QUI ETAIT ANNE CATHERINE EMMERICH ?

La plus grande visionnaire de tous les temps

 

L'ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE,
MYTHE OU REALITE ?

 

 

La fête de l'Assomption de la vierge Marie se fait l'écho en occident de la fête de la Dormition dans les Eglises chrétiennes d'orient. Dogmatisée par le Pape Pie XII seulement en 1950,sa tradition remonterait au moins au VI e siècle.

Les Eglises issues de la Réforme l'ont complètement rejetée.

Rejet justifié : l'Assomption de la vierge Marie est totalement absente des Saintes Ecritures. Elle n'est pas racontée ni suggérée.


L'office religieux catholique du 15 août est bien en peine de trouver des textes canoniques pouvant mener à envisager la réalité de l'Assomption de la vierge Marie. La femme couronnée de Apocalypse 12 ou le Magnificat de Luc 1 ne réussissent à satisfaire que les paroissiens déjà convaincus.

Résurrection et Assomption de la Vierge
Fin XVe siècle, panneau peint.
D. Bettefort, Musée BdP
(extrait de Le Monde de la Bible n° 147)

Voici quelques pistes historiques (reconnues ?) trouvées sur Internet

La fête de la Dormition se célébrait déjà au IV e siècle à Jérusalem où se trouvait une Eglise de la Dormition.

Ce serait l'empereur de Constantinople Maurice (582-603) [ou Justinien ?] qui aurait imposé la date du 15 août pour célébrer la Dormition

Vers 594, Grégoire de Tours aurait donné une première formulation théologique de l'Assomption.

La fête de l'Assomption aurait déjà été célébrée au VIII e siècle à Rome où subsiste une fresque (encore visible) représentant l'Assomption dans la Basilique souterraine de St Clément.

Louis XIII, après 22 ans d'une union stérile, allait enfin avoir un fils (le futur Louis XIV). Il déclara le 10 février 1638 que la Sainte Vierge était patronne et protectrice de la France et demandait que des processions soient faites le 15 août.

 

Que nous apprend la tradition chrétienne ? (émission religieuse télévisée " Chrétiens orientaux " 15/08/03)

" Selon la tradition, Marie aurait probablement vécue à Ephèse avec l'Apôtre Jean."

" On pense que la date trouve son origine en Palestine à une époque très ancienne. Le 15 août correspondrait à la date de la dédicace d'une église de Jérusalem."

" Nous ne possédons pas d'autres reliques de Marie que des vêtements. "

" Un récit apocryphe (douteux) environ du V e siècle, comportant des ajouts successifs, "la Dormition de Marie du Pseudo-Jean", nous donne des indications résumées ainsi :


" Marie, qui réside à Bethléem, se rend tous les jours au tombeau de son Fils à Jérusalem ; alertée par l'archange Gabriel, elle comprend qu'elle va bientôt le rejoindre. De retour chez elle, tous les apôtres disséminés dans le monde entier, se retrouvent mystérieusement réunis autour d'elle ; les vivants comme les morts (André, Philippe, Luc, Simon le Cananéen et Thaddée sont déjà décédés). Jésus vient et recueille l'âme de sa mère. Les Apôtres s'occupent du corps de Marie. Il est enterré dans un sépulcre neuf à Gethsémani. Ils veillent auprès de son tombeau, écoutant des mélodies angéliques et sentant des parfums délicats. Trois jours plus tard, des anges vont venir rechercher le corps de Marie. "

"Ce document, donné pour l'œuvre de saint Jean l'Evangéliste ou saint Jean le Théologien, très connu en Orient, a été conservé dans plusieurs langues. La langue originale semble avoir été le grec, le géorgien et le slave n'étant que des versions plus ou moins remaniées […] " (Le Monde de la Bible n° 155)

Selon ce texte, Marie serait morte à Jérusalem. Son corps aurait été "enlevé" par des anges trois jours plus tard.

 

 

Anne Catherine Emmerich, stigmatisée et visionnaire, révèle énormément de détails sur la vie de Marie à Ephèse. Notamment que " la sainte Vierge ne demeurait pas à Ephèse même; sa maison était située à trois lieues et demie de là, sur une montagne qu'on voyait à gauche en venant de Jérusalem, et qui s'abaissait en pente douce vers la ville [...] Le sommet présente une plaine ondulée et fertile d'une demi-lieue de tour : c'est là que s'était établie la sainte Vierge."


Elle a ainsi permis en 1891 la découverte de la " maison de la Vierge " au sommet du mont Koressos, à 7 Km d'Ephèse. Fondations de la maison où la Vierge vécut ses dernières années et qui fut, après sa mort, transformée en chapelle.
Depuis, pèlerins et touristes affluent. Paul VI l'a consacrée lieu de pèlerinage en juillet 1967.

" Dernier chemin de croix de Marie.

Lorsque l'Église se fut ainsi étendue, Marie se rendit encore une fois d'Éphèse à Jérusalem, un an et demi avant sa mort. Cette fois là aussi je la vis, enveloppée de son manteau, visiter les lieux saints pendant la nuit avec les apôtres. Elle était plongée dans une indicible tristesse, et répétait sans cesse en soupirant: " Mon fils ! mon fils ! " Arrivée à la porte du palais où elle avait rencontré Jésus succombant sous le fardeau de la croix, elle tomba elle-même à terre sans connaissance, et ses compagnons crurent qu'elle allait mourir. On la porta au cénacle, où elle occupait un bâtiment latéral. Pendant plusieurs jours, elle fut si faible et si souffrante, elle eut de si fréquents évanouissements qu'on s'attendait à chaque instant à la voir expirer, et qu'on pensa même à lui préparer un tombeau. Elle choisit elle-même une grotte de la montagne des Oliviers, et les apôtres y firent travailler un beau sépulcre par un sculpteur chrétien.

On avait dit plusieurs fois qu'elle était morte, et le bruit de sa mort et de sa sépulture à Jérusalem se répandit en divers lieux; mais avant que le tombeau fût achevé, elle se trouva rétablie au point qu'elle put retourner à Éphèse, où elle mourut en effet, dix-huit mois après. Le tombeau préparé pour elle sur la montagne des Oliviers ne laissa pas d'être honoré plus tard; une église y fut bâtie. Jean Damascène (j'ai entendu ce nom en esprit, mais je ne sais pas quel est ce personnage) écrivit, d'après une tradition assez répandue, qu'elle était morte à Jérusalem, et qu'elle y avait été ensevelie.

Dieu a voulu que les détails de sa mort, de sa sépulture et de son assomption devinssent seulement l'objet d'une tradition incertaine, de peur que l'esprit païen, encore prédominant, ne pénétrât par là au sein du christianisme, et qu'elle ne fût adorée comme une déesse.

Peu avant sa mort, la sainte Vierge fit encore une fois le chemin de la croix avec cinq autres femmes, parmi lesquelles étaient la nièce d'Anne la prophétesse, et la veuve Mara, nièce d'Élisabeth […]

La sainte Vierge sur son lit de mort. - Convocation des apôtres.

Dans les derniers temps de sa vie, Marie devenait de plus en plus recueillie et silencieuse; elle ne prenait presque plus de nourriture. Il semblait que sa vie ici-bas ne fût qu'une apparence, et qu'elle fût déjà en esprit de l'autre côté de la tombe. Dans les dernières semaines de sa vie, je l'ai vu se promener lentement et péniblement dans sa maison, conduite et soutenue par sa servante […]

La sainte Vierge, sentant approcher le moment où elle devait revoir son Fils, son rédempteur et son Dieu, le pria d'accomplir la promesse qu'il lui avait faite dans la maison de Lazare la veille de son ascension. Il me fut en même temps montré comment ce même jour Jésus, qu'elle suppliait de ne pas la laisser longtemps après lui dans cette vallée de larmes, lui révéla quelles œuvres spirituelles elle devait accomplir avant d'être enlevée à la terre; il ajouta qu'à sa prière, les apôtres et plusieurs disciples seraient convoqués pour assister à sa mort, et lui indiqua ce qu'elle devait leur dire, avant de leur donner sa dernière bénédiction. Il dit aussi à l'inconsolable Madeleine de se cacher dans le désert, et à sa sœur Marthe de former une communauté de femmes; enfin il leur promit d'être toujours avec elles.

La sainte Vierge ayant prié pour faire venir les apôtres près d'elle, je vis la convocation leur arriver dans les différentes parties du monde; voici ce dont je me souviens encore […]

Je vis tous les apôtres, avertis par des apparitions, se rendre auprès de la sainte Vierge. Du reste ils n'auraient pu, sans une assistance mystérieuse, faire leurs immenses voyages; je les ai plusieurs fois vu traverser des foules pressées, sans que personne parût s'en apercevoir; et je crois que souvent eux-mêmes n'avaient pas conscience de voyager ainsi d'une manière surnaturelle […]

Au moment où les apôtres furent ainsi convoqués à Éphèse, Pierre, et je crois Mathias, se trouvaient dans les environs d'Antioche. André, qui venait de Jérusalem, où il avait souffert la persécution, n'était guère éloigné d'eux. Je vis Pierre et André passer la nuit à quelque distance l'un de l'autre dans des hôtelleries, comme on en trouve sur les grandes routes dans tous les pays chauds […] Un peu plus loin ils rejoignirent Thaddée, qui avait aussi reçu un avertissement d'en haut. Ils se rendirent ensemble chez Marie, où ils trouvèrent saint Jean. Jude, Thaddée et Simon étaient en Perse, lorsqu'ils reçurent leur convocation.
Thomas était le plus éloigné de tous les apôtres, et il n'arriva qu'après la mort de la sainte Vierge. Lorsque l'ange vint l'avertir de se rendre à Ephèse, il était en prière dans une cabane de roseaux, au fond de l'Inde. Je l'ai vu en pleine mer dans un frêle esquif, seul avec un serviteur d'une grande simplicité, un Tartare qu'il avait baptisé.
Jean s'était trouvé à Jéricho peu de temps auparavant; il se rendait souvent dans la Palestine. D'ordinaire il demeurait à Éphèse ou dans les environs; c'est là qu'il reçut sa convocation. Barthélemy était en Asie, à l'orient de la mer Rouge. J'ai oublié où se trouvait Jacques le Mineur. Il était très beau, et ressemblait beaucoup à Jésus; aussi aimait-on à l'appeler le frère du Seigneur.
Paul ne fut point appelé. Les parents et les anciens amis de la sainte famille furent seuls convoqués.
Je vis aussi arriver chez la sainte Vierge sa demi-sœur, Marie d'Héli, née du second mariage de sainte Anne. Marie d'Héli, grand'mère des apôtres Jacques le Mineur, Thaddée et Simon, etc., était alors très âgée; elle avait vingt ans de plus que la sainte Vierge […]

Simon étant arrivé sur ces entrefaites, il ne manquait plus que Philippe et Thomas. Plusieurs disciples étaient aussi présents, entre autres Jean-Marc, Barnabé ou Barsabas, et le petit-fils du vieux Siméon, qui était chargé de l'inspection des victimes au Temple, et qui immola le dernier agneau pascal pour Jésus. Erémenzéar, qui avait accompagné Jésus dans le voyage qu'il fit après la résurrection de Lazare, était présent aussi. Les disciples étaient bien une dizaine en tout […]

Marie avait sur sa couche une croix longue comme la moitié du bras. Le tronc était un peu plus large que les branches; elle était faite de plusieurs espèces de bois; le corps du Seigneur était blanc. Chaque jour un des apôtres célébrait pour elle le service divin. Elle avait vécu quatorze ans et deux mois depuis l'ascension de Jésus […]


Dernière bénédiction de la Mère de Dieu aux apôtres - Sa très sainte mort.

Je vis beaucoup de tristesse et d'inquiétude dans la maison de la sainte Vierge. Sa servante était hors d'elle-même de douleur. Elle se jetait à genoux, tantôt dans un coin de la maison, tantôt au dehors, et priait les bras étendus et les yeux inondés de larmes. La sainte Vierge reposait paisiblement sur sa couche; la mort approchait visiblement. Le voile qui couvrait sa tête était relevé sur son front; elle rabaissait sur son visage quand elle parlait à des hommes:, ses mains mêmes n'étaient découvertes que lorsqu'elle était seule […]

Vers le soir, la sainte Vierge, sentant sa fin approcher, voulut, conformément à la volonté de Jésus, bénir les apôtres, les saintes femmes et les disciples qui se trouvaient chez elle, et leur faire ses adieux. Sa chambre à coucher était ouverte de tous les côtés. Elle était sur son séant, blanche comme la neige et presque transparente. La sainte Vierge pria; puis elle bénit séparément chacun des apôtres, en croisant les mains et en lui touchant le front. Elle parla ensuite à tous ensemble, et fit tout ce que Jésus lui avait ordonné à Béthanie.

Pierre s'approcha d'elle, un rouleau d'écriture à la main. Marie dit à Jean les dispositions à prendre pour son corps, et le chargea de partager ses vêtements entre sa servante et une jeune fille qui venait souvent la servir. Puis elle montra du doigt la petite garde-robe placée vis-à-vis de sa couche; sa servante y alla, l'ouvrit et la referma. Je vis alors tous les vêtements de la sainte Vierge. Après les apôtres, les disciples présents s'approchèrent de la couche de Marie, et reçurent aussi sa bénédiction. Les hommes s'étant retirés dans la partie antérieure de la maison, les femmes vinrent s'agenouiller devant la couche de Marie pour être bénies à leur tour. Je vis la sainte Vierge embrasser une des saintes femmes qui se penchait sur elle.

L'autel fut préparé, et les apôtres revêtirent pour l'office divin leurs longues robes blanches et les ceintures à lettres brodées […] Ce service fut exactement semblable à la première messe célébrée par Pierre après l'ascension, dans l'église de la piscine de Béthesda. Pierre, qui célébrait, avait un manteau très long, sans queue. La cérémonie était déjà avancée lorsque Philippe arriva d'Egypte avec un compagnon. Il se rendit aussitôt auprès de la Mère de Dieu, et reçut sa bénédiction les yeux baignés de larmes.

Pierre avait terminé le saint sacrifice, il avait consacré et reçu le corps du Seigneur, communié les apôtres et les disciples présents. La sainte Vierge ne pouvait voir l'autel; toutefois, pendant l'office elle se tint sur son séant, dans un recueillement profond. Pierre porta alors à la sainte Vierge le saint Sacrement et l'extrême-onction. Tous les apôtres l'accompagnèrent en procession solennelle. En avant marchait Thaddée avec l'encensoir fumant; Pierre portait l'Eucharistie dans le vase en forme de croix; puis venait Jean ayant à la main un plateau sur lequel était le calice avec le précieux sang et quelques boites. Le calice avait la forme de celui de la sainte Cène […]

Pierre s'approchant, lui administra l'extrême-onction, à peu près comme on le fait encore aujourd'hui. Il l'oignit avec les saintes huiles qu'il prenait dans les boites que tenait Jean, sur le visage, sur les mains, sur les pieds et sur le côté, où son vêtement avait une ouverture; en sorte qu'elle ne fut aucunement découverte. Pendant ce temps, les apôtres récitaient des prières en chœur. Ensuite Pierre lui donna la sainte communion. Elle se redressa, sans s'appuyer, pour la recevoir, puis elle retomba sur sa couche. Les apôtres récitèrent encore quelques prières; Marie se releva et reçut de la main de Jean le saint calice. Au moment où elle communia, je vis une lumière céleste entrer dans Marie; puis elle retomba en extase et ne parla plus […]

Peu après, je vis encore les apôtres et les disciples prier debout autour de la couche de la sainte Vierge. Son visage était radieux et serein comme dans sa jeunesse. Ses yeux, pleins d'une sainte joie, étaient tournés vers le ciel. J'eus alors une vision merveilleusement touchante. Le toit de la cellule de Marie avait disparu, et à travers le ciel ouvert mon regard pénétra dans la céleste Jérusalem. Il en descendit deux nuées éclatantes où se montraient de nombreuses figures d'anges. Entre ces deux nuées une voie lumineuse s'abaissa sur la sainte Vierge; puis une montagne de lumière parut s'élever de Marie jusqu'à la Jérusalem céleste. Elle étendit ses bras vers le ciel avec un désir infini; son corps fut soulevé et plana au-dessus de sa couche. Je vis son âme, comme une figure brillante infiniment pure, sortir de son corps, les bras étendus et monter sur la voie lumineuse jusqu'au ciel. Deux chœurs d'anges qui remplissaient les nuées resplendissantes se réunirent au-dessous de son âme et la séparèrent de son saint corps, qui retomba sur la couche, les bras croisés sur la poitrine. Je suivis des yeux sa sainte âme, je la vis entrer dans la Jérusalem céleste et monter vers le trône de l'adorable Trinité. Un grand nombre d'âmes, parmi lesquelles je reconnus, outre plusieurs patriarches, Joachim, Anne, Joseph, Elisabeth, Zacharie et Jean-Baptiste, allèrent à sa rencontre avec une joie respectueuse. Mais passant au milieu d'eux, elle s'éleva jusqu'au pied du trône de Dieu et de son Fils, qui effaçait encore par la lumière éclatante de ses plaies celle qui entourait l'âme de la Mère de Dieu. Jésus la reçut avec un amour tout divin, lui présenta comme un sceptre et lui montra la terre au-dessous d'elle. comme pour lui conférer sur elle un pouvoir spécial. Tandis que je la voyais ainsi entrer dans la gloire céleste, tout ce qui était autour d'elle sur la terre avait disparu à mes yeux. Pierre, Jean et quelques autres disciples eurent sans doute la même vision, car ils avaient les yeux levés vers le ciel. Les autres étaient pour la plupart prosternés la face contre terre. Tout était inondé de lumière et de splendeur, comme au jour de l'Ascension de Jésus-Christ.

Je vis avec une joie infinie un grand nombre d'âmes délivrées du purgatoire suivre l'âme de Marie montant au ciel. Aujourd'hui aussi, jour anniversaire de sa mort, j'ai vu entrer au ciel beaucoup de pauvres âmes, dont quelques-unes m'étaient connues. Je reçus encore cette consolante communication, que tous les ans, au jour de sa mort, beaucoup d'âmes de ceux qui l'ont particulièrement vénérée participent à la même grâce.

Lorsque je portai de nouveau mes regards sur la terre, je vis le corps de la sainte Vierge reposer tout resplendissant sur son lit funèbre, le visage radieux, les yeux fermés, les bras croisés sur la poitrine. Autour du saint corps priaient à genoux les apôtres, les disciples et les saintes femmes; des chants mélodieux charmaient l'oreille, et la nature entière paraissait émue comme dans la nuit de Noël. Elle expira à la neuvième heure comme Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Obsèques de Marie célébrées par les apôtres.

Les saintes femmes étendirent une couverture sur le saint corps, et les apôtres se retirèrent dans la partie antérieure de la maison. Le feu du foyer fut éteint, les meubles mis de côté et recouverts. Enveloppées de leurs manteaux et couvertes de leurs voiles les femmes se réunirent dans la chambre antérieure, et, tantôt à genoux, tantôt assises par terre, elles entonnèrent des chants de deuil. Les hommes célébrèrent un service funèbre, la tête couverte de la bande d'étoffe qu'ils portaient autour du cou. Il en resta toujours deux auprès du saint corps, l'un au chevet, l'autre aux pieds, priant à genoux. Mathias et André se rendirent, en suivant le Chemin de Croix de la sainte Vierge, jusqu'à la dernière station, c'est-à-dire à la grotte qui représentait le tombeau du Sauveur. Ils avaient avec eux les outils nécessaires à l'achèvement du sépulcre, car c'était là que devait reposer le corps de Marie.

La grotte n'était pas aussi spacieuse que celle du saint sépulcre; elle était à peine assez élevée pour qu'un homme pût y tenir debout. Le sol s'abaissait à l'entrée, puis on se trouvait devant la couche funèbre comme en face d'un petit autel; les parois de la grotte formaient une voûte. Après avoir travaillé assez longtemps, les deux apôtres disposèrent une porte, qu'ils mirent devant le tombeau pour le fermer. Il y avait, dans la pierre qui formait la couche sépulcrale, un enfoncement correspondant à la forme d'un corps humain enveloppé; elle était un peu relevée à la place de la tête. Devant la grotte, comme devant le saint sépulcre, il y avait un petit jardin avec une enceinte. Les apôtres n'y avaient pas dressé de croix; ils s'étaient contentés d'en graver une sur la pierre. De là jusqu'à la maison de Marie, il y avait environ une demi-lieue.

J'ai vu quatre fois les apôtres se relayer pour veiller et prier auprès du corps de la sainte Vierge. Plusieurs femmes, entre autres une fille de Véronique et la mère de Jean Marc, vinrent préparer le corps pour la sépulture; elles apportaient du linge et des aromates pour embaumer le corps, suivant la coutume juive. Elles avaient pris aussi de petits vases remplis d'herbes encore fraîches. La porte de la maison était fermée; elles accomplirent ces pieux devoirs à la lumière des. flambeaux, tandis que les apôtres récitaient en chœur des prières dans la partie antérieure de la maison.

Les femmes enlevèrent de sa couche le saint corps enveloppé de ses vêtements, et le déposèrent sur de grosses couvertures et des nattes qui remplissaient un panier. Ensuite deux femmes lui ôtèrent ses habits, à l'exception de la tunique, sous un grand drap que deux autres femmes tenaient étendu par-dessus. Elles coupèrent les belles boucles de cheveux de la sainte Vierge, et lavèrent le saint corps. Elles avaient à la main quelque chose qui ressemblait à des éponges; la tunique était fendue sur les côtés. Elles lavèrent le corps sous le drap avec une crainte respectueuse et sans le regarder; on n'en mit rien à nu. Toutes les parties qu'avait touchées l'éponge étaient aussitôt recouvertes. Une cinquième femme pressait les éponges au-dessus d'un bassin, et les rendait remplies d'eau fraîche. Le saint corps fut revêtu de nouveau linge, et, au moyen d'un drap passé par-dessous, déposé respectueusement, sur la table où l'on avait déjà disposé le linceul et les bandelettes. Elles enveloppèrent alors le corps dans le linceul, depuis la cheville des pieds jusqu'à la poitrine, et l'entourèrent de bandelettes, sauf la tête, la poitrine, les mains et les pieds.

Pendant ce temps, les apôtres avaient assisté à la messe célébrée solennellement par Pierre, et reçu avec lui la sainte communion; ensuite Pierre et Jean, encore revêtus de leurs manteaux pontificaux, se rendirent auprès du corps de la sainte Vierge. Jean portait un vase d'onguent; Pierre y trempa le pouce de la main droite, et oignit, en récitant des prières, le front, le milieu de la poitrine, les mains et les pieds de Marie. Ce n'était pas l'extrême-onction, car elle l'avait reçue de son vivant; je crois que c'était un hommage au saint corps, semblable à celui qu'on avait rendu au Seigneur avant de le mettre au tombeau. Quand les apôtres se furent retirés, les saintes femmes procédèrent à l'embaumement. Elles placèrent des bouquets de myrrhe aux aisselles, dans le creux de l'estomac, entre les épaules, autour du cou, sous le menton, sur les joues et autour des pieds, après quoi elles croisèrent les bras sur la poitrine, et enveloppèrent le corps dans le grand suaire, qu'elles serrèrent tout autour comme pour emmailloter un enfant. On apercevait, sous un suaire transparent, la figure pâle et lumineuse de Marie, au milieu des bouquets de myrrhe. Alors elles déposèrent le saint corps dans la bière, qui était semblable à un lit de repos. C'était une planche avec un rebord peu élevé, et un couvercle bombé et très léger. Elles mirent sur la poitrine une couronne de fleurs blanches, rouges et bleu de ciel, symbole de la virginité.

Cela fait, les apôtres, les disciples et toutes les personnes présentes entrèrent pour contempler une dernière fois les traits chéris de ce saint visage avant qu'il fût voilé. Ils s'agenouillèrent en versant des larmes abondantes mais silencieuses, touchèrent ses mains enveloppées comme pour lui adresser le dernier adieu, et se retirèrent. Après lui avoir ainsi fait leurs adieux, les saintes femmes voilèrent la sainte face de Marie, et placèrent le couvercle sur la bière, qu'elles entourèrent de bandes grises aux extrémités et au milieu. Pierre et Jean mirent la bière sur une civière, et la portèrent sur leurs épaules hors de la maison. Là elle fut prise et portée par six apôtres: Jacques le Mineur et un autre étaient en avant, Barthélemy et André au milieu, Thaddée et Mathias par derrière. Une partie des apôtres et des disciples ouvraient la marche; les autres suivaient avec les femmes. Le jour tombait déjà, et on tenait autour de la bière quatre flambeaux sur des bâtons. Le cortège se rendit ainsi, par la voie douloureuse, jusqu'à la dernière station, à l'entrée du sépulcre. Arrivés là, ils déposèrent le saint corps à terre, et quatre d'entre eux le portèrent dans le caveau, et le placèrent sur la couche sépulcrale. Tous les assistants y entrèrent tour à tour, jetèrent sur lui des fleurs et des aromates, s'agenouillèrent et offrirent leurs prières et leurs larmes.

Ils étaient nombreux; la douleur et l'amour les firent, demeurer là longtemps. et il faisait déjà nuit quand les apôtres fermèrent l'entrée du sépulcre. Ils creusèrent un fossé devant l'étroite entrée de la grotte, et y plantèrent une haie formée de plusieurs arbustes, les uns en fleur, les autres chargés de baies. On n'apercevait plus aucune trace de l'entrée, d'autant plus qu'ils firent passer au pied de la haie l'eau d'une source voisine; il fallait traverser la haie pour pénétrer dans la grotte. Ils s'en retournèrent séparément, s'arrêtant çà et là sur le chemin pour prier; quelques-uns veillèrent en priant auprès du sépulcre. Ceux qui s'en retournèrent virent de loin une lumière merveilleuse au-dessus du tombeau de la très sainte Vierge, et ils en furent très émus, sans toutefois savoir ce que c'était.


Résurrection de Marie. - Arrivée de Thomas.- Visite au tombeau qui est trouvé vide.

Pendant toute cette nuit, plusieurs apôtres et plusieurs saintes femmes prièrent et chantèrent des cantiques dans le jardin placé devant la grotte.
Tout à coup une large voie lumineuse s'abaissa du ciel vers le tombeau, et je vis une gloire formée de trois cercles d'anges et d'âmes qui entouraient une apparition: Jésus-Christ, avec ses plaies toutes rayonnantes, planait devant l'âme de Marie. Je vis dans le cercle intérieur des figures de petits enfants; celles du second ressemblaient à des enfants de six ans, et celles du cercle extérieur à des adolescents. Je ne vis distinctement que les visages; le reste n'était qu'une forme lumineuse, étincelante. Lorsque l'apparition, qui devenait de plus en plus distincte, toucha le rocher, j'aperçus, une voie de lumière qui montait de là jusqu'à la Jérusalem céleste. Je vis alors l'âme resplendissante de la sainte Vierge, qui suivait l'apparition du Seigneur, passer à côté d'elle et descendre à travers le rocher, dans le tombeau; bientôt après, unie à son corps transfiguré, elle en sortit plus distincte et plus radieuse, et remonta dans la Jérusalem céleste avec le Seigneur et toute la gloire angélique. La splendeur disparut ensuite, et l'on ne vit plus au-dessus de la terre que la voûte du ciel étoilé.

Je ne saurais dire si les apôtres et les femmes qui priaient devant le tombeau eurent la même vision, mais je les vis porter leurs regards au ciel comme pour adorer, ou bien se prosterner la face contre terre, saisis de frayeur. Je vis aussi ceux qui rapportaient la civière, chanter des cantiques en s'arrêtant aux diverses stations pour prier. Ils se retournaient avec beaucoup d'émotion et de recueillement vers la splendeur que l'on voyait au-dessus du tombeau.

A leur retour, les apôtres prirent un peu de nourriture et allèrent se reposer. Ils dormaient dans des hangars placés près de la maison. Le lendemain, les apôtres priaient et pleuraient encore dans la partie antérieure de la maison, lorsque, vers le soir, Thomas, en habits de voyage, arriva avec deux compagnons devant la porte et frappa pour se faire ouvrir. Il amenait avec lui un disciple du nom de Jonathan, parent de la sainte famille. Son autre compagnon était du pays où régnait le plus éloigné des rois mages; c'était un homme très simple, qui servait saint Thomas avec une obéissance enfantine. Un disciple vint ouvrir; Thomas dit à son serviteur de s'asseoir sur le seuil de la porte, et il entra avec Jonathan dans la salle où se tenaient les apôtres. Le serviteur, qui faisait toujours ce qu'on lui ordonnait, s'assit tranquillement […]
Cependant Thomas et Jonathan ayant témoigné le désir d'aller visiter le tombeau de la sainte Vierge, les apôtres allumèrent des flambeaux, qu'ils suspendirent à des bâtons, et se rendirent avec eux au sépulcre, en suivant le Chemin de la Croix. Sur la route ils ne parlaient guère, et ne s'arrêtaient que quelques instants aux diverses stations pour méditer sur la voie douloureuse du Seigneur et sur l'amour compatissant de sa Mère, qui avait élevé ces pierres commémoratives, si souvent arrosées de ses larmes. Arrivés à la haie qui entourait le sépulcre, ils se mirent à genoux; Thomas et Jonathan prirent les devants, et Jean les suivit à l'entrée de la grotte. Deux disciples écartèrent les branches d'arbrisseaux qui la cachaient; ils entrèrent, et s'agenouillèrent avec une crainte respectueuse devant la couche sépulcrale de la sainte Vierge. Puis Jean s'approcha de la bière, délia les bandes qui l'entouraient et enleva le couvercle. Approchant alors du cercueil un flambeau, ils virent avec un grand saisissement les linceuls vides, gardant encore la forme du saint corps. Le suaire qui avait enveloppé le visage et la poitrine était entr'ouvert, et les bandelettes des bras déliées: Le corps glorifié de Marie n'était plus sur la terre. Stupéfaits, ils levèrent aussitôt les yeux et les mains vers le ciel, comme s'ils eussent vu le saint corps enlevé à ce moment même, et Jean cria de l'entrée de la grotte: " Venez et voyez! Elle n'est plus ici. " Alors ils entrèrent deux à deux, et virent avec étonnement les linceuls vides étendus sous leurs yeux. Sortis de la grotte, ils s'agenouillèrent, prièrent et pleurèrent, les yeux et les mains levés vers le ciel, louant le Seigneur et glorifiant sa Mère, leur chère et tendre mère, comme des enfants pieux, avec les douces paroles d'amour que le Saint-Esprit mettait sur leurs lèvres. Alors ils se souvinrent de cette nuée lumineuse qu'au retour des funérailles ils avaient vu s'abaisser vers le sépulcre et remonter ensuite au ciel. Jean retira respectueusement de la bière les linceuls de la sainte Vierge, les plia et les roula pour les emporter; puis il remit le couvercle, qu'il assujettit de nouveau avec les bandes. Enfin ils quittèrent la grotte, après en avoir masqué l'entrée au moyen des arbustes. Ils retournèrent à la maison par la voie douloureuse, en priant et en chantant des cantiques. Ils entrèrent tous dans la chambre de Marie, et Jean déposa respectueusement les linceuls sur la table, devant l'oratoire de la sainte Vierge. Ils prièrent à l'endroit où elle avait rendu le dernier soupir. Pierre se retira à part, comme pour méditer; peut-être faisait-il une préparation; car je vis peu après les apôtres dresser l'autel devant l'oratoire de Marie, et Pierre célébrer un office solennel. Les autres, rangés derrière lui, priaient et chantaient tour à tour […]


Dévotion filiale des apôtres envers Marie. - Leur séparation dernière

Ils fermèrent complètement l'entrée du sépulcre de Marie, en élargissant le fossé, en tassant la terre, et en plantant des arbustes alentour. Ils nettoyèrent et embellirent le jardin qui se trouvait devant le tombeau, tracèrent un chemin nouveau autour du sommet de la colline, jusqu'à la paroi postérieure de la grotte, et pratiquèrent dans le rocher une ouverture, par laquelle on pouvait voir la couche sépulcrale où avait reposé le corps de la très sainte Mère, donnée par le Rédempteur mourant à eux tous et à l'Église en la personne de Jean. Oh ! c'étaient des fils pieux, fidèles au quatrième commandement; ils vivront longtemps sur la terre eux et leur amour. Ils érigèrent aussi une chapelle au-dessus de la grotte du sépulcre; ils y dressèrent avec des tapis une tente, qu'ils entourèrent de cloisons en clayonnage. Ils y élevèrent un petit autel formé de trois pierres: l'une servait de base, la seconde s'élevait perpendiculairement sur la première, et la troisième, large et plate, était la table d'autel. Derrière l'autel ils suspendirent un tapis sur lequel était brodée ou tissée une image de Marie; d'un travail fort simple; elle représentait la Mère de Dieu dans son habit de fête de couleur brune, bleue et rouge. Quand tout cela fut achevé, il y eut là un service divin, où tous prièrent à genoux, les mains levées vers le ciel. La maison de Marie fut transformée en église; sa servante continua cependant à l'habiter avec quelques autres femmes; et deux disciples, dont l'un avait été berger au delà du Jourdain, furent chargés des consolations spirituelles à distribuer aux fidèles qui demeuraient aux environs. "
(Visions NSJC 3 p512-535)

Ces visions, par la richesse des détails, nous plongent au cœur de l'événement. Anne Catherine rapporte bien des aspects conservés par la tradition au fil des siècles (indiqués au début de cette page). Elle n'hésite pas non plus à s'écarter de cette tradition et donne même une explication de l'épisode du tombeau de la Vierge Marie vénéré à Jérusalem.

"On avait dit plusieurs fois qu'elle était morte, et le bruit de sa mort et de sa sépulture à Jérusalem se répandit en divers lieux; mais avant que le tombeau fût achevé, elle se trouva rétablie au point qu'elle put retourner à Éphèse, où elle mourut en effet, dix-huit mois après.

Le tombeau préparé pour elle sur la montagne des Oliviers ne laissa pas d'être honoré plus tard; une église y fut bâtie. Jean Damascène écrivit, d'après une tradition assez répandue, qu'elle était morte à Jérusalem, et qu'elle y avait été ensevelie."

 

Pour en savoir plus sur

L'emplacement du tombeau de Marie

 

Pour en savoir plus sur

La maison de Marie à Ephèse

 

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William McNichols (c2005)

" Et moi je suis morte, je ne suis qu'un esprit; autrement je ne pourrais voir ces choses, car elles n'existent pas maintenant, et cependant maintenant elles existent. Mais cela n'existe pas dans le temps; en Dieu il n'y a pas de temps, en Dieu tout est présent ; je suis morte, je suis un esprit. " (Anne Catherine Emmerich)

 

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