinage où des gens viennent et il y a une quantité massive de sacrifices au Temple.
[Flavius] Joseph signale à un moment donné qu'au moins à une année 250 000 agneaux [étaient sacrifiés]. Si on considère que chaque agneau c'est pour une famille de 8 à 10 personnes, ça commence à faire pas mal. Donc une cacophonie extrême ; beaucoup de monde." (Corpus Christi - Arte - Etienne Nodet, Ecole biblique de Jérusalem)

Etienne Nodet


EXODE 12 ne précise pas où se faisait le sacrifice du temps de Moïse. Probablement qu'il se faisait dans chaque famille. La sanctification du Temple de Jérusalem a changé cette pratique : "Salomon acheva la Maison de Yahvé et la maison du roi [...] Yahvé apparut à Salomon, la nuit, et lui dit : 'J'ai entendu ta prière, et je me suis choisi ce lieu pour moi comme maison des sacrifices.'." (2CHRONIQUES 7:11-12 Osty)


Entre 15h et 18h en fin de journée du 14 Nisan :

Cette hypothèse laisse tout l'après-midi pour effectuer les sacrifices au Temple de Jérusalem ainsi que les préparatifs du repas.

Revenons à la nuit de la première Pâque: 12" Je passerai, cette nuit-là, dans le pays d'Égypte; je frapperai tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis les hommes jusqu'aux bêtes, et de tous les dieux d'Égypte je ferai justice, moi, Yahvé! […] ce jour vous servira de mémorial, et vous le fêterez comme une fête pour Yahvé […] Or, au milieu de la nuit, Yahvé frappa tout premier-né dans le pays d'Egypte […] [Pharaon] appela Moïse et Aaron dans la nuit : 'Debout ! dit-il, sortez du milieu de mon peuple [...]"" (Exode 12:12-14 & 29-31 Osty)

Exode 12 indique clairement que les Hébreux ont mangé la Pâque la nuit où sont morts les premiers-nés d'Egypte, et que leur départ eut lieu le jour venu.

Quelle était cette nuit ? La Bible permet de répondre:
"Vous observerez les Azymes, car c'est ce jour-là même que j'ai fait sortir vos armées du pays d'Egypte [...]" (Exode 12:17 Osty)

"5 Au premier mois, le quatorze du mois, entre les deux soirs, ce sera la Pâque pour Yahvé, 6 et le quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des Azymes pour Yahvé. Pendant sept jours vous mangerez des azymes."
(Lévitique 23:5-6 Osty)

Les Hébreux sont sortis d'Egypte le jour de la fête des Azymes (Galettes sans levain) , LE 15 NISAN. Si les Hébreux avaient célébré la Pâque la nuit qui débute le 14 Nisan, ils auraient du quitter l'Egypte le lendemain (toujours le 14 Nisan) ! Or ils l'ont quitté LE 15 NISAN, jour de la fête des Azymes et de la sortie d'Egypte! Les Hébreux n'ont pas attendu toute une journée et toute une nuit avant de partir !

De plus, le repas de la Pâque nécessite la consommation de galettes azymes : "8 On mangera la chair cette nuit-là; on la mangera rôtie au feu, avec des azymes et des herbes amères [...] 15 dès le premier jour vous ferez disparaître le levain de vos maisons." (Exode 12:8 & 15) Le premier jour des Azymes étant le 15 Nisan, c'est bien ce jour-là qu'a lieu le repas pascal.

Les sacrifices ont donc eu lieu le 14 Nisan, au moment où le soleil commence à décliner, et le début du 15 Nisan, au coucher du soleil. Le repas est consommé la nuit qui débute le 15 Nisan.

D'après les Saintes Ecritures, les Juifs respectent la loi Mosaïque en mangeant la Pâque le 15 Nisan (ce qui est plutôt rassurant !)

 

 

Quel jour Jésus a mangé la pâque ?


Là encore, il y a 2 possibilités :
1- Soit Jésus l'a mangé au début du 15 Nisan, en même temps que tout le peuple.
2- Soit Jésus l'a mangé la veille, le 14 Nisan.


L'Evangile de Marc nous dit :"Car [les grands prêtres] disaient : " Pas pendant la fête, sinon il pourrait y avoir un tumulte du peuple." (Marc 14: 2 Osty)

Il semble peu probable que les chefs des prêtres aient pu organiser un procès tout en célébrant la Pâque dans la nuit. Leur désir était bien que le procès, l'arrestation et l'exécution aient lieu avant le début des fêtes.

L'arrestation et le procès de Jésus ont été faits "à la hâte", en pleine nuit et très tôt le matin. Tout cela, semble-t-il, pour pouvoir préparer la Pâque une fois "le problème réglé" !

"Il est impensable d'imaginer que le débat autour de Jésus se soit passé une fois la Pâque ouverte. Les gens ont autre chose à faire et, de plus, c'est enfreindre les lois juives les plus élémentaires." (Corpus Christi - Arte - Jean-Pierre LEMONON, faculté théologique catholique de Lyon)

Jean-Pierre LEMONON

La loi mosaïque dit aussi que le 15 Nisan est une fête où l'on ne devait pas faire de gros œuvre.
"6 et le quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des Azymes pour Yahvé. Pendant sept jours vous mangerez des azymes. 7 Le premier jour, il y aura pour vous une convocation sainte ; vous ne ferez aucune œuvre servile." (Lévitique 23:6-7 Osty)

"16 Le premier jour, convocation sainte [...] On ne fera, ces jours-là, aucun travail; il n'y a que ce qui sert à la nourriture de chacun, et cela seulement, que vous pourrez faire." (Exode 12:16 Osty)

Il était donc impossible aux Grands Prêtres de faire un procès et une exécution en pleine fête (C'est comme si on envisageait le procès le dimanche en pleine fête de Pâques ou à Noël le 25 décembre.)

Jésus a donc bien mangé la Pâque la veille de la fête, le 14 Nisan.

Cela Marc, Matthieu et Luc le savaient fort bien. Alors pourquoi laissent-ils penser dans leurs Evangiles que le procès et l'exécution ont lieu le 15 Nisan ?

A ce stade, l'étude bute sur un écueil ! Pour mieux comprendre ce qu'il s'est passé, aidons-nous des visions d' Anne Catherine Emmerich.

 

 

 

Anne Catherine Emmerich, à la fin de sa vie, revivait chaque vendredi la Passion du Christ. Elle nous détaille sur plus de 250 pages tous les évènements, minute par minute.
Avec simplicité, elle nous décrit ce qui se passe et, sans en avoir conscience, répond à toutes nos questions.


" Dernière Pâque.

Jésus et les siens mangèrent l'agneau pascal dans le cénacle, divisés en trois groupes: le Sauveur était, avec les douze apôtres, dans la grande salle; dans les salles latérales, Nathanaël présidait, comme père de famille, à l'un des côtés, douze des plus anciens disciples ; de l'autre côté, douze autres avaient à leur tête Éliacim, fils de Cléophas et de Marie, fille d'Héli, et ancien disciple de Jean-Baptiste.
Trois agneaux furent immolés pour eux dans le Temple. Mais il y en avait un quatrième qui fut immolé dans le cénacle, et que Jésus mangea avec les apôtres (…)
Les vases et les instruments nécessaires avaient été apprêtés: on amena un joli petit agneau, orné d'une couronne qui fut envoyée à la sainte Vierge, dans la salle latérale où elle se tenait avec les autres saintes femmes. L'agneau était attaché, le dos contre une planche, par le milieu du corps; il me rappela Jésus attaché à la colonne pour être flagellé. Le fils de Siméon tenait la tête de l'agneau; Jésus le piqua au cou avec la pointe d'un couteau, qu'il donna ensuite au fils de Siméon pour l'achever. Le Seigneur paraissait affligé d'être contraint de le blesser; il le fit rapidement, mais avec beaucoup de gravité. Le sang fut recueilli dans un bassin, et on apporta une branche d'hysope, que Jésus trempa dans le sang; puis il alla vers la porte de la salle, teignit de sang les deux poteaux et la serrure, et fixa au-dessus de la porte la branche ensanglantée (…)

Lorsque Jésus eut ainsi enseigné sur l'agneau pascal et sa signification, le temps étant venu, et Judas étant de retour, on prépara les tables. Les convives revêtirent les habits de voyage, qui avaient été déposés dans le vestibule, mirent d'autres chaussures, une tunique blanche, et par-dessus un manteau court par devant et plus long par derrière; ils relevèrent leurs vêtements et retroussèrent les larges manches de la tunique; puis, ayant pris des bâtons dans leurs mains, ils allèrent à la table deux à deux, les disciples dans les salles latérales, le Seigneur et les apôtres dans la salle du cénacle. Ils se tinrent debout à leur place, les bâtons appuyés à leur bras, et les mains élevées en l'air. Jésus, debout au milieu de la table, avait reçu deux petits bâtons légèrement recourbés en forme de houlette; il les plaça en croix dans sa ceinture et sur sa poitrine, et appuya sur les courbures ses bras levés comme pour prier. Spectacle touchant ! il semblait s'appuyer sur cette croix, dont ses épaules devaient bientôt supporter le fardeau. Les disciples chantèrent le cantique: "Béni soit le Seigneur Dieu d'Israël", et "Loué soit le Seigneur"; et, la prière terminée, Jésus donna l'un des bâtons à Pierre et l'autre à Jean, et ceux-ci les mirent de côté.
La table était droite et avait la forme d'un demi-cercle. Vis-à-vis de Jésus, dans la partie rentrante de la table, était une place vide pour servir les mets. A la droite du Seigneur se tenaient, si je ne me trompe. Jean, Jacques-le-Majeur et Jacques-le-Mineur; au bout de la table, Barthélemy; puis en revenant, Thomas et Judas Iscariote. A la gauche de Jésus étaient Pierre, André, Thaddée; à l'autre bout, Simon, et près de celui-ci, Matthieu et Philippe.
Au milieu de la table était l'agneau pascal, sur un grand plat. Sa tête reposait sur les pieds de devant mis en croix; les pieds de derrière étaient étendus, le bord du plat était couvert d'ail. A côté, se trouvait le rôti de Pâque, puis une assiette avec des légumes verts dressés et serrés les uns contre les autres, et une seconde assiette remplie d'herbes amères. Les convives avaient devant eux des pains ronds en guise d'assiettes; ils se servaient de couteaux d'ivoire.
Après la prière, le majordome plaça devant Jésus, sur la table, le couteau qui devait servir à découper l'agneau. Puis il mit une coupe de vin devant le Seigneur, en remplit six autres, et les plaça chacune entre deux apôtres. Jésus bénit le vin et en but; les apôtres buvaient à deux dans une même coupe. Le Seigneur découpa l'agneau ; les apôtres tendirent leur pain tour à tour avec un petit crochet de bois, et reçurent ainsi leur part; ils la mangèrent très vite, en détachant la chair des os avec leurs couteaux d'ivoire. On brûla plus tard les ossements. Ils mangèrent très vite aussi de l'ail et des herbes vertes, qu'ils trempaient dans la sauce. " " (VNSJC3 pages 125-129)

Les spécialistes de la tradition juive du repas de la Pâque peuvent voir que ce repas répond en tous points aux exigences de Exode 12 (sauf le sacrifice dans le cénacle d'un agneau, comme elle-même le précise). Jésus a bien célébré un repas pascal la veille de sa mort ! Tout cela est conforme aux Evangiles synoptiques.

" Jésus devant Caïphe :

On reprocha à Jésus et à ses disciples de ne point sacrifier au Temple. En effet, je n'ai jamais vu le Seigneur ni ses disciples, depuis que ceux-ci le suivaient, amener au Temple d'autres victimes que l'Agneau pascal: Joseph et Anne cependant offraient souvent des sacrifices pour Jésus. Du reste, cette accusation était sans fondement; car les Esséniens n'offraient pas de sacrifice, et on ne leur en faisait pas un crime. L'accusation de sorcellerie fut plusieurs fois reproduite, et Caïphe lui-même assura à diverses reprises que les contradictions des témoins étaient causées par ses enchantements.
Quelques-uns dirent ensuite que, contrairement à la loi, il avait mangé la Pâque la veille, et que déjà l'année précédente il avait violé les usages. Mais, cette fois encore, les témoins s'étaient embrouillés, et à tel point que Caïphe et tout le conseil en devinrent confus. Ils voyaient avec dépit qu'ils ne pouvaient parvenir à trouver aucune accusation solide. Nicodème et Joseph d'Arimathie furent sommés de s'expliquer touchant la cène que Jésus avait célébrée dans une salle appartenant à ce dernier. Ils prouvèrent par d'anciens écrits qu'un usage traditionnel autorisait les Galiléens à manger la pâque un jour avant les autres Juifs. Pour tout le reste, la cérémonie avait été conforme à la loi; des gens du Temple y avaient même assisté. Cette explication embarrassa les témoins, et les ennemis de Jésus laissèrent surtout percer leur dépit lorsque Nicodème fit apporter les écritures prouvant le droit des Galiléens. Entre autres raisons, cette permission leur avait été donnée parce que sans cela l'affluence au Temple n'eût pas permis de terminer les cérémonies à l'heure fixée par la loi. Quoique les Galiléens n'eussent pas toujours usé de ce droit, il demeura néanmoins parfaitement établi par les textes que cita Nicodème. L'irritation des pharisiens contre celui-ci s'accrut encore, lorsqu'il représenta en terminant, combien le conseil devait être péniblement affecté par les contradictions choquantes des témoins, dans une affaire entreprise avec tant de précipitation, sous l'influence de préventions visibles, la nuit d'avant la plus solennelle des fêtes. Ils lancèrent à Nicodème des regards pleins de colère, et continuèrent l'audition des témoins avec un redoublement de précipitation et d'effronterie. " (VNSJC3 pages 212-213)

Seule Anne Catherine Emmerich nous donne l'explication de ce repas anticipé qui manque cruellement dans les Evangiles.


" Jésus devant Pilate.

"14 C'était la Préparation de la Pâque; c'était environ la sixième heure. [Pilate] dit aux Juifs: 'Voilà votre roi.' " (JEAN 19 :14 Osty)

Les ennemis de Jésus étaient plein de dépit et de rage; ils étaient pressés d'en finir avec lui avant le commencement de la fête, afin de pouvoir immoler l'agneau pascal. Ils ne savaient pas que le véritable Agneau pascal était celui qu'ils avaient introduit dans le prétoire de cet idolâtre, au seuil duquel ils craignaient de se souiller. " (VNSJC3 page 245)


" Jésus attaché à la croix.

II était environ midi un quart quand on attacha Jésus à la croix, et, à l'instant même où elle fut élevée, les trompettes du Temple retentirent, annonçant l'immolation de l'agneau pascal. " (VNSJC3 page 314)


" Etat de la ville et du Temple.

" Et c'était déjà environ la sixième heure, et l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à la neuvième heure [...] " (LUC 23:44 Osty)

II était environ une heure et demie lorsque je fus conduite à la ville pour voir ce qui s'y passait. La consternation et le trouble régnait partout; les rues étaient enveloppées d'un brouillard épais, les hommes erraient ça et là à tâtons (...) L'angoisse et l'épouvante régnaient dans le Temple. On était occupé à immoler l'agneau pascal lorsque les ténèbres survinrent tout à coup; tout le monde en fut consterné, et on entendit ça et là des lamentations. Les princes des prêtres firent leur possible pour tranquilliser les esprits et maintenir l'ordre. On alluma toutes les lampes; la confusion néanmoins allait toujours croissant. " (VNSJC3 page 325-326)


" Tremblement de terre. - Apparition des morts à Jérusalem.

" Et voici que le rideau du Sanctuaire se fendit en deux de haut en bas ; et la terre fut secouée, et les rochers se fendirent, et les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de nombreux saints qui dormaient se relevèrent et, sortant des tombeaux après sa résurrection, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se manifestèrent à un grand nombre de gens. " (MATTHIEU 27:51-53 Osty)

Dans le Temple, les princes des prêtres qui avaient interrompu l'immolation de l'agneau pascal, à cause des ténèbres, triomphaient du retour de la lumière et reprenaient le sacrifice, lorsque soudain le sol trembla, un bruit sourd se fit entendre, des murs s'écroulèrent avec fracas, et le voile du Temple se déchira depuis le haut jusqu'en bas; une terreur muette saisit la foule immense, qui bientôt éclata en lamentations (…). Les prêtres réussirent même si bien à calmer la peur, qu'en plusieurs endroits les sacrifices se continuèrent tranquillement jusqu'à ce que l'apparition des morts, dans le Temple, vint disperser tout le peuple et interrompre tout à fait l'immolation, comme si le Temple eût été souillé. " (VNSJC3 page 336)

Anne Catherine Emmerich confirme, avec détails, tout le récit de Jean. Jésus est bien exécuté en même temps qu'a lieu l'immolation des agneaux au Temple; immolation qui débute vers 12h15 (et non pas 15h00).

On tient enfin la réponse à notre 2ème question :
Jésus a mangé sa pâque au début du 14 Nisan, veille de la Pâque juive. Ce n'était pas conforme à la loi Mosaïque mais ce l'était par rapport aux écrits postérieurs régissant les problèmes pratiques du Temple liés aux sacrifices de la Pâque. Cela lui fut d'ailleurs reproché lors de son procès.

 

 

Anne Catherine nous le confirme,

Jésus a donc mangé sa pâque la veille de la Pâque juive.

Pourquoi alors les Evangiles semblent incohérents ?

Pour Jean, il n'y a pas d'ambiguité. Jésus est mort dans l'après-midi du vendredi 14 Nisan pendant la Préparation de la Pâque. Jean, comme les trois autres évangélistes, nous dit bien que l'exécution de Jésus a lieu à la veille du sabbat. Pour Jean c'est un "grand sabbat" : "31 Les Juifs donc, comme c'était la Préparation, pour que les corps ne restent pas sur la croix pendant le sabbat - car c'était un grand jour que ce sabbat ! - les Juifs demandèrent à Pilate qu'on leur rompît les jambes et qu'on les enlevât. " (JEAN 19 :31 Osty)

Quel était ce grand jour de sabbat ? : "Le jour de la Préparation, les gens préparaient les repas du lendemain, jour du sabbat, et terminaient tout autre travail urgent qui ne pouvait attendre la fin du sabbat (Ex. 20: 10) […] De plus, le lendemain du 14 Nisan était toujours un sabbat; en outre, en l'an 33 de notre ère, le 15 Nisan tombait le jour du sabbat hebdomadaire; c'était par conséquent un "grand" ou double sabbat."
(pages 1219 Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible, Watchtower Bible and Tract Society of Pennsylvania, Inc. 1971)

Comme on l'a vu pour la question précédente, le repas de la Pâque avait lieu au début du 15 Nisan, la nuit tombée. Comme pour nos fêtes chrétiennes, ce jour était "férié". Cette année là, le 15 Nisan débutant le vendredi soir (jour du sabbat), c'était un "grand sabbat".

Pour Marc (comme Luc et Matthieu), Jésus mange la pâque "le premier jour des Azymes", soit le 15 Nisan: "12 Et le premier jour des Azymes, lorsqu'on immolait la pâque, ses disciples lui disent: " Où veux-tu que nous [te] préparions de quoi manger la pâque? " (MARC 14 :12-25 Osty)

L'émission "Corpus Christi" nous donne un élément de réponse pour expliquer cette incohérence:" Ca n'est pas le déroulement historique des faits qui préoccupent [les rédacteurs]. C'est la signification, le sens, la vérité de cet événement au sens ou cette vérité surgie de la compréhension qu'ils en ont. (Corpus Christi - Christian Grappe, Université de Strasbourg)

Il y a peut-être une autre possibilité. Jésus dit en Matthieu 26 :2 "Vous savez que dans deux jours la Pâque arrive […]", Marc14 :1 dit aussi "C'était la Pâque et les azymes dans deux jours […]". Ensuite, il semble n'y avoir qu'un repas à Béthanie (Matthieu 26 :6-7, Marc 14:3) avant que ne vienne le repas pascal de Jésus et des disciples.

Il faut souligner que "le premier jour des Azymes" n'est pas le jour où "on immolait la pâque" puisque les agneaux étaient immolés le 14, donc la veille. Les Témoins de Jéhovah nous aident: " Une question se pose également à la lecture de Matthieu 26: 17: "Le premier jour des Gâteaux non fermentés, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent: 'Où veux-tu que nous fassions les préparatifs pour que tu manges la Pâque?'" L'expression "le premier jour" pourrait être rendue par "le jour d'avant". A propos de l'utilisation du mot grec traduit ici par "premier", une note en bas de page de la Traduction du monde nouveau (édition anglaise à références de 1984) dit: "Ou bien 'le jour d'avant'. Cette façon de rendre le mot grec […] (protos) suivi d'un mot au génitif s'accorde quant au sens et à la forme avec une construction identique en Jean 1: 15 où il est dit: 'Il existait avant [protos] moi.'.''
(page 1132 Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible, Watchtower Bible and Tract Society of Pennsylvania, Inc. 1971)


Si on analyse ainsi les Evangiles synoptiques, il s'agit de la venue du jour "où l'on devait immoler la pâque" (Luc 22:7) . Ce n'était pas encore le jour même de la célébration de cette fête, le 15 Nisan. Ce 'jour d'avant' des Azymes était le jour où on sacrifiait les agneaux. C'était le 14 Nisan.
Il est donc possible que Jésus ait fait faire ces préparatifs vers la fin de la journée du 13 Nisan alors que "venait le jour" du 14 Nisan, 'jour d'avant' des
Azymes et jour de l'immolation des agneaux au Temple.

Jésus a donc mangé la Pâque la veille du jour officiel. Comme Jésus est le maître du sabbat (Mat. 12 :8) pourquoi ne pas accepter cela. Jésus pouvait disposer de même pour les détails pratiques liés à la Pâque.

Finalement il n'y a aucune incohérence ! Ce n'est qu'un problème de vocabulaire.

 

 

CONCLUSIONS :


1- Quel jour a lieu la Pâque juive ? : A la tombée de la nuit, au tout début du 15 Nisan.
2- Quel jour Jésus a mangé la pâque ? : La veille au soir, soit le 14 Nisan.
3- Pourquoi les Evangiles semblent incohérents ? : Ils ne le sont pas. Ce n'est qu'un problème de vocabulaire.

 

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Anna Maria von Oer (1898)

" Et moi je suis morte, je ne suis qu'un esprit; autrement je ne pourrais voir ces choses, car elles n'existent pas maintenant, et cependant maintenant elles existent. Mais cela n'existe pas dans le temps; en Dieu il n'y a pas de temps, en Dieu tout est présent ; je suis morte, je suis un esprit. " (Anne Catherine Emmerich)