QUI ETAIT ANNE CATHERINE EMMERICH ?

La plus grande visionnaire de tous les temps

 

Marie-Madeleine à la Sainte-Baume, légende ou réalité ?

 

 

LA SAINTE BAUME DANS LES GUIDES TOURISTIQUES

Guide Gallimard 1994

MARIE MADELEINE A LA SAINTE-BAUME

"Sur le plateau du Plan d'Aups (750 m d'altitude), qui précède au nord la barre rocheuse, les grands froids de l'époque glaciaire ont oublié une forêt septentrionale, un bois sacré de 120 ha jamais profané par l'homme. Car ce lieu superbe, mais froid et isolé du monde méditerranéen qui s'étend tout autour de lui, est un centre de pèlerinages depuis plusieurs millénaires. Marie Madeleine venue prêcher la parole du Christ à Massilia, fuyant les persécutions ou guidée peut-être par le désir de retrouver son rabbouni (Jésus-Christ), aurait passé ici les dernières années de sa vie, dans une immense et ténébreuse cavité naturelle, la Baoumo (grotte), qui donna son nom à tout le massif. Les cassianites et les bénédictins assurèrent la garde du lieu saint, avant d'être remplacés en 1295 par les dominicains. La Sainte-Baume est une étape sur le pèlerinage de Compostelle. Plusieurs papes, Saint Louis, Louis XI, Louis XIII, Louis XIV y vinrent. Le lieu fut ravagé en 1793 par les révolutionnaires, menés par Paul de Barras , puis relevé par les dominicains qui y jouent toujours un rôle actif. Un grand pèlerinage a lieu le lundi de la Pentecôte, et la fête de Marie Madeleine y est célébrée les 21, 22 et 23 juillet."

SAINT-MAXIMIN-LA-SAlNTE-BAUME

"Sainte Marie Madeleine et Saint Maximin, selon la légende, furent ensevelis au 1er siècle entre Aix et le massif de la Sainte-Baume. Un moine bourguignon, venu en Provence en 769, affirma avoir trouvé le corps de la sainte à Aix-en-Provence. Il le rapporta à Vézelay où s'organisa un premier pèlerinage. Mais le comte de Provence fit entreprendre en 1279 des recherches sur le site actuel de Saint-Maximin, qui aboutirent à la découverte d'une crypte où se trouvaient des sarcophages contenant des corps. Il restait sur le front de l'un des crânes un lambeau incorruptible de chair; or, au matin de sa résurrection, Jésus avait touché le front de Marie-Madeleine: il s'agissait donc de la véritable sainte. Le pèlerinage se fixa dès-lors à Saint-Maximin. C'est le chef de la sainte qui est visible ci-dessous [ # ]. Le morceau de peau est abrité à part."

(# Photo extraite de "Qui était Marie Madeleine", réalisé par Jens-Peter Behrend arte - ZDF 2005)

"La relique la plus prestigieuse de Marie Madeleine, son crâne, a été expertisée en 1971. Il s'agirait d'une femme de type méditerranéen pas très grande et agée d'environ 60 ans" [ # ]

Basilique de Saint-Maximin ou sont conservées les reliques de Sainte Marie-Madeleine ainsi que son sarcophage et celui de Saint Maximin (Gallimard).

Les septiques doivent sourire en pensant que nos ancêtres avaient beaucoup d'imagination. Pourtant, le fait est tellement inattendu que cela renforce l'idée de sa probable réalité. Comment croire qu'au fil des siècles de grands rois comme Clovis, Saint Louis, Louis XI, Louis XIII, Louis XIV ou François 1er (illustration) soient venus sur ces sites de pèlerinage s'ils n'avaient pas été crédibles ?

François 1er visitant la Sainte-Baume, d'après Prosper Fontainier (XIXe siècle) (Gallimard)

Site de l'Association de Soutien à la Tradition des Saints de Provence: http://www.saintsdeprovence.com

Voir aussi Histoire chrétienne de la FRANCE

Avant de chercher d'autres informations sur la Sainte Baume, savons-nous vraiment qui était Marie-Madeleine ?

 

MAIS QUI ETAIT LA VRAIE MARIE-MADELEINE ?

Dans des reportages récents comme "Les mystères de la Bible - La véritable histoire de Marie-Madeleine" diffusé sur Planète, l'auteur présente Marie-Madeleine comme pouvant être "la plus célèbre des prostituées".

"Son nom suggère qu'elle était originaire de la ville de Magdala" où la principale activité était la pêche. "Marie a du travailler sur les marchés aux poissons. Si tel est le cas, elle a du avoir une vie pénible"

"D'après un texte juif ancien: Les lamantations de Rabah, Magdala était un lieu de fornication." Il y avait des bordels dans toute la Méditerranée. L'empire romain écrasait les familles d'impôts incitant les femmes à se prostituer.

"Les mystères de la Bible - La véritable histoire de Marie-Madeleine"

Marie-Madeleine était-elle une prostituée de Magdala ? Toutes ces hypothèses récentes peuvent-elles être validées par des sources chrétiennes issues de la Tradition.

 

LE PORTRAIT DE MARIE MADELEINE DANS "LA LEGENDE DOREE" (XIIIe SIECLE)

Marie Madeleine (# Les clefs du Da Vinci code, National Geographique channel)

Jacques de Voragine, né vers 1228 à Varaggio (près de Gênes) a compilé sous le titre "La légende dorée" une multitude de témoignages touchant la vie de saints. En voici un extrait qui concerne Marie Madeleine:

1. Marie-Madeleine naquit de parents nobles, et qui descendaient de famille royale. Son père s'appelait Syrus, sa mère Eucharie. Avec son frère Lazare et sa sœur Marthe, elle possédait la place forte de Magdala, voisine de Genézareth, Béthanie, près de Jérusalem, et une grande partie de cette dernière ville; mais cette vaste possession fut partagée de telle manière que Lazare eut la partie de Jérusalem, Marthe, Béthanie, et que Magdala revint en propre à Marie, qui tira de là son surnom de Magdeleine. Et comme Madeleine s'abandonnait tout entière aux délices des sens, et que Lazare servait dans l'armée, c'était la sage Marthe qui s'occupait d'administrer les biens de sa sœur et de son frère. Tous trois, d'ailleurs, après l'ascension de Jésus-Christ, vendirent leurs biens et en déposèrent le prix aux pieds des apôtres.

Autant Madeleine était riche, autant elle était belle; et elle avait si complètement livré son corps à la volupté qu'on ne la connaissait plus que sous le nom de la Pécheresse. Mais, comme Jésus allait prêchant çà et là, elle apprit un jour. sous l'inspiration divine, qu'il s'était arrêté dans la maison de Simon le lépreux; et aussitôt elle y courut; mais, n'osant pas se mêler aux disciples, elle se tint à l'écart, lava de ses larmes les pieds du Seigneur, les essuya de ses cheveux et les oignit d'un onguent précieux: car l'extrême chaleur forçait les habitants de cette région à se servir, plusieurs fois par jour, d'eau et d'onguent. Et comme le Pharisien Simon s'étonnait de voir qu'un prophète se laissât toucher par une prostituée, le Seigneur le blâma de son orgueilleuse justice, et dit que tous les péchés de cette femme lui étaient remis. Et depuis lors, il n'y eut point de grâce qu'il n'accordât à Marie-Madeleine, ni de signe d'affection qu'il ne lui témoignât. Il chassa d'elle sept démons, il l'admit dans sa familiarité, il daigna demeurer chez elle, et, en toute occasion, se plut à la défendre. Il la défendit devant le pharisien qui la disait impure, et devant sa sœur Marthe, qui l'accusait de paresse, et devant Judas, qui lui reprochait sa prodigalité. Et il ne pouvait la voir pleurer sans pleurer lui-même. C'est par faveur pour elle qu'il ressuscita son frère, mort depuis quatre jours, qu'il guérit Marthe d'un flux de sang dont elle souffrait depuis sept ans, et qu'il choisit la servante de Marthe, Martille, pour prononcer cette parole mémorable: " Bienheureux le ventre qui t'a porté! " Madeleine eut aussi l'honneur d'assister à la mort de Jésus, au pied de la croix; c'est elle qui oignit de parfum le corps de Jésus après sa mort, et qui resta près du tombeau tandis que tous les disciples s'en étaient éloignés, et à qui Jésus ressuscité apparut tout d'abord." (La légende dorée, Éditions du Seuil, 1998)

Quand on pense qu'au 21e siècle on trouve encore des érudits pour affirmer que Marie Madeleine était une prostituée, qu'elle n'a jamais vécu à Magdala ou qui ne savent pas le lien de parenté qui l'unissait à Lazare et Marthe, ce témoignage du XIII e siècle est confondant. Marie Madeleine était riche, de haute lignée et possédait une propriété à Magdala.

 

 

LE PORTRAIT DE MARIE MADELEINE PAR ANNE CATHERINE EMMERICH

Au fil des centaines de pages relatant ses visions, Anne Catherine Emmerich (1774-1824), mystique stigmatisée, dévoile en toute simplicité les évènements qui jalonnent la vie de Jésus-Christ et de ses contemporains. Sans contredire les Evangiles, elle y ajoute beaucoup de détails inconnus jusque là.

Voici ce qu'elle dévoile sur la jeunesse de Sainte Marie-Madeleine et de sa famille.


" Le grand-père de Lazare était un prince syrien dépossédé, dont le fils naquit dans la contrée que les trois rois traversèrent à leur retour de Bethléem. Celui-ci profita de la guerre pour acquérir de grands biens en Galilée et dans le voisinage de Jérusalem. Il s'était fait juif, et avait épousé une jeune fille d'une famille pharisienne très distinguée. Son fils, Lazare, possédait Béthanie un château très grand, entouré d'une double enceinte de fossés, ayant pour dépendances plusieurs jardins, où l'on remarquait des terrasses et beaucoup de fontaines. Dans la famille de Lazare, on connaissait les prophéties d'Anne et de Siméon: aussi attendait-on le Messie.

Dès l'enfance de Jésus, Lazare et les siens avaient formé des liens d'amitié avec Marie et Joseph, comme cela se voit de nos jours entre des gens pieux, bien qu'appartenant à des classes différentes de la société.

Madeleine était la plus jeune des sœurs de Lazare; sa taille élancée et la précocité de son esprit lui donnèrent de bonne heure l'apparence d'une grande fille; elle était très fantasque et très capricieuse. Elle perdit ses parents à l'âge de sept ans. Dès sa plus tendre enfance, elle avait éprouvé pour eux une sorte de répulsion à cause de leurs jeûnes austères. Elle était extrêmement vaine, fière, friande, mobile, exaltée, orgueilleuse et toujours esclave de l'impression du moment.

J'ai vu beaucoup de choses qui ont rapport à ses premières années. Elle aimait le luxe et la parure; mais son bon cœur et la sensibilité naturelle qu'elle tenait de sa mère la rendaient bienfaisante jusqu'à la prodigalité.
Sa mère et ses tantes la gâtaient; elles voulaient qu'on remarquât sans cesse et qu'on admirât ses espiègleries et ses gentillesses […]

Ses charmes, ses brillantes qualités intellectuelles ne tardèrent pas à se développer, à croître de jour en jour, à lui attirer l'admiration et une vraie renommée. Elle était savante, et aimait à écrire, sur de petits rouleaux de parchemin, des maximes propres à exciter la passion de ses adorateurs, auxquels elle ne manquait pas de les envoyer; tout le monde vantait son esprit.
Je ne me suis jamais aperçue qu'elle aimât réellement, ou qu'elle inspirât un amour véritable: tout en elle était vanité, sensualité et adoration d'elle-même. Elle était un scandale pour son frère et ses sœurs, qu'elle méprisait à cause de la simplicité de leur vie.

Dans le partage des biens de la famille, le beau château de Magdalum échut à Madeleine. Elle avait une prédilection marquée pour ce séjour; dès l'âge de onze ans elle alla s'y établir, avec un nombreux domestique et une pompe toute seigneuriale. Ses prétendants l'y suivirent; mais ceux-ci mêmes qui l'avaient séduite et qui partageaient sa vie dissipée et voluptueuse s'irritèrent bientôt de ses infidélités ou de ses caprices, et devinrent ses ennemis et ses calomniateurs.

Tout d'abord, la société qui se réunissait à Magdalum, quoique mondaine, se composait, comme je l'ai dit, de gens de distinction. Mais, quand sa vie voluptueuse devint dissolue, les personnes distinguées qui tenaient à leur réputation se retirèrent, et dès lors le désordre fut poussé jusqu'au scandale. Elle laissa le château tomber dans le délabrement, et tout dépérir dans les jardins. Cependant elle maintint toujours dans un état brillant et magnifique les appartements où elle donnait ses fêtes.
Je me rappelle une salle dont les murs et le plafond étaient recouverts de miroirs métalliques; les fleurs et les arbustes y abondaient. Je vis une fois Madeleine livrée à une amère tristesse: elle était tombée malade et devenue un objet de mépris. De plus elle se trouvait dans des embarras pécuniaires; et ceux même qui la compromettaient l'avaient alors abandonnée. Dans une telle situation, elle rechercha la solitude; mais, ayant recouvré la santé et la beauté, elle s'abandonna de nouveau au désordre. Sa conduite déréglée à Magdalum, se prolongea environ quatorze ans; elle en avait vingt-cinq quand elle fut convertie par la prédication de Jésus. " (VNSJC3 pages 481-485)

Ce portrait, absolument unique nous rapproche de Marie-Madeleine qui, avant sa conversion, ressemblait à beaucoup de jeunes filles de notre époque, désireuses de mordre la vie à pleines dents. Enfant issue d'une famille riche, sa vie n'était faite que de plaisirs.

Dans les Evangiles, seul Jean dans les chapitres 11 et 12 témoigne d'un lien de parenté entre Lazare, Marthe et Marie. Toutefois rien n'identifie cette Marie avec Marie-Madeleine (ou Marie de Magdalum, Marie la Magdalénienne ou encore Miriâm de Magdala).
Anne Catherine parle de "son frère et ses sœurs". Il manque donc au moins une sœur dans les Evangiles. En fait, Anne Catherine dévoile l'existence d'une autre sœur : Marie la silencieuse ; morte pendant la deuxième année de la vie publique du Seigneur.

On retrouve beaucoup de similitudes entre le récit d'Anne Catherine et l'extrait de "La légende dorée".

 

Voici une autre description de Marie-Madeleine que Marthe vient voir pour l'inciter à assister aux enseignements du Seigneur.

"L'état de Madeleine était devenu déplorable au dernier point. Depuis qu'elle était retombée après sa conversion près de Gabara, sept démons s'étaient emparés d'elle. Son entourage était devenu pire que jamais. Les saintes femmes, spécialement la sainte Vierge, n'avaient cessé de prier instamment pour elle, et enfin Marthe accompagnée de sa suivante était allée la voir à Magdalum (dans l'après-midi du dernier dimanche)

Elle fut reçue froidement et on la fit attendre. Précisément une cohue de libertins et de femmes galantes de Tibériade venait d'entrer pour prendre part à un festin. Madeleine était occupée à sa toilette, elle fit dire à sa soeur qu'elle ne pouvait pas lui parler maintenant. Marthe se mit en prière et l'attendit ainsi avec une patience indicible. Enfin l'infortunée Madeleine arriva, toute pleine de mauvaise humeur et d'irritation : elle était dans un grand embarras : la simplicité des vêtements de Marthe lui faisait honte, elle craignait que ses hôtes ne la vissent et elle l'invita à se retirer. Marthe lui demanda seulement un coin où elle pût se reposer : on la conduisit avec sa suivante dans une chambre vide des bâtiments de service et elle y fut laissée ou plutôt oubliée : car on ne lui donna même pas à boire et à manger ; on était dans l'après-midi.

Cependant Madeleine se parait et s'asseyait sur un siège élégant à la table du festin tandis que Marthe et sa servante priaient, accablées de tristesse. A la fin du banquet Madeleine sortit et porta quelque chose à Marthe sur une petite assiette qui avait un rebord bleu : elle lui porta aussi à boire. Elle lui parla d'un ton injurieux et méprisant. Il y avait en elle un mélange d'orgueil, d'impudence, de désespoir et de déchirement intérieur [...]

Le jour suivant je la vis occupée a sa toilette. Elle fit appeler Marthe et parla toujours en sa présence avec aigreur et avec arrogance. Marthe la laissa dire, et fit preuve d'une grande patience : elle ne cessait de prier en secret pour qu'elle allât avec elle et devint meilleure. Je vis Madeleine se faire laver et parfumer par ses deux suivantes. Elle était assise sur un siège peu élevé, ayant devant elle un tablier de laine fine qui lui allait jusqu'aux genoux, et sur les épaules et la poitrine un drap de même étoffe, avec une ouverture au milieu pour passer le cou.

Deux servantes étaient occupées à lui laver les pieds et les bras et à verser sur elle de l'eau parfumée. Ses cheveux partagés en trois et rejetés derrière les oreilles et sur la nuque, furent aussi lissés, peignés, parfumés et tressés. Elle mit ensuite une tunique de laine extrêmement fine, un justaucorps vert semé de grandes fleurs jaunes (j'en ai un morceau), et encore par là-dessus une robe plissée. Elle portait sur la tête un bonnet froncé très élevé qui faisait saillie en avant du front : ce bonnet ainsi que ses cheveux étaient ornés d'une quantité de perles. Elle portait de longs pendants d'oreille. Ses manches, très larges depuis l'épaule jusqu'au coude, étaient étroitement serrées à l'avant-bras par des fermoirs larges et brillants : la robe était plissée. La robe de dessous était ouverte sur la poitrine et était attachée avec des rubans chatoyants. Pendant qu'on l'habillait, elle tenait à la main par le manche un miroir ovale de métal brillant. Un corsage broché d'or, orné de perles et de pierres taillées à facettes, lui couvrait entièrement la poitrine. Sa robe de dessous à manches étroites était recouverte d'un pardessus avec des manches larges et courtes et une longue queue traînante : il était de soie violette chatoyante, broché de grandes fleurs de couleur et d'or. Les tresses de sa chevelure étaient entrelacées de roses de soie brute, de cordons, de perles et d'une étoffe travaillée à jour semblable à de la dentelle. On ne pouvait pas voir les cheveux sous cet amas d'ornements. Tout cela s'élevait et s'avançait autour du visage : Par-dessus cette coiffure elle avait une riche cape d'étoffe fine et transparente qui se relevait par devant, retombait par derrière et s'abaissait le long des joues jusque sur les épaules.

S'étant ainsi parée du haut en bas, elle se montra à Marthe qui fut obligée de l'admirer. Elle déposa ensuite une partie de ces atours et s'enveloppa d'un manteau de voyage. Ses suivantes furent chargées d'empaqueter ses habits et les attachèrent sur le des de la bête de somme qu'elle-même monta pour se rendre à Azanoth avec son cortège. Marthe la quitta, accompagnée de sa suivante. Elles allèrent à pied aux bains de Béthulie." (sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Volume4/chapitr6.html)

Voici une description vestimentaire de l'époque absolument unique. Marie-Madeleine ne ressemble pas à une prostituée mais à une femme riche et coquette qui se consacre à des mondanité diverses. Ses fréquentations l'encouragent malheureusement à l'orgueil et au mépris des plus pauvres.

La Tradition chrétienne affirme que Marie Madeleine est venue en France et qu'elle a fini ses jours à la Sainte Baume. Peut-on en savoir plus ?

 

 

MARIE MADELEINE A LA SAINTE BAUME DANS "LA LEGENDE DOREE"

"Après l'ascension du Seigneur, la quatorzième année après la Passion, les disciples se répandirent dans les diverses contrées pour y semer la parole divine; et saint Pierre confia Marie-Madeleine à saint Maximin, l'un des soixante-douze disciples du Seigneur. Alors saint Maximin, Marie-Madeleine, Lazare, Marthe, Martille, et avec eux saint Cédon, l'aveugle-né guéri par Jésus, ainsi que d'autres chrétiens encore, furent jetés par les infidèles sur un bateau et lancés à la mer, sans personne pour diriger le bateau. Les infidèles espéraient que, de cette façon, ils seraient tous noyés il la fois. Mais le bateau, conduit par la grâce divine, arriva heureusement dans le port de Marseille. Là, personne ne voulut recevoir les nouveaux venus, qui s'abritèrent sous le portique d'un temple [...]

III. Cependant sainte Marie-Madeleine, désireuse de contempler les choses célestes, se retira dans une grotte de la montagne, que lui avait préparée la main des anges, et pendant trente ans elle y resta à l'insu de tous. Il n'y avait là ni cours d'eau, ni herbe, ni arbre; ce qui signifiait que Jésus voulait nourrir la sainte des seuls mets célestes, sans lui accorder aucun des plaisirs terrestres. Mais, tous les jours, les anges l'élevaient dans les airs, où, pendant une heure, elle entendait leur musique; après quoi, rassasiée de ce repas délicieux, elle redescendait dans sa grotte, sans avoir le moindre besoin d'aliments corporels [...]

Et Maximin raconte lui-même, dans ses écrits, que le visage de la sainte, accoutumé à une longue vision des anges, était devenu si radieux, qu'on aurait pu plus facilement regarder en face les rayons du soleil que ceux de ce visage. Alors l'évêque, ayant rassemblé son clergé, donna à sainte Marie-Madeleine le corps et le sang du Seigneur; et, aussitôt qu'elle eut reçu la communion, son corps s'affaissa devant l'autel et son âme s'envola vers le Seigneur. Et telle était l'odeur de sa sainteté, que, pendant sept jours, l'oratoire en fut parfumé. Saint Maximin fit ensevelir en grande pompe le corps de la sainte, et demanda à être lui-même enterré près d'elle, après sa mort." (La légende dorée, Editions du Seuil, 1998)

Jacques de Voragine confirme avec beaucoup de détails le voyage de Marie Madeleine dans le sud de la France et son séjour dans une grotte des environs.

 

 

LE TEMOIGNAGE D'ANNE CATHERINE EMMERICH SUR CETTE "LEGENDE"

 



" Exil de Lazare et de ses sœurs dans les Gaules.

Trois ou quatre ans après l'Ascension, les apôtres se trouvèrent réunis ensemble à Jérusalem. Dès les premiers temps, ils avaient réglé tout ce qui a rapport au corps de l'Eglise. Alors éclata à Jérusalem une persécution contre Lazare et ses sœurs. Marthe et lui furent jetés en prison par les Juifs.
Madeleine, ayant voulut les visiter pendant la nuit fut également arrêtée. Avec Lazare et ses deux sœurs furent aussi emmenés un jeune homme nommé Maximin, Marcelle, servante de Madeleine, et la servante de Marthe. Ils étaient sept: trois hommes et quatre femmes.

Après les avoir accablés de mauvais traitements, les Juifs les firent monter dans une méchante barque faisant eau de toutes parts, et n'ayant ni voiles ni gouvernail. Elle fut amarrée à un grand vaisseau, qui l'abandonna après l'avoir remorquée en pleine mer. Tandis que Lazare et ses compagnons priaient et chantaient des cantiques, je vis la barque aborder sur le rivage de la Gaule, dans un lieu où les vagues venaient baigner doucement la plage. Ils descendirent à terre, et abandonnèrent leur esquif à la merci des flots. Leur voyage s'était fait avec une vitesse miraculeuse.

Je les vis arriver dans la grande ville de Massilia (1). On les laissa passer, et l'on se contenta de les regarder, sans leur faire aucun mal. On célébrait alors la fête d'une idole, et je vis les sept étrangers s'asseoir sur la place publique, sous le péristyle d'un temple. Ils demeurèrent là longtemps; enfin Marthe la première adressa la parole au peuple qui s'était rassemblé autour d'eux. Elle raconta les circonstances de leur voyage, et parla de Jésus avec beaucoup de vivacité et d'émotion. Bientôt la foule voulut les forcer à se retirer, et leur jeta des pierres, mais qui ne les atteignirent pas, et ils restèrent là tranquillement assis à la même place jusqu'au lendemain matin. Les autres aussi s'étaient mis à haranguer la multitude, et plusieurs leur témoignaient de la sympathie [...]

Madeleine se retira seule, loin de la ville, dans un désert; elle demeurait dans une caverne presque inaccessible, où elle se livrait à une rude pénitence. Je l'ai vu, plusieurs fois, aller à moitié chemin de sa retraite, à la rencontre de Maximin qui lui apportait la sainte communion.
Sa grotte était située dans une montagne sauvage dont les sommets faisaient de loin l'effet de deux tours penchées. La grotte était soutenue par des piliers naturels, et l'on voyait dans les parois des trous où l'on pouvait placer divers objets. Il s'y trouvait un autel de gazon surmonté d'une grande croix, formée naturellement par des branches qui avaient poussé là; une couronne était suspendue au milieu. La couche de Madeleine n'était pas au milieu de la grotte, mais de côté, dans une paroi du rocher, où elle l'avait taillée elle-même. Il était difficile de la trouver.

Elle mourut peu de temps avant Marthe, et je la vis étendue sur sa couche, couverte d'un vêtement de feuilles; elle tenait une croix entre ses bras croisés sur la poitrine. Elle n'était pas maigre, et avait plutôt de l'embonpoint. Sa peau seulement s'était brunie et durcie par les intempéries de l'air. Je vis arriver deux ermites partant des bâtons entre lesquels une grande couverture était assujettie avec des cordes. Ils enveloppèrent décemment le saint corps et le portèrent assez loin de là au couvent de Marthe.

J'ai vu une église bâtie par saint Maximin au-dessus de la grotte. On y conservait des reliques de Madeleine: sa tête, à laquelle il manquait une mâchoire, mais où il restait encore un peu de chair d'un côté, un de ses bras, des cheveux, et une fiole avec de la terre. "

(1) C'est le nom latin de Marseille. (VNSJC3 page 481-485)

La description de la grotte et de ses environs est étonnamment détaillée. La description des reliques de Sainte Marie Madeleine l'est tout-autant. Si le crâne, un lambeau de chair non putréfiée et une mèche de cheveux sont des reliques reconnues, le bras n'est pas mentionné. A-t-il disparu plus tard ?

Finalement Anne Catherine Emmerich , mystique d'origine prussienne (Westphalie), nous confirme, par ses visions, une tradition provençale très ancienne qui passerait facilement pour une "belle légende" propre à faire rêver. Elle ne connaît probablement pas en détail cette histoire. Elle nous raconte ce qu'elle voit sans intention particulière. Pourtant ce qu'elle voit est très détaillé visuellement, très proche de la tradition sans y être pour autant calqué. C'est un témoignage significatif qui conforte la confiance que nous pouvons placer dans les traditions chrétiennes de notre région.

 

 

L'Evangile provençal sur le site de Jacques Atlan

http://www.philosophie-j-atlan.net

 

OU SONT CONSERVEES LES RELIQUES DE MARIE MADELEINE ?

Dans son roman "Da Vinci code", Dan Brown révèle leur localisation à Paris, dans le musée du Louvre.

Plus sérieusement, le guide touristique Gallimard cite les villes de Vézelay et de Saint-Maximin. Que s'est-il passé et où sont-elles ?

Reliquaire de Saint-Maximin (# Photo extraite de "Qui était Marie Madeleine", réalisé par Jens-Peter Behrend arte - ZDF 2005)

Concernant Vezelay, Jacques de Voragine témoigne ainsi dans "la légende dorée":

" IV Au temps de Charlemagne, Girard, duc de Bourgogne, désolé de ne pouvoir pas avoir un fils, faisait de grandes charités aux pauvres, et construisait nombre d'églises et de monastères. Lorsqu'il eut ainsi construit le monastère de Vézelay, l'abbé de ce monastère, sur sa demande, envoya à Aix un moine avec une escorte, afin qu'il essayât, si la chose était possible, de ramener de cette ville le corps de sainte Madeleine. Le moine, en arrivant à Aix, vit la ville détruite de fond en comble par les païens; mais un heureux hasard lui permit de découvrir un tombeau de marbre qu'il supposa être celui de la sainte: car toute l'histoire de celle-ci y était sculptée. La nuit suivante, donc, le moine ouvrit le tombeau, prit les ossements qui s'y trouvaient, et les rapporta à son hôtellerie. Et, dans cette même nuit, sainte Madeleine, lui apparaissant en rêve, lui dit d'être sans crainte et de poursuivre son œuvre. Le moine s'en retourna vers son monastère avec les précieuses reliques; mais, quand il arriva à une demi-lieue du monastère, ni lui ni ses compagnons ne purent faire avancer davantage les reliques jusqu'à ce que l'abbé fût venu au-devant d'elles, et les eût fait solennellement conduire en procession." (La légende dorée, Editions du Seuil, 1998)

Les reliques de Marie Madeleine auraient donc été transportées d'Aix-en-Provence vers Vézelay au temps de Charlemagne. Quelles sont donc les reliques que l'on trouve à Saint-Maximin ?

 

 

 

L'histoire des reliques de Marie Madeleine
à partir du site Internet

http://www.marie-madeleine.com/saintebaume.html


"Il existait une forte rivalité entre Vézelay et Saint-Maximin. A Vézelay, on prétendait aussi posséder les reliques de sainte Madeleine. Au XIII ème siècle, on disait même que ces reliques venaient de la crypte de Saint-Maximin. Girard de Roussillon serait venu les prendre au temps des sarrasins, sous Lothaire, pour les emmener à l'abbaye de Vézelay.

Le 9 décembre 1279, Charles II, prince de Salerne, neveu de saint Louis, futur comte de Provence et roi de Sicile entreprend des fouilles à Saint-Maximin. Le père Gavoty dit que sainte Madeleine fit connaître au prince l'endroit où reposaient les reliques, "...dans un champs voisin de Villelate, là même on trouverait une plante de fenouil toute verdoyante."

Charles creusa, aidé de terrassiers, déblaya la crypte et mit à jour les sarcophages. L'un d'eux était celui de saint Sidoine. Charles ordonna de l'ouvrir. Une merveilleuse odeur s'échappa du tombeau. Il se pencha pour regarder à l'intérieur, puis le fit refermer et le scella de son sceau. Pour lui, pas de doute, c'était le corps de sainte Marie-Madeleine qu'il venait de découvrir.

Le 18 du même mois, soit 9 jours plus tard, en présence d'un grand nombre de prélats, de gentilshommes et des archevêques d'Arles et d'Aix, Charles fit rouvrir le tombeau et procéda à l'inventaire.

Donc, on rouvrit le sarcophage. Valuy nous raconte: "Lorsqu'on ouvrit le tombeau, il se répandit une suave odeur de parfum comme si l'on eut ouvert un magasin d'essences aromatiques; tous les assistants attirés par ces merveilleuses émanations se précipitèrent, et reconnurent à ce premier prodige, celle qui avait embaumé Jésus..."

"La langue, au milieu des ossements arides de ce corps et malgré l'absence de l'os maxillaire inférieur, fut trouvée sans corruption, desséchée mais inhérente au palais, et il en sortait un rameau de fenouil verdoyant; tous considérèrent à l'aise ce second prodige" Etc.

La main du prince rencontra un objet dans la poussière du tombeau. C'était un très vieux morceau de liège qui se brisa sous ses doigts. Une petite feuille de parchemin s'en échappa. Une inscription latine y était encore visible, mais difficilement déchiffrable:
"L'an de la nativité du Seigneur 710, le sixième jour du mois de décembre, sous le règne d'Eudes très pieux roi des Francs, au temps des ravages de la perfide nation des Sarrasins, le corps de la très chère et vénérable Marie-Madeleine a été très secrètement et dans la nuit transféré de son sépulcre d'albâtre dans celui-ci, qui est de marbre, et d'où l'on a retiré le corps de Sidoine, afin qu'il y soit plus caché et à l'abri de ladite perfide nation."

Le roi Eudes cité dans l'inscription est supposé être Eudes d'Aquitaine, puisqu'il n'y eut pas de roi de France de ce nom en 710. Cet écrit est plus que douteux. Il a d'ailleurs disparu quelques siècles plus tard quand la science a commencé à le contester.

Et on referma le couvercle, encore une fois et on y apposa les sceaux.

Le 6 mai 1280, Charles convoque les mêmes et on ouvre à nouveau le tombeau, cette fois pour prélever les ossement de la sainte et les enfermer dans différents reliquaires, et là, surprise! L'on trouva dans le tombeau cette autre inscription qu'on eut beaucoup de mal à déchiffrer: "Ici repose le corps de Madeleine" .

Bernard Gui, qui était présent, ajoute que la seconde inscription avait été trouvée enfermée dans un globe de forme ronde (sic !) enduit de très vieille cire, qui la mettait à l'abri de l'air.

Que de cafouillages et de rebondissements! Retrouver un deuxième parchemin alors qu'un inventaire méticuleux des reliques avait été fait 5 mois plus tôt! Nous avons d'ailleurs beaucoup de mal à croire que le sarcophage fut clos tout ce laps de temps.

Pourquoi les ossements de Marie-Madeleine se trouvaient-ils dans le tombeau de saint Sidoine? La raison en est simple: avant l'arrivée des sarrasins, les cassianites craignant fort pour les reliques de leur sainte, transportèrent celles-ci dans le sarcophage de Sidoine et les restes de ce dernier furent placé dans le tombeau d'albâtre. Quand Girard de Roussillon vint prendre les reliques de la sainte, ce fut celles de Sidoine qu'il emporta à Vézelay! Ainsi St-Maximin détenait toujours les reliques de Madeleine. Quant à Vézelay..."

Ce site Internet, très documenté, donne de nombreuses précisions très précieuses sur l'identification des reliques de Marie Madeleine au XIIIe siècle. Les reliques de Marie Madeleine et de Sidoine auraient été échangées provoquant ainsi une confusion qui perdure encore aujourd'hui.

Le morceau de chair incorruptible ne serait pas un lambeau sur le front mais la langue ?
Le guide Gallimard ou Jacques de Voragine semblent moins bien renseignés que l'auteur du site internet. D'ailleurs, rien dans les Evangiles ne permet de dire que Jésus ait pu toucher plus particulièrement le front de Marie-Madeleine (Matthieu 28 :9 et Jean 20 :17)

Basilique Sainte Marie Madeleine de Vézelay #

Salle du reliquaire dans la crypte #

Détail de la relique d'une côte attribuée à Marie Madeleine #

(# Photos extraites de "Qui était Marie Madeleine", réalisé par Jens-Peter Behrend arte - ZDF 2005)

 

Da Vinci Code, et si c'était vrai ?

Pour en savoir plus sur les propos de Dan Brown concernant Marie Madeleine dans son best seller

 

 

Petite visite de la Sainte Baume

(photos réalisées lors des chemins de Croix, les 14 avril 2006, 6 avril 2007 et 10 avril 2009)

Vue panoramique du massif de la Sainte Baume

Détail de la paroie rocheuse au niveau de la grotte.

Ascension par le chemin des rois

Porte d'accès à la sainte grotte

Représentation de la crucifixion de Jésus et des larrons avant la grotte.

Entrée de la grotte

Pietà face à l'entrée

Vitraux de l'entrée vus de l'intérieur de la grotte

Vue panoramique de la partie droite de la grotte

Vue panoramique face à l'autel de la grotte

Vue panoramique de la partie gauche de la grotte

Reliquaire dans la grotte

Vue panoramique depuis la grotte

Représentation de Marie-Madeleine évangélisant des pécheurs marseillais (chapelle de l'hôtellerie)

 

 

 

Venez à la découverte de Sainte Marie Madeleine

Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre

Hôtellerie de la Sainte Baume

83640 PLAN D'AUPS - SAINTE BAUME

Tél. 04 42 04 54 84 - Fax 04 42 62 55 56

http://www.hotellerie-saintebaume.com/

lien complémentaire : http://www.saintebaume.dominicains.com/

 

 

Le documentaire de Jens-Peter Behrend

Il faut remarquer, parmi la quantité de documentaires produits sur Marie Madeleine à la suite du Da Vinci code, celui diffusé sur arte le 17 avril 2006 :

"Qui était Marie Madeleine", réalisé par Jens-Peter Behrend arte - ZDF 2005

Contrairement à beaucoup d'autres, il est bien mieux documenté. Il site les lieux de Saint-Maximin, la Sainte-Baume et Vézelay et, cerise sur le gâteau, témoigne des visions d'Anne Catherine Emmerich concernant Marie Madeleine. C'est le plus sérieux qu'il nous ait été donné de voir à ce jour.

 

 

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Joanna Sadkiewicz (c2004)

" Et moi je suis morte, je ne suis qu'un esprit; autrement je ne pourrais voir ces choses, car elles n'existent pas maintenant, et cependant maintenant elles existent. Mais cela n'existe pas dans le temps; en Dieu il n'y a pas de temps, en Dieu tout est présent ; je suis morte, je suis un esprit. " (Anne Catherine Emmerich)