QUI ETAIT ANNE CATHERINE EMMERICH ?

La plus grande visionnaire de tous les temps

 

Ses rapports avec la Révolution française

 

Anne Catherine Emmerich avait presque 15 ans alors qu'éclate la Révolution française avec la prise de la Bastille le 14 juillet 1789.

La monarchie est renversée le 10 août 1792. Le roi de France Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, leurs enfants et leurs proches sont emprisonnés à la prison du Temple. Le roi et la reine y resteront jusqu'à leurs exécutions respectives le 21 janvier et le 16 octobre 1793.

C'est au cours de cette détention, alors qu'Anne Catherine a 18 ans et vit à Coësfeld en Westphalie, que leurs destins vont se croiser.

 

Karl Erhard Schmöger (1819-1883)

Le père K. E. Schmoeger a compilé toute une série de témoignage sur Anne Catherine Emmerich (1774-1824). La vie de cette mystique stigmatisée est ainsi dévoilée par ses contemporains. Voici ce que l'on peut lire dans : Vie d'Anne Catherine Emmerich - Tome1.

"14. Ces visions furent particulièrement variées et effrayantes lors de l'explosion de la révolution française. Anne Catherine fut conduite en esprit dans la prison de Marie Antoinette, reine de France, et elle eut à demander pour elle force et consolation. L'impression qu'elle en ressentit fut si vive qu'elle raconta à ses parents et à ses frères et sœurs la détresse de la reine, les exhortant à prier avec elle pour cette infortunée princesse. Mais ils ne comprirent pas ce qu'elle voulait dire par là, traitèrent ses paroles de rêveries et lui donnèrent à entendre que, pour aller ainsi partout et voir tout, il fallait être une sorcière. Ces propos inquiétèrent tellement Anne Catherine qu'elle alla se confesser et ne put être tranquillisée que par son confesseur. Il lui fallut assister en esprit à beaucoup d'exécutions afin de porter par sa prière aide et consolation aux mourants, particulièrement au roi Louis XVI. « Quand je vis ce roi et beaucoup d'autres, » racontait-elle, « souffrir la mort avec tant de résignation, je me disais toujours : Ah ! il est bon pour eux d'être retirés du milieu de ces abominations. Mais, quand je parlais de cela à mes parents, ils croyaient que j'avais perdu la tête. J'étais souvent à genoux, priant et pleurant afin que Dieu voulut bien sauver telles et telles personnes que je voyais en grand danger, et j'ai vu et appris par l'expérience comment des périls menaçants et encore éloignés peuvent être détournés par la prière constante en Dieu». (p27 et sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume1/Chapitre2.htm)

Qu'il est touchant de voir Anne Catherine prier et pleurer pour les victimes des tribunaux révolutionnaires. 1793 marquera aussi une déchristianisation partielle de la France (calendrier révolutionnaire, suppression d'institutions religieuses, persécution culte révolutionnaire de la Raison, remplacement des fêtes traditionnelles par des fêtes révolutionnaires...)


Anne Catherine est ainsi confrontée aux horreurs de la révolution française et assiste par ses prières de nombreuses victimes.

 

Anne Catherine priait avec beaucoup de compassion pour les âmes du purgatoire. Elle "voyageait" avec son conducteur dans le séjour des morts et voici ce que l'on peut lire à propos de l'âme d'une grande dame de Paris dans : Vie d'Anne Catherine Emmerich - Tome3.

"13 juillet 1821 . « J'ai vu la vie de sainte Marguerite. Son père était un prêtre des idoles d'Antioche, riche et considéré [...] Après cela j'eus encore une vision horrible. Je ne savais pas au commencement comment elle se rattachait à cette sainte. Je vis un énorme pourceau, d'un aspect effrayant, qui sortait d'un profond bourbier. Je tremblai et je frissonnai. C'était l'âme d'une grande dame de Paris qui me dit qu'il n'y avait pas à prier pour elle, qu'on ne pouvait pas la secourir, qu'elle était obligée de se rouler dans ce cloaque jusqu'à la fin du monde, mais elle me demanda de prier pour sa fille afin que celle-ci se convertit et ne fût pas cause d'autant de mal qu'elle-même l'avait été. J'eus la vision de sainte Marguerite dans une petite chapelle de Paris, dernier reste d'une abbaye détruite. Il s’y trouve une portion du bras et du crâne de la sainte. Lorsque j'eus vénéré ces ossements, je vis l’âme de la dame et un tableau de sa vie. Son tombeau n'est pas éloigné de la chapelle. Elle était d'un rang très-élevé et fit beaucoup de mal pendant la Révolution : elle fut cause que plusieurs prêtres furent mis à mort. Avec tous ses vices, elle avait conservé depuis sa jeunesse une certaine vénération pour sainte Marguerite et elle empêcha la destruction de la chapelle de la sainte : c’est pourquoi elle obtint par son intercession la grâce de pouvoir demander des prières pour sa fille et empêcher par là chez celle-ci la continuation de ses propres péchés. Je vis cette fille mener la vie du grand monde : elle était affiliée aux partis les plus mauvais et les plus dangereux du pays." (p56 et sur le site http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Vie/Volume3/Chapitre11.htm)

 

 

Voici un extrait de Wikipédia concernant l'église sainte Marguerite:

"Le 29 octobre 1624, Jean de Vitry, seigneur de Reuilly fait donation à Antoine Fayet, curé de Saint-Paul, d'un terrain pour y bâtir une chapelle dédiée à Marguerite d'Antioche. Après avoir été église succursale de l'église Saint-Paul en 1634, cette chapelle devient église paroissiale en 1712 [...]

Pendant la Révolution française, les corps de trois cents personnes guillotinées sur la place de la Bastille et sur la place de la Nation sont enterrés dans le cimetière de l'église Sainte-Marguerite.

Selon une légende, Louis XVII aurait été inhumé dans ce cimetière après sa mort à la prison du Temple. Le 10 juin 1795, une enfant mort au donjon du Temple y est en effet inhumé, sans service religieux. Des exhumations réalisées en 1846 et 1894, confirmées par des fouilles en 1979, mettent à jour les restes d'un jeune homme de 15 à 18 ans ; Louis XVII était âgé de 10 ans au moment de sa mort. Malgré ces démentis, une plaque commémorative posée sur le mur de l'église affirme toujours que « l'enfant mort au Donjon du Temple » y a été inhumé en 1795. La dépouille et la pierre tombale se trouvent toujours au même endroit qu'en 1795, contre le mur de la chapelle des Ames-du-Purgatoire."

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Marguerite_(Paris)

 

Le témoignage d'Anne Catherine n'est pas très détaillé. Néanmoins il existe une oeuvre peu connue de l'abbé Edgeworth de Firmont (1745-1807) qui assista Louis XVI depuis la veille de son exécution jusqu'à l'échafaud: "Le dernier confident de Louis XVI" (M. V. Woodgate - Editions Pierre Téqui http://www.librairietequi.com/)

En voici quelques extraits des heures qui précèdent le matin de l'exécution. Ce témoignage est historiquement exceptionnel:

" [20 janvier 1793] Une escorte de chevaux attendait à la porte la voiture du ministre où je pris place [...] Tout le clergé de Paris était alors vêtu comme l'étaient les simples citoyens, si bien que je ne portais pas mon habit ecclésiastique [...]

Notre parcours, jusqu'au Temple, s'effectua dans un silence lugubre. Deux ou trois fois, cependant, le ministre tenta de le rompre. Il leva les vitres de la voiture et s'exclama, 'Grands dieux, de quelle affreuse mission suis-je chargé! Quel homme, ajouta-t-il, en parlant du Roi; quelle résignation! Quel courage! Non! La seule nature humaine ne peut donner une telle force de caractère, il y a quelque chose en-dehors d'elle!' [...]

Nous arrivâmes au Temple dont la première grille s'ouvrit immédiatemment devant nous [...] Nous attendîmes les commissaires près d'un quart d'heure sans dire un mot [...] Nous traversâmes le jardin jusqu'à la tour [...] La porte de la tour, bien que très étroite et très basse, s'ouvrit avec un bruit terrible. Elle était chargée de verrous et de barres de fer. Nous passâmes par une pièce pleine de gardes, dans une autre salle plus grande dont la forme montrait qu'elle avait été une chapelle. Les commissaires de la Commune, qui avaient la garde du Roi, étaient assemblés et je ne pus découvrir dans leur contenance l'embarras et la consternation que j'avais observé chez les ministres. Ils étaient douze au moins, la plupart vêtus comme des Jacobins [...]

le plus agé des commissaires s'approcha de moi d'un air poli [...] ce préambule voulait annoncer que j'allais être fouillé, aussi je prévins la suite en lui disant que, puisque la réputation de Monsieur de Malesherbes ne pouvait le dispenser de cette formalité, je ne pourrais pas me flatter de voir consentir, en venat au temple, une exception en ma faveur [...]

Ils me firent passer par un escalier en colimaçon, si étroit que deux personnes pouvaient à peine se dépasser. Des barrières étaient placées à certains intervalles en travers des marches, et à chaque barrière se tenait une sentinelle. Ces hommes étaient de vrais sans-culottes, et presques tous ivres [...]

Lorsque nous atteignîmes l'appartement du Roi, toutes les portes étaient ouvertes; je l'apperçus au millieu d'un groupe de huit à dix personnes. Celles-ci comprenaient le ministre de la Justice accompagné de quelques membres de la Commune; ils étaient venus lui lire le décret fatal, la sentence qui 'le condamnait à mourir le lendemain même'. Il était calme et tranquille, avec un air de bénignité, alors qu'aucun de ceux qui l'entouraient n'avait pris la peine d'adopter l'attitude qui convenait.

Aussitôt qu'il me vit, il leur fit de la main signe de se retirer. Ils obéirent en silence. Lui-même ferma la porte derrière eux, et je me trouvai seul à seul avec mon Souverain [...] je tombai à ses pieds sans pouvoir proférer une parole. Ceci le toucha plus que le décret qu'il venait d'entendre. Il ne répondit à mes larmes que par les siennes, mais bientôt, reprenant toute sa fermeté: 'Pardonnez-moi, dit le Roi, pardonnez-moi, Monsieur, un moment de faiblesse, si l'on peut dire. Depuis longtemps j'ai vécu au millieu de mes ennemis et l'habitude m'a en quelque sorte familiarisé avec eux; mais lorsque je me trouve en présence d'un sujet fidèle, c'est pour moi un tel contraste, qu'en dépit de mes plus grands efforts, je me laisse aller à mon émotion'.

En disant ces mots, il me releva avec bonté et me fit entrer dans son cabinet afin de pouvoir parler plus librement car, de sa chambre, on entendait tout ce qu'il disait. Ce cabinet se trouvait dans une des tourelles du temple. Il n'y avait sur les murs ni tableaux ni ornements. Un mauvais poêle servait de cheminée; une table et trois chaises de cuir composait tout l'ameublement. Là, me faisant asseoir près de lui: 'Maintenant, Monsieur, me dit-il, la grande affaire de mon salut est la seule qui doive occuper mes pensées. La seule affaire de réelle importance [...]'

Tout en parlant, il tirait de sa poche un papier cacheté dont il brisa le sceau. C'était son testament qu'il avait rédigé au mois de décembre, alors qu'il doutait qu'une aide religieuse quelconque lui soit accordée à ses derniers moments [... Il le lut] Sa voix était ferme et aucune défaillance ne pouvait être observée dans son attitude, excepté lorsqu'il lut les noms qui lui étaient les plus chers. Alors toute sa tendresse se reveillant, il fut obligé de s'arrêter un moment, et ses larmes coulèrent malgré tous ses efforts pour les retenir [...]

S'apercevant à la fin de sa lecture que la famille royale n'était pas encore annoncée, le Roi s'empressa de me demander quelle était la siuation de son clergé et de l'Eglise de France. Il la connaissait un peu en dépit de la rigueur de la dentention. Il savait que, d'une manière générale, les ecclésiastiques français avaient été obligés de fuir leur pays et avaient été reçus à Londres, mais il ignorait entièrement tous les détails [...]

Cette conversation si intéressante fut interrompue par l'un des commissaires qui vint annoncer au Roi que sa famille était descendue et qu'il était enfin autorisé à la voir. A ces mots, il parut extrêment agité et me quitta précipitamment [...] Moi-même, bien que je sois resté enfermé dans le cabinet où le Roi m'avait laissé, je pouvais aisément distinguer leur voix et je fus invilontairement témoin de la scène la plus déchirante qu'il m'ait jamais été donné d'entendre [...] Non seulement des larmes furent répandues, non seulement des sanglots frappèrent mes oreilles, mais encore des cris perçants qui furent entendus de la cours extérieure du Temple. Le Roi, la Reine, Monsieur le Dauphin, Madame Elisabeth, Madame Royale, tous se lamentaient à la fois, et leurs voix se confondaient. A la fin, leurs larmes cessèrent, car leurs forces étaient épuisées. Ils parlèrent à voix basse et avec un certain calme.

La conversation dura près d'une heure [...] Il revint immédiatement vers moi, mais dans un état d'agitation qui montrait qu'il était bléssé jusqu'à l'âme.

'Oh! Monsieur!, s'écria-t-il, en se laissant tomber sur une chaise, quelle entrevue j'ai dû subir! Pourquoi faut-il que j'aime si tendrement, et pourquoi faut-il que je sois si tendrement aimé? Mais c'est fini. Oublions tout cela afin que je tourne mes pensées vers la seule chose qui compte désormais [...]

Je résolus de trouver le moyen d'administrer les sacrements à Sa Majesté, quelque risque qui doive en résulter pour moi, puisqu'il avait été si longtemps privé de les recevoir [...] je manifestai mon désir de me rendre à la salle du Conseil, et là, je formulai ma requête au nom du Roi. Cette proposition, à laquelle les commissaires n'était point préparés, les déconcerta extrêmement et ils cherchèrent différents prétextes pour l'éluder [...]

Un quart d'heure s'écoula, puis je fus de nouveau convoqué dans la salle où le Président m'adressa ainsi la parole: 'Citoyen, ministre de la religion, le Conseil a pris en considération la requête que vous avez faite au nom de Louis Capet et, puisqu'ils estiment que cette requête est conforme à la loi qui déclare que toutes les formes de culte sont admises, ils y consentent [...]

A cinq heures, il se leva et s'habilla comme d'habitude, et je lui donnai mon assistance pendant près d'une heure dans le cabinet où il m'avait reçu la veille. Lorsque je me retirai, je trouvai un autel entièrement préparé dans l'appartement du Roi. Les commissaires avaient exécuté à la lettre tout ce que je leur avais demandé. Ils avaient même fait davantage, car je n'avais demandé que l'indispensable.

Le Roi entendit la messe. Il s'agenouilla à même le sol sans coussin ni prie-Dieu. Il reçu la communion, après quoi je le laissai seul à ses prières. Puis il m'envoya chercher de nouveau et je le trouvai assis près de son poêle; il pouvait à peine se réchauffer.

'Mon Dieu, dit-il, combien je suis heureux de posséder des principes religieux! Sans eux, que serai-je à cette heure? Mais avec eux, combien douce me paraît la mort. Oui, là-haut règne un Juge incorruptible duquel je recevrai la justice qui m'est refusée sur terre.'

L'aube commençait à poindre; les tambours se firent entendre dans tous les quartiers de Paris. On entendit un mouvement extraordinaire dans la tour - il me semblait que le sang se glaçait dans mes veines. Mais le Roi, plus calme que je ne l'étais, après avoir écouté un moment, me dit sans émotion apparente: 'C'est probablement la Garde nationale qui commence à s'assembler'." (pages 82 à 92)

Ce matin du 21 janvier 1793 le Roi Louis XVI était guillotiné.

 

 

 

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Anna Maria von Oer (1898)

" Et moi je suis morte, je ne suis qu'un esprit; autrement je ne pourrais voir ces choses, car elles n'existent pas maintenant, et cependant maintenant elles existent. Mais cela n'existe pas dans le temps; en Dieu il n'y a pas de temps, en Dieu tout est présent ; je suis morte, je suis un esprit. " (Anne Catherine Emmerich)