QUI ETAIT ANNE CATHERINE EMMERICH ?

La plus grande visionnaire de tous les temps

 

MATTHIEU 15:21-28
"Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens"

 

 

 

Evangile : Jésus sauve aussi les païens Mt 15, 21-28 Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. "
Mais il ne lui répondit rien.
Les disciples s'approchèrent pour lui demander : " Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! "
Jésus répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. "
Mais elle vint se prosterner devant lui : " Seigneur, viens à mon secours ! "
Il répondit : " Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens.
- C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. "
Jésus répondit : " Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! "
Et, à l'heure même, sa fille fut guérie."

(http://www.forumreligioncatholique.com/textes-de-la-messe-de-ce-jour-f25/mercredi-4-aout-2010-textes-de-la-messe-de-ce-jour-t8838.htm)

 

"Un accueil surprenant

La réponse de Jésus à la Cananéenne a de quoi dérouter. Pourquoi Jésus la rabroue-t-il, pourquoi la relègue-t-il au rang des "petits chiens"? Sans doute est-ce pour éprouver sa foi, pour en laisser surgir la profondeur et l'intelligence. Car cette étrangère a compris que le salut ne se limite pas au peuple d'Israël. Son insistence et sa grande foi lui obtiennent gain de cause." (Prions en Eglise Août 2010 - Mercredi 4 août 2010)

 

 

 

LE PAGANISME ET JESUS

Cet Evangile est surprenant pour un Chrétien qui n'est pas d'origine juive. La plupart des Chrétiens d'aujourd'hui, dont les ancêtres étaient païens, ont parfois oublié que la Bonne Nouvelle a été adressée principalement au peuple juif. Lorsque Jésus ignore la Cananéenne puis lui fait des reproches (sont-ils justifiés?), cette altercation parait somme toute choquante.

Anne Catherine donne bien des détails sur les circonstances de cet Evangile. Ils permettront, peut-être, d'y voir plus clair.

 

 

 

 

Au fil des centaines de pages relatant ses visions, Anne Catherine Emmerich (1774-1824), mystique stigmatisée, dévoile en toute simplicité les évènements qui jalonnent la vie de Jésus-Christ et de ses contemporains. Elle ajoute aux récits des Evangiles beaucoup de détails inconnus jusque là.

La Syro-phénicienne et sa fille.

" (17 février.) Hier au soir, Jésus et les disciples sont arrivés à Dan ou Laïs, qu'on appelait ici Leschem. En venant de Cadès, ils avaient eu à faire environ quatre lieues, d'abord en descendant, puis en montant. Dan est située à la naissance d'une haute chaîne de montagnes. Près de là, coule une petite rivière dont on a fait passer les eaux à travers la ville. Les maisons y sont disséminées à de grandes distances avec un mélange singulier de monticules, de terrasses et de murs d'espaliers. On dirait un assemblage de maisons de campagne dont chacune a son monde établi autour d'elle, en sorte que les habitations et les jardins se touchent. Tout le monde ici s'occupe de jardinage. On cultive des fruits et des plantes de toute espèce, notamment le calamus, la myrrhe, le baume, le citronnier et un grand nombre de plantes aromatiques. Les habitants en font le commerce avec Tyr et Sidon et en remplissent des paniers d'écorce de jonc ou de roseau qu'on porte à dos d'hommes ou qu'on charge sur des ânes ou des chameaux.

La manière dont la ville est disposée fait que les paiens et les Juifs vivent ici plus mêlés que dans d'autres endroits. Quelque agréable et fertile que soit le pays, il doit pourtant être malsain l'atmosphère y est souvent chargée de brouillards qui descendent des montagnes, et les malades y sont en grand nombre.

Jésus et les disciples enseignèrent dans une hôtellerie à leur usage, qui est au centre de la ville. Les apôtres et les disciples étaient déjà venus ici lors de leur dernière mission, et ils avaient dispose cette hôtellerie. Jésus avait avec lui une trentaine de disciples, les apôtres compris. Plusieurs disciples de Jérusalem et d'autres encore étaient allés chez eux pour leurs affaires ou pour celles de la communauté : d'autres avaient été chargés d'autres missions. Ce matin, ceux des disciples qui étaient déjà venus ici et auxquels les habitants s'étaient adressés à cause de cela, conduisirent Jésus près de divers malades : après quoi les disciples se séparèrent pour se répandre dans la contrée l'alentours.

Pierre, Jean et Jacques restèrent près de Jésus : il alla avec eux dans plusieurs maisons où il guérit des hydropiques, des hypocondriaques, des possédés, un assez grand nombre de lépreux qui n'étaient pas très gravement atteints, des paralytiques et surtout beaucoup d'aveugles et de gens qui avaient des tumeurs aux joues ou ailleurs. Les aveugles et les gens qui avaient des enflures aux membres, étaient en grand nombre ici, notamment parmi les jardiniers et les journaliers.

La cécité était produite par un petit insecte ailé dont il y avait partout de nombreux essaims : il piquait les ouvriers aux yeux, ce qui les rendait promptement aveugles. Jésus leur montra une plante dont les feuilles sont douces au toucher et qui ne croît pas dans le pays ~ il leur dit d'en exprimer le suc et de s'en frotter les yeux pour empêcher l'insecte en question de les piquer. Il leur dit aussi quelque chose sur ce que représentait, dans l'ordre moral, la vertu de cette plante. Les tumeurs qui s'enflammaient, devenaient gangreneuses et causaient la mort, venaient aussi d'un petit insecte que le vent faisait tomber des arbres comme la nielle des blés. Ces insectes, qui sont d'un noir grisâtre, comme des paillettes de fer, se multiplient énormément là où ils tombent et souvent l'air en est obscurci comme par une sombre nuée. Ils se logent sous l'épiderme et causent ensuite une grande enflure. Jésus montra aux habitants un autre insecte avec lequel ils pouvaient se guérir en le mettant sur la tumeur, soit mis en morceaux, soit tout entier. C'était un scarabée assez semblable au cloporte, blanc avec quinze petits points sur le dos : il était plat, gros à peu prés comme un oeuf de fourmi, et pouvait se mettre en boule. Il y a chez nous des insectes semblables, mais d'une autre couleur et marqués d'un moindre nombre de points.

Pendant toutes ces guérisons, à l'occasion desquelles il se formait près de chaque maison un petit rassemblement qui ensuite accompagnait Jésus, le Seigneur fut constamment suivi par une femme âgée, toute courbée d'un côté. C'était une païenne d'Ornithopolis, ville située assez près de Sarepta : elle se tenait humblement à quelque distance de Jésus et implorait fréquemment son assistance. Mais Jésus ne parut pas y faire attention et il s'éloigna d'elle : car il ne guérissait pour le moment que les malades juifs. Un serviteur l'accompagnait portant son bagage. Son costume la faisait reconnaître pour étrangère : elle avait une robe d'étoffe rayée, avec des rubans autour des bras et du cou : elle portait sur la tête un bonnet pointu qui faisait saillie et autour duquel était roulée une draperie rouge ; par dessus tout cela était un voile. Cette femme avait une fille qui était possédée d'un démon impur et elle l'avait quittée depuis un certain temps pour venir ici attendre Jésus. Elle s'y trouvait déjà lorsque les apôtres y étaient venus, il n'y avait pas longtemps. Les apôtres parlèrent d'elle à Jésus plusieurs fois dans la journée. Mais il répondit qu'il n'était pas encore temps, qu'il ne voulait pas donner de scandale, ni guérir les païens avant les Juifs.

Un peu après midi, Jésus, avec Pierre, Jacques et Jean, alla dans la maison d'un vieillard qui était l'un des anciens de la communauté juive : c'était un homme riche et dont les sentiments étaient excellents. Il avait des relations d'amitié avec Lazare et Nicodème, et il était partisan secret de Jésus et des siens [...] Il ne resta pas longtemps là, car le peuple avait appris où il était et se rassemblait autour de la maison et dans l'avant-cour.

Il était à peu prés trois heures après midi, quand Jésus alla dans la cour et dans les jardins de la maison, et bientôt tout fut rempli de malades sur son chemin. Il guérit et enseigna pendant plusieurs heures entre des terrasses en maçonnerie qui soutenaient les jardins. La femme païenne attendait déjà depuis longtemps, se tenant à distance. Mais Jésus n'alla pas du côte où elle était et elle n'osa pas s'approcher. Seulement elle criait de temps en temps, comme elle l'avait déjà fait précédemment : " Seigneur, fils de David, ayez pitié de moi! Ma fille est tourmentée par un esprit impur ". Les disciples engagèrent Jésus à lui venir en aide. Mais il leur dit : " Je ne suis envoyé que pour les brebis égarées d'Israël ". Cependant la femme se rapprocha, entra dans la salle et se jeta aux pieds de Jésus, lui disant : " Seigneur, secourez-moi " !, Jésus répondit : " Laissez d'abord les enfants se rassasier. Il ne convient pas de retirer le pain aux enfants pour le jeter aux chiens ". Mais la femme continua à l'implorer et répondit : " Il est vrai, Seigneur! Mais les petits chiens aussi mangent, sous la table de leur maître, les miettes que les enfants laissent tomber ". Alors le Seigneur lui dit : " Femme votre foi est grande! à cause de cette parole soyez exaucée " !

Il lui demanda si elle ne voulait pas aussi être guérie, car elle était toute courbée d'un côté : mais elle ne s'en jugea pas digne et demanda seulement pour sa fille. Alors Jésus lui mit une main sur la tête, l'autre sur le côté, et lui dit : " Redressez-vous! Qu'il vous soit fait comme vous voulez! le démon est sorti de votre fille ". Là-dessus, cette femme se redressa de toute sa hauteur ; elle était grande et élancée : elle garda le silence quelques instants, leva les mains au ciel et s'écria : " Seigneur, je vois ma fille en pleine santé reposer paisiblement sur son lit ". Elle était comme hors d'elle-même, tant sa joie était grande, et Jésus se retira avec ses disciples.

Il y eut plus tard un repas chez le Nazaréen : il s'y trouvait des Lévites de Cadès, ainsi que tous les apôtres et disciples qui étaient revenus à l'hôtellerie. Ce fut un repas splendide comme on n'en avait pas vu depuis longtemps : de larges distributions furent faites aux pauvres par les disciples. Jésus revint tard à son logis. Hier et aujourd'hui, il y avait fête de la nouvelle lune.

(15 février.) Ce matin, je vis Jésus guérir dans une salle ouverte, soutenue par des colonnes, où se tient ordinairement le marché. La femme guérie hier était encore là, se tenant à quelque distance avec toute sa suite : car beaucoup de personnes étaient venues d'Ornithopolis avec elle. De ce nombre était un de ses parents qui était paralysé du bras droit, et sourd et muet : il n'était plus jeune. La femme pria Jésus de le guérir, et lui demanda en outre de vouloir bien venir dans leur pays, afin qu'ils dussent lui témoigner leur gratitude.

Jésus emmena l'homme a l'écart hors de la foule. Il posa la main sur le bras paralysé, fit une prière et tira à lui ce bras qui se trouva guéri. Ensuite, il lui mit un peu de salive dans les oreilles, et lui dit de porter à sa langue la main qui venait d'être guérie. Le malade comprit parfaitement et fit ce qu'il lui disait Jésus leva les yeux au ciel et pria, et l'homme, s'étant redressé, lui adressa la parole pour le remercier. Jésus revint avec lui vers le peuple qui se pressait en foule : mais cet homme se mit à tenir des discours surprenants et prophétiques. Il se prosterna aux pieds de Jésus et lui rendit grâces, puis se tournant vers les paiens et les Juifs, il proféra des menaces contre Israël, nomma les uns après les autres les lieux où Jésus avait fait des miracles, parla de l'endurcissement des Juifs et dit : " La nourriture dont vous ne voulez pas, vous enfants de la maison, nous autres qui étions rejetés, nous la recueillons ; nous en vivrons pleins de reconnaissance, et aux miettes que nous ramassons viendra s'ajouter tout ce que vous laissez perdre du pain céleste " ! Il parla avec tant d'enthousiasme dit des choses si surprenantes, qu'il y eut une grande émotion parmi le peuple.

Alors Jésus, s'étant dérobé à grand peine, quitta la ville : il retrouva les disciples et les apôtres au pied des montagnes qui sont à l'ouest de Leschem. Ils arrivèrent en gravissant péniblement jusqu'à un sommet inaccessible. C'était un lieu très retiré où il y avait une caverne spacieuse dont l'intérieur était fort propre et où des bancs étaient taillés dans la pierre : ces montagnes sont pleines de grottes semblables sur ce versant et sur le versant opposé. Elles ont autrefois servi d'habitations : maintenant ce sont des lieux de repos pour les voyageurs. Ils ont bien fait deux lieues pour arriver jusque là, et ils y ont passé la nuit.
Jésus donna des instructions aux apôtres et aux disciples sur les différentes formes à observer pour opérer la guérison des différentes maladies : car ils lui avaient demandé pourquoi il avait prescrit au muet de mettre sa propre main dans sa bouche et pourquoi il l'avait emmené à l'écart. Il leur donna des explications à ce sujet : il enseigna encore sur la prière, et loua la femme païenne qui n'avait cessé de prier pour arriver à connaître la vérité et non pour obtenir des biens temporels. Ils avaient emporté avec eux quelques aliments. Pendant la nuit, ils se levèrent à plusieurs reprise pour prier.

(19 février.) Jésus prit un peu de repos dans la grotte avec les disciples. On jouissait ici d'une très belle vue sur la vallée et sur Saphet : on avait au-dessous de soi des villes nombreuses, de petites rivières et le lac Mérom.

Jésus donna ici ses instructions aux apôtres et aux disciples sur tout ce qu'ils avaient à observer lors de leur prochaine mission. Maintenant, au commencement du prochain voyage qui se fera en pays paien, ils ne se sépareront pas : plus tard une partie des disciples ira au midi, par Aser, si je ne me trompe, quant à Jésus, il viendra avec les autres à travers la Décapole jusqu'à la mer de Galilée. Hier, à Leschem lorsque la Syro-phénicienne l'invita, il lui dit quelque chose du chemin qu'il allait suivre et il nomma à cette occasion le malheureux pays de la Décapole où le peuple est si délaissé.

Cette femme a laissé de l'argent à Leschem, elle veut faire ériger un monument avec sa posture, à l'endroit où Jésus a guéri sa fille et elle. Cette femme a dans son nom quelque chose qui rappelle celui d'Adélaide : c'est un nom étranger et on y trouve la syllabe laî ou aî .

Il y eut dans les enseignements de Jésus aux apôtres plusieurs prescriptions qui se trouvent dans l'Evangile à l'endroit où sont rapportées les instructions relatives à leur mission : il dit par exemple qu'ils ne doivent rien emporter avec eux, parce que l'ouvrier a droit à son salaire. Il leur donna aussi certaines règles qu'ils devaient suivre : ainsi ils devaient aller deux par deux, répéter ce qu'il leur avait enseigné en dernier lieu et traiter tous en même temps les mêmes sujets ; se réunir souvent et se communiquer mutuellement ce qui leur était arrivé ; alors les disciples devaient apprendre des apôtres ce qu'ils auraient prochainement à enseigner de concert, puis ils devaient prier tous ensemble : sur les chemins, ils devaient s'entretenir uniquement de ce qu'ils avaient à prêcher et faire la prière en commun. Il parla aussi de la fête de Pâque, dit qu'il voulait aller secrètement à la fête et leur dit qu'ils se rencontreraient là. Cette fête leur inspirait quelques craintes.

Note : La narratrice se sert de ce mot au lieu de celui de statue, et elle ne fait pas mention d'une statue de Jésus. Des écrivains récents confondent souvent Leschem avec Panéas, qui doit pourtant en être éloignée de quatre milles romains. Eusèbe place à Panéas la célèbre statue de l'hémorrhoisse de cette ville, guérie à Capharnaum. Les deux endroits n'en faisaient-ils qu'un ? L'hémorrhoisse en faisant élever son monument, a-t-elle suivi l'exemple donné par la Syro-phénicienne, ou bien a-t-on confondu à une époque postérieure les sujets des monuments ? C'est ce qu'il est difficile de décider (Note du Pèlerin.)

Cependant il était midi et ils avaient remarqué depuis longtemps qu'un grand nombre de personnes se dirigeaient par la ville vers la montagne sur laquelle ils se tenaient cachés. Mais avant que ces gens eussent eu le temps de gravir la montagne elle-même, Jésus se remit en marche avec les disciples. Lorsqu'ils eurent regagné le chemin, ils montèrent quelque temps dans la direction du sud-ouest et passèrent à un quart de lieue de distance devant une ville située dans une position élevée et qui s'appelait Amathor. Ils la laissèrent à gauche, tournèrent au nord-ouest et gravirent une pente très escarpée jusqu'au haut de l'arête, d'où l'on voyait la Méditerranée. Ils firent alors plusieurs lieues en descendant toujours et passèrent une rivière qui se jette dans la mer au nord de Tyr. Ils la passèrent sur un radeau qui se trouvait là. Je crois qu'ils ont laissé Hétalon à leur droite. Ils entrèrent dans une hôtellerie qui se trouvait près du chemin. Ils étaient encore à trois ou quatre lieues d'Ornithopolis.

La Syro-phénicienne occupait une position élevée dans sa ville natale. Elle était déjà revenue chez elle en passant par ici et elle avait préparé un très bon logement pour Jésus. Les païens vinrent dans une attitude très humble au-devant de Jésus et de sa suite : ils les conduisirent à l'écart et leur rendirent, avec beaucoup de timidité et de respect toute espèce de services : ils considéraient Jésus comme un très grand prophète.

(20 février) J'ai vu ce matin Jésus et les disciples peu de distance de l'hôtellerie où ils avaient passé la nuit, dans le voisinage d'une petite ville païenne, se diriger vers une hauteur où se trouvait une chaire en pierre qui datait de l'époque des plus anciens prophètes dont quelques-uns avaient souvent enseigné ici. Les païens de temps immémorial avaient un certain respect pour ce lieu ; aujourd'hui ils l'ont décoré en tendant un beau pavillon au-dessus de la chaire : ils ont, du reste, pour Jésus une déférence extraordinaire.

Beaucoup de malades étaient rassemblés là. Ils se tenaient respectueusement à quelque distance, et ce fut Jésus lui-même qui s'approcha d'eux. Les disciples et lui en guérirent plusieurs qui avaient des ulcères, d'autres qui étaient paralytiques ou avaient des membre desséchés, et aussi des mélancoliques, gens à moitié possédés qui lorsqu'ils étaient guéris semblaient se réveiller d'un profond sommeil. Il se trouvait là encore quelques personnes qui avaient à certains membres, par exemple autour des coudes, de grosses tumeurs d'une mauvaise nature. Je ne sais plus quelle en était la cause, mais je crois que c'était aussi la piqûre de quelque insecte ou de quelque autre bête venimeuse. Jésus mettait la main sur ces tumeurs qui s'aplatissaient et cessaient d'être douloureuses, puis il faisait apporter par les disciples une plante qui croissait là sur le roc nu et qui avait quelque ressemblance avec notre joubarbe : elle avait de grandes feuilles épaisses et grasses, avec de profondes entailles en dessous, et du milieu desquelles s'élevait une longue dessous, et du milieu desquelles s'élevait une longue tige portant la fleur. Jésus bénit une de ces feuilles sur laquelle il versa de l'eau qu'il portait avec lui dans un flacon, et les disciples l'appliquèrent par le côté entaillé suer les parties malades qu'ils bandèrent ensuite.

Jésus fit sur cette hauteur une instruction singulièrement touchante sur la vocation des païens : il expliqua à ses auditeurs plusieurs passages des prophètes et fit ressortir le néant de leurs idoles. Après quoi il guérit encore, puis il partit avec les disciples et se dirigea du côté de la mer vers Ornithopolis, qui en est encore éloignée de trois quarts de lieue à peu près. Cette ville n'est pas très grande, mais il y a de beaux édifices. Elle se compose de deux rangées de maisons placées des deux côtés de la route : à l'est de la ville on voit sur une hauteur un beau temple d'idoles.
Jésus y fut reçu avec une sympathie extraordinaire. La Syro-phénicienne, qui est une des personnes les plus riches et les plus considérables de l'endroit, avait fait de grands frais pour le recevoir de la manière la plus honorable, et par humilité elle avait chargé de tous les préparatifs le peu de pauvres familles juives qui habitaient la ville. La délivrance de la fille, le redressement de la mère et surtout la guérison de leur parent sourd-muet, lequel, ici comme ailleurs, en racontant ce que Jésus avait fait pour lui, l'avait exalté dans son langage prophétique, étaient déjà le sujet de tous les entretiens. Tout le peuple était rassemblé devant les maisons, les païens se tenaient à une distance respectueuse et tendaient de loin au cortège des branches vertes.
Les Juifs qui étaient à peu près une vingtaine et parmi lesquels il y avait des hommes d'un grand âge qu'il fallait conduire, vinrent au devant de Jésus, ainsi que le maître d'école avec tous les enfants : les femmes et les filles venaient à la suite couvertes de leurs voiles.
Une maison voisine de l'école avait été préparée pour Jésus et ses disciples : la Syro-phénicienne l'avait fait garnir de beaux tapis, de vases de toute espèce et de lampes. Les Juifs leur lavèrent les pieds avec beaucoup d'humilité : on leur offrit une réfection composée de mets très choisis, et on leur donna d'autres vêtements et d'autres chaussures jusqu'à ce que les leurs eussent été battus et nettoyés. Après cela Jésus enseigna les Juifs de l'endroit et s'entretint avec les préposés de l'école.
Plus tard, il y eut un grand festin dans une salle ouverte. La Syro-phénicienne avait présidé à tout, et l'on voyait, aux apprêts, à la vaisselle, aux mets et à tout l'arrangement du repas, que tout avait été disposé par une païenne. Il y avait trois tables : elles étaient beaucoup plus hautes que celles dont les Juifs faisaient usage, et il en était de même des lits où s'étendaient les convives. On voyait sur les plats des figures singulières qui représentaient des animaux, des arbres, des montagnes et des pyramides : il y avait des mets qui étaient autre chose que ce qu'ils représentaient : spécialement des pâtisseries et des fleurs artificielles de toute espèce, des poissons façonnés en forme d'oiseaux, et des viandes en forme de poissons, des agneaux faits d'épices et de fruits, de farine et de miel ; il y avait aussi de vrais agneaux. Jésus mangeait à une table avec les apôtres et les plus vieux d'entre les Juifs : aux deux autres étaient les disciples avec d'autres Juifs : il y avait en outre pour les femmes et les enfants une autre table séparée par une cloison. Pendant le repas, la Syro-phénicienne vint avec sa fille et ses proches remercier Jésus de leur guérison. Elle était suivie de quelques serviteurs qui portaient entre eux sur des tapis des présents contenus dans plusieurs coffrets très élégants. La fille vint, couverte de son voile, se placer derrière Jésus, et ayant brisé au-dessus de sa tête une fiole d'onguent précieux, elle se retira discrètement près de sa mère. Les serviteurs remirent les présents aux disciples, c'étaient des présents de la fille. Jésus remercia, et la mère lui dit qu'il était le bienvenu dans leur pays ; elle ajouta qu'elle se trouverait heureuse de pouvoir lui témoigner sa bonne volonté et, malgré son indignité, de réparer quelque peu les torts nombreux que tant de gens de sa nation avaient envers lui. Elle dit tout cela en peu de mots, avec beaucoup d'humilité et en se tenant à une distance respectueuse. Je ne me rappelle plus ce que Jésus répondit, mais je vis qu'il fit aussitôt distribuer sous ses yeux aux pauvres Juifs une grande partie de l'or qui se trouvait parmi les Présents et aussi beaucoup des mets qui étaient sur la table.

La Syro-phénicienne est une veuve très riche, son mari est mort depuis cinq ans environ. Il avait beaucoup de grands navires sur la mer et un grand nombre de serviteurs. Je ne sais pas ce qu'il était, mais il avait de grands biens et possédait des villages tout entiers. Il y a à peu de distance d'ici, sur un promontoire qui s'avance dans la mer, tout un repaire de païens, qui appartient à cette femme. Je crois que c'était un grand négociant. Sa femme jouissait ici d'une grande considération. Les Pauvres Juifs ne vivaient guère que de ses aumônes. Elle était très intelligente et très bienfaisante et, malgré son paganisme, elle n'était pas sans quelques lumières en matière de religion. Sa fille avait environ vingt-quatre ans : elle était grande, belle et bien faite. Elle portait une robe bariolée avec des rubans au cou et des anneaux autour des bras. Elle avait eu beaucoup de prétendants à cause de sa richesse, et plus tard elle avait été possédée d'un esprit immonde. Elle était sujette à des convulsions effrayantes, et, dans son délire, elle s'élançait hors de son lit et cherchait à s'échapper. Il fallait la surveiller de près et même l'attacher. Dans les intervalles de ses accès, elle était très bonne et très vertueuse. C'était un affreux chagrin et une grande humiliation pour la mère et la fille, et il fallait tenir celle-ci toujours cachée. Il y avait déjà plusieurs années qu'elle était dans cet état. Lorsque la mère revint chez elle, sa fille vint à sa rencontre et lui dit à quelle heure elle s'était trouvée guérie : c'était précisément le moment où Jésus avait annoncé sa guérison. Combien ne fut-elle pas réjouie et surprise de revoir sa mère qui l'avait quittée toute courbée devenue une femme grande et svelte ; d'entendre son cousin, le sourd-muet paralytique, la saluer d'une voix distincte et joyeuse. Elle fut pénétrée de reconnaissance et de respect pour Jésus et prit part à tous les préparatifs qu'on faisait pour le recevoir.

Les présents que Jésus avait reçus, ce soir, étaient les joyaux de la fille qu'elle avait reçus, depuis sa jeunesse, de ses parents et particulièrement de son père dont les relations commerciales étaient très étendues. C'étaient uniquement des objets d'art païens très antiques et des bijoux comme on en donne aux enfants de familles riches. Il y en avait que ses parents avaient reçus en héritage de leurs ancêtres : beaucoup de petites idoles très curieuses, faites de perles et de pierres précieuses enchâssées dans de l'or, des pierreries rares de grand prix, de petits vases, des animaux en or, des figures de la longueur du doigt dont les yeux et la bouche étaient faits de pierres précieuses, des pierres odoriférantes, des morceaux d'ambre et de petits lingots d'or ayant la forme d'arbustes et où étaient enchâssées des pierres de couleur représentant des fruits, enfin une multitude de choses. C'était tout un trésor, car il y avait là différents objets qui vaudraient aujourd'hui un millier d'écus. Jésus leur dit que tout cela devait être donné aux pauvres et aux nécessiteux, et que son Père céleste leur en tiendrait compte.

(21 février. ) Le jour du sabbat, Jésus visita tour à tour les familles juives de l'endroit. Il en était venu encore d'autres des environs. Il distribua des aumônes, guérit quelques malades et les consola. Ils vivaient ici très pauvres et très délaissés : il les réunit à la synagogue et leur tint des discours très touchants et très consolants, car ils se regardaient comme rejetés d'Israël, et comme indignes d'en faire partie. Il en prépara aussi beaucoup au baptême : après le dîner, une vingtaine d'hommes furent baptisés dans un jardin où les Juifs prenaient des bains : parmi ces néophytes était le sourd-muet, parent de la femme païenne et guéri par Jésus.

Vers midi, Jésus alla avec ses disciples chez la Syro-phénicienne. Elle habitait une belle maison entourée de cours et de jardins. On fit à Jésus une réception très solennelle ; tout le monde était en habits de fête, et on étendit des tapis sous ses pieds. A l'entrée d'une belle salle ornée de colonnes qui donnait sur le jardin, la veuve et sa fille vinrent au devant de lui. voilées, se jetèrent à ses pieds et le remercièrent, ainsi que le sourd-muet guéri. Dans la salle, on lui présenta dans de la vaisselle précieuse une magnifique collation composée de pâtisseries singulières et de fruits de toute espèce. Les vases étaient pour la plupart d'une espèce de verre formé de fils de couleur fondus ensemble et entremêlés. J'ai vu parfois chez de riches Juifs quelques vases de ce genre, mais ici ils étaient en grand nombre et comme dans leur pays. Dans les angles de la salle s'élevaient contre les murs de grands dressoirs garnis de vaisselle du même genre et recouverts de rideaux. Les plats étaient servis sur plusieurs petites tables qui avaient aux pieds comme des mufles de doguins i ; on pouvait réunir toutes ces petites tables rondes et anguleuses de manière à en faire une seule grande table.

Je me souviens qu'on servit dans ces vases dont j'ai parlé, de beaux raisins secs pendant encore aux branches. Je me rappelle aussi des fruits secs d'une autre espèce, qui étaient disposés sur des tiges comme sur des arbustes : c'étaient des roseaux avec de longues feuilles en forme de coeur, au-dessus desquelles étaient insérés des fruits réunis en grappes : ils étaient blancs, peut-être couverts de sucre, et avaient l'aspect de la partie blanche du chou-fleur : on les cueillait sur ces tiges pour les manger ; ils avaient une saveur douce et agréable. Ces petits faisceaux de roseaux étaient ornés de guirlandes d'herbes aromatiques en haut, en bas et au milieu. Ce végétal se cultivait à peu de distance de la mer dans un terrain marécageux qui appartenait à la Syro-phénicienne. Il y avait encore toute sorte de mets arrangés en forme de poissons, d'agneaux et d'oiseaux, mais composés d'autres ingrédients.

Note : C'est ainsi que la Soeur avait coutume de désigner les masques ou têtes d'animaux qui servaient d'ornement aux meubles paiens.

Dans une partie séparée de la salle se tenaient beaucoup de jeunes filles païennes, amies de la fille de la maison ou attachées à son service. Jésus s'approcha d'elles et leur parla. La veuve fit de vives instances à Jésus pour qu'il voulût bien visiter les pauvres gens de Sarepta et d'autres endroits voisins. Elle était très intelligente et avait une manière très ingénieuse de présenter les choses. Elle parla à peu près en ces termes : " Sarepta, où une pauvre veuve partagea ce qu'elle avait avec Elie, est elle-même une pauvre veuve dans la détresse. Ayez-en pitié' vous le plus grand des prophètes, et pardonnez-moi, à moi qui suis aussi une pauvre veuve à laquelle vous avez tout rendu, de vous implorer aussi pour Sarepta. - Jésus lui promit d'y aller. Elle lui dit encore qu'elle avait le désir de faire bâtir une synagogue et elle le pria de lui en marquer la place. Je ne me souviens plus de la réponse de Jésus.

Cette femme avait de grandes fabriques de toiles et des teintureries. Je vis dans le petit endroit, voisin de la mer, que j'ai mentionné comme lui appartenant, et aussi à quelque distance de sa maison, de grands bâtiments au-dessus desquels il y avait des échafaudages où étaient étendues des pièces d'étoffe grise et jaune. Parmi les présents qu'elle avait envoyés hier, il y avait entre autres choses de petites coupes, de petites boules et des morceaux d'ambre jaune, substance très estimée dans ce pays.

Avant le sabbat Jésus enseigna encore quelques groupes de païens dans la cour de cette femme ; après quoi il alla célébrer le sabbat dans l'école des Juifs qui était très élégamment ornée. Il fit une instruction indiciblement touchante et consolante : les pauvres gens fondaient tous en larmes ; ils étaient tout heureux et tout consolés. Ils étaient de la tribu d'Aser. Je ne sais plus à la suite de quel méfait leurs ancêtres avaient été obligés d'émigrer dans ce pays. Mais cela les rendait très timides, et dans leur abandon ils se regardaient comme rejetés sans espoir de retour.

Jésus lut dans les Ecritures un passage d'Ezéchiel touchant l'autel du nouveau temple et les chapitres de l'Exode qui traitent des vêtements sacerdotaux, de la consécration des prêtres et des sacrifices. (Ezéch., XLIII, 10-27 ; Exod., ch. XXVII-XXX.) Mais pour la consolation particulière de ces pauvres gens, il dit aussi qu'on ne devait plus se servir, dans Israel, de cette locution proverbiale : " Nos pères ont mangé des raisins verts et leurs enfants en ont eu les dents agacées ". Il leur dit que quiconque accueillait la parole de Dieu qui lui était annoncée, faisait pénitence, et recevait le baptême, n'était plus chargé des fautes de ses pères. Cela réjouit infiniment ses auditeurs.

Je ne sais plus où Jésus alla encore après être sorti de la synagogue, mais il se dirigea vers la mer avec ses disciples, peut-être pour visiter des pauvres et des malades. Il alla dans l'endroit où croissaient les roseaux dont il a été parlé plus haut.

( 22 février.) Ce matin j'ai vu Jésus dans l'école avec les enfants, puis ensuite avec les Juifs. On baptisa quelques personnes parmi lesquelles il y avait des enfants.

Dans l'après-midi, Jésus prit congé de la Syro-phénicienne : celle-ci, sa fille et leur cousin lui donnèrent encore des figures d'or, longues comme la main, qu'ils possédaient ; on lui envoya aussi à son hôtellerie, comme provisions de voyage, des pains, du baume, des fruits, du miel dans des corbeilles de jonc, et de petits flacons ; il y avait aussi des présents pour les pauvres de Sarepta. Jésus donna des avis à toute la famille, leur recommanda d'avoir pitié des pauvres Juifs et de penser à leur propre salut, puis il quitta la maison au milieu des larmes de tous les assistants qui lui témoignèrent une humble déférence. La Syro-phénicienne avait de grandes lumières et elle cherchait la vérité : elle n'ira plus dorénavant au temple païen avec sa fille. Elle veut s'attacher aux enseignements de Jésus et embrasser le judaïsme ; elle s'efforcera aussi d'y décider successivement les gens qui dépendent d'elle." (http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CatherineEm/Volume4/chapit10.html)

 

 

 

On en sait beaucoup plus sur la personalité de cette "Cananéenne". C'est la veuve très riche d'un grand négociant qui possédait des navires et de grandes fabriques de toiles et des teintureries. Syro-phénicienne d'Ornithopolis, ville située assez près de Sarepta, son nom rappelle celui d'Adélaïde ("c'est un nom étranger où on y trouve la syllabe laî ou aî"). Elle occupait une position élevée dans sa ville natale et était très intelligente.

Sa fille avait environ vingt-quatre ans : elle était grande, belle et bien faite. Elle avait eu beaucoup de prétendants à cause de sa richesse, et plus tard elle avait été possédée d'un esprit immonde. Elle était sujette à des convulsions effrayantes, et, dans son délire, elle s'élançait hors de son lit et cherchait à s'échapper. Il fallait la surveiller de près et même l'attacher. Dans les intervalles de ses accès, elle était très bonne et très vertueuse.

Anne Catherine dit peu de choses sur le point de vue de Jésus face au paganisme: "Jésus fit sur cette hauteur une instruction singulièrement touchante sur la vocation des païens : il expliqua à ses auditeurs plusieurs passages des prophètes et fit ressortir le néant de leurs idoles"

Elle souligne le mode de vie différent des païens de cette région. Vêtements, mobilier et cuisine sont particuliers : "Son costume la faisait reconnaître pour étrangère : elle avait une robe d'étoffe rayée, avec des rubans autour des bras et du cou : elle portait sur la tête un bonnet pointu qui faisait saillie et autour duquel était roulée une draperie rouge ; par dessus tout cela était un voile." ou " on voyait, aux apprêts, à la vaisselle, aux mets et à tout l'arrangement du repas, que tout avait été disposé par une païenne. Il y avait trois tables : elles étaient beaucoup plus hautes que celles dont les Juifs faisaient usage, et il en était de même des lits où s'étendaient les convives. On voyait sur les plats des figures singulières qui représentaient des animaux, des arbres, des montagnes et des pyramides : il y avait des mets qui étaient autre chose que ce qu'ils représentaient : spécialement des pâtisseries et des fleurs artificielles de toute espèce, des poissons façonnés en forme d'oiseaux, et des viandes en forme de poissons, des agneaux faits d'épices et de fruits, de farine et de miel ; il y avait aussi de vrais agneaux."

Le portrait que fait Anne Catherine de cette Syro-phénicienne permet de mieux comprendre pourquoi Jésus dit : "Femme, ta foi est grande". Bien qu'elle ne soit pas juive, "Adélaïde" possède tant de qualités qui font parfois défaut à des Juifs comme à des Chrétiens aujourd'hui.

Elle est très humble malgré une position sociale élévée et une richesse importante ("elle se tenait humblement à quelque distance de Jésus et implorait fréquemment son assistance" et "Cependant la femme se rapprocha, entra dans la salle et se jeta aux pieds de Jésus"). Elle est tellement humble qu'elle ne vient à Jésus que pour le salut de sa fille et pas pour elle-même ("Il lui demanda si elle ne voulait pas aussi être guérie, car elle était toute courbée d'un côté : mais elle ne s'en jugea pas digne et demanda seulement pour sa fille").

Malgré ses richesses, elle était très généreuse ("par humilité elle avait chargé de tous les préparatifs le peu de pauvres familles juives qui habitaient la ville" et "Les Pauvres Juifs ne vivaient guère que de ses aumônes").

"Adélaïde" comme sa fille et son cousin sont reconnaissants envers Jésus où repas et cadeaux sont partagés ("les joyaux de la fille qu'elle avait reçus, depuis sa jeunesse" , "des objets d'art païens très antiques et des bijoux" et "des figures d'or, longues comme la main")

En termes de religion, elle pratiquait au temple païen mais cherchait la "vérité" ("[Jésus] loua la femme païenne qui n'avait cessé de prier pour arriver à connaître la vérité et non pour obtenir des biens temporels" et "Elle était très intelligente et très bienfaisante et, malgré son paganisme, elle n'était pas sans quelques lumières en matière de religion.") Après le passage de Jésus, "Adélaïde" va abandonner ses pratiques païennes ("La Syro-phénicienne avait de grandes lumières et elle cherchait la vérité : elle n'ira plus dorénavant au temple païen avec sa fille. Elle veut s'attacher aux enseignements de Jésus et embrasser le judaïsme ; elle s'efforcera aussi d'y décider successivement les gens qui dépendent d'elle").

On est touché par l'humilité de cette famille et la reconnaissance qu'elle témoigne au Seigneur. On ne peut en dire autant de nombreuses familles juives de Palestine à cette époque.

C'est le cousin guéris ("paralysé du bras droit, et sourd et muet") qui aura le mot de la fin en s'adressant aux Juifs ainsi : " La nourriture dont vous ne voulez pas, vous enfants de la maison, nous autres qui étions rejetés, nous la recueillons ; nous en vivrons pleins de reconnaissance, et aux miettes que nous ramassons viendra s'ajouter tout ce que vous laissez perdre du pain céleste " !

 

 

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William McNichols (c2005)

" Et moi je suis morte, je ne suis qu'un esprit; autrement je ne pourrais voir ces choses, car elles n'existent pas maintenant, et cependant maintenant elles existent. Mais cela n'existe pas dans le temps; en Dieu il n'y a pas de temps, en Dieu tout est présent ; je suis morte, je suis un esprit. " (Anne Catherine Emmerich)